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ADOP-HAD Aide à la Décision d’Orientation des Patients en HAD

L’hospitalisation à domicile (HAD) permet d’éviter ou de raccourcir une hospitalisation conventionnelle en offrant aux patients la possibilité d’être soignés sur leur lieu de vie. Malgré une politique en faveur du développement de l’HAD menée par les pouvoirs publics, cette possibilité reste sous-utilisée et encore trop peu connue par les professionnels de santé. C’est pourquoi la HAS a développé le premier outil en ligne d’aide à la décision pour les médecins prescripteurs, qui permet d’estimer si un patient est éligible ou non à cette modalité d’hospitalisation.

http://adophad.has-sante.fr

Depuis 2009, l’hospitalisation à domicile est reconnue en France comme une modalité d’hospitalisation à part entière. Elle permet d’assurer, en fonction de l’évolution de l’état de santé du patient, des soins médicaux et paramédicaux continus et coordonnés sur le lieu de vie du patient. Ces soins se différencient de ceux habituellement dispensés à domicile par la complexité et la fréquence des interventions. Cette modalité d’hospitalisation offre les mêmes conditions de sécurité et de qualité des soins que celles exigées dans un établissement hospitalier. Elle n’est mise en place que sur prescription médicale et avec l’accord du patient et du médecin traitant (ou du médecin désigné par le patient) qui assure la coordination de la prise en charge médicale.

Malgré une dynamique volontariste des pouvoirs publics de développer cette modalité d’hospitalisation sur l’ensemble du territoire, l’hospitalisation à domicile occupe encore une place marginale dans le parcours de soins en raison notamment d’une méconnaissance de sa spécificité de la part des professionnels de santé. Face à ce constat, la HAS propose d’améliorer la connaissance de cette forme d’hospitalisation par une clarification des critères d’orientation des patients et par le développement d’un outil en ligne d’aide à la décision d’orientation des patients en HAD à destination de l’ensemble des médecins prescripteurs (de ville ou à l’hôpital).

Objectifs : sensibiliser les professionnels de santé à l’existence de cette alternative et à la possibilité d’y recourir quand cela est justifié, et répondre à la demande croissante des patients qui souhaitent être soignés à domicile.

Mieux évaluer l’éligibilité d’un patient à une hospitalisation à domicile…

La HAS met aujourd’hui à disposition cet outil d’aide à la décision d’orientation des patients en HAD. L’outil « ADOP-HAD » est disponible en ligne via l’adresse http://adophad.has-sante.fr et a un format compatible avec les ordinateurs, les téléphones portables et les tablettes.

Facilement accessible, il doit permettre aux prescripteurs d’identifier rapidement les patients pour lesquels une demande de prise en charge en HAD est pertinente. Grâce à cet outil, les médecins peuvent tester l’éligibilité à cette modalité d’hospitalisation de tous les patients quelle que soit leur provenance (domicile, hôpital et établissements médico-sociaux ou sociaux avec hébergement).

L’outil peut être utilisé en amont de la décision d’orientation du patient pour permettre :

  • d’envisager la sortie du patient le plus tôt possible au cours d’une hospitalisation conventionnelle avec hébergement afin de favoriser un retour précoce à domicile ;
  • d’éviter une hospitalisation conventionnelle avec hébergement au profit d’une prise en charge du patient sur son lieu de vie.

La HAS souligne que si le patient est éligible à une hospitalisation à domicile, l’admission effective doit être ensuite discutée entre l’équipe de l’HAD, le médecin traitant (ou celui désigné par le patient), et avec le patient lui-même.

… grâce à un outil accessible en ligne et simple d’utilisation

« ADOP-HAD » se présente sous la forme d’un algorithme avec différents critères de sélection à cocher visant à déterminer la pertinence du recours à l’hospitalisation à domicile.

Centrés sur les besoins en soins des patients, les critères prennent en compte sa situation clinique mais aussi d’autres aspects tels que le niveau de dépendance ou la vulnérabilité psycho-sociale.

Ces critères ont été définis à partir de la spécificité des soins administrés en HAD et de façon à englober la diversité des modes de prise en charge qui y sont autorisés. Ils sont adaptables aux évolutions de l’activité médicale de cette modalité d’hospitalisation.

En pratique, le prescripteur répond à des questions successives (maximum 8 clics) du type « l’état de santé du patient nécessite-t-il l’administration de médicaments de la réserve hospitalière ? » ;  « l’état du patient répond-il à l’une des situations suivantes ? (il est à risque d’aggravation, il a eu des recours réitérés à l’hospitalisation avec hébergement ?…) ».

Au terme de l’évaluation, un document PDF est proposé qui récapitule le résultat et les différents critères sélectionnés. Celui-ci peut être conservé dans le dossier patient et utilisé dans les échanges avec l’équipe de l’hospitalisation à domicile  pour décider de l’admission effective du patient.

La HAS présente ce jour son travail et l’outil d’aide à l’orientation des patients en HAD à l’occasion d’un atelier lors des universités d’hiver de l’hospitalisation à domicile organisées par la FNEHAD*.


 

*Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile

 


Source HAS https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2810280/fr/la-has-a-developpe-un-outil-pour-aider-les-professionnels-a-orienter-les-patients-en-had

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Infections à pneumocoque : recommandations vaccinales pour les adultes

Les recommandations sur la vaccination pneumococcique des adultes ont été revues. Deux vaccins sont disponibles : le vaccin polyosidique non conjugué (VPP23) de couverture sérotypique large et le vaccin conjugué (VPC13) d’efficacité intrinsèque élevée. Le HCSP a pris en compte les données d’efficacité du VPC13 sur les pneumonies à pneumocoque (étude Capita), la littérature récente, les recommandations internationales et il s’est appuyé sur une modélisation médico-économique qui a évalué différents scénarios de vaccination de population selon leur âge ou leurs facteurs de risque.

Dans l’objectif d’obtenir une réduction de la fréquence des pneumonies et des infections invasives à pneumocoque, et en cohérence avec les recommandations antérieures, le Haut Conseil de la santé publique étend aux adultes de tous âges à risque élevé d’infections invasives et de pneumonies non immunodéprimés, les recommandations existant depuis 2013 pour les adultes immunodéprimés à très haut risque.

La réalisation pratique se fera suivant les modalités suivantes :

  • Primo-vaccination par une dose de VPC 13, suivie d’une dose de VPP23 avec un délai minimal de huit semaines.
  • Les personnes qui n’ont reçu antérieurement que le vaccin VPP23 pourront recevoir une injection du VPC13 (au moins un an après le VPP23).
  • Une autre injection de VPP23 pourra être réalisée en respectant un délai de cinq ans après la première injection de VPP23.

L’avis a été complété le 27 novembre 2017.

Lire aussi : Recommandations de la vaccination pour les adultes et les enfants âgés de plus de 2 ans à risque d’infection invasive à pneumocoque du 25 avril 2013.


Sources: HCSP http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=614

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Instruction de la demande d’AMM du baclofène dans le traitement de l’alcoolo-dépendance

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) évalue actuellement la demande déposée par le laboratoire Ethypharm pour une autorisation de mise sur le marché (AMM) du baclofène dans le traitement de l’alcoolodépendance. Dans ce cadre, toutes les données disponibles en termes d’efficacité et de sécurité sont analysées.

Pour renforcer le bien-fondé de ses décisions dans l’instruction des dossiers d’AMM, l’ANSM peut s’appuyer sur les avis des commissions consultatives  et sur l’expertise externe. C’est dans ce cadre qu’elle a décidé la création d’un Comité scientifique spécialisé temporaire (CSST) chargé de l’évaluation du rapport bénéfice/risque du baclofène dans le traitement de l’alcoolo-dépendance, en complément de l’évaluation interne. Une commission temporaire, regroupant des membres des trois commissions consultatives actuelles, apportera par ailleurs un éclairage pluridisciplinaire sur ce dossier.

Rappel du contexte

Le baclofène est un myorelaxant d’action centrale (décontracturant musculaire). Il dispose d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) depuis près de 40 ans dans le traitement de la spasticité musculaire. En raison d’une utilisation hors AMM du baclofène dans le traitement de l’alcoolo-dépendance et pour mieux l’encadrer, l’ANSM a élaboré le 17 mars 2014 une Recommandation Temporaire d’Utilisation (RTU) pour une durée de 3 ans. Cette RTU a été renouvelée le 17 mars 2017 pour une année.

En avril 2017, le laboratoire Ethypharm a déposé une demande d’autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le baclofène dans l’alcoolo-dépendance. Afin d’évaluer cette demande, l’ANSM prend en compte les données des essais cliniques, notamment Alpadir et Bacloville[1]  ainsi que les données de l’étude CNAMTS/INSERM/ANSM[2] , les données de pharmacovigilance, les données de sécurité collectées dans le cadre de la RTU et les résultats de toutes les études et méta-analyses publiées.

L’ANSM a souhaité mobiliser une expertise externe, au travers d’un CSST, et va faire appel à une commission temporaire ad hoc .

Un CSST « évaluation du rapport bénéfice/risque du balcofène dans le traitement de l’alcoolo-dépendance »

L’ANSM a constitué un CSST chargé d’examiner l’intégralité des données disponibles sur un plan méthodologique (documents, études et essais cliniques), afin de disposer d’un avis externe sur le rapport bénéfice/risque du baclofène dans le traitement des patients alcoolo-dépendants. Ce CSST est constitué d’experts européens indépendants, compétents en évaluation du rapport bénéfice/risque des médicaments, en méthodologie des essais cliniques et en épidémiologie. Il se réunira une première fois le 2 février 2018. D’autres réunions pourront éventuellement être demandées par les experts.

Son avis scientifique et méthodologique, en complément de l’évaluation interne, sera ensuite soumis à une commission temporaire ad hoc .

Une commission temporaire ad hoc

En raison des enjeux importants en termes de santé publique liés à l’évaluation de cette demande d’AMM, l’ANSM créera en 2018 une commission temporaire ad hoc . Cette commission, qui rendra un  éclairage pluridisciplinaire, scientifique et sociétal sur la demande d’AMM, sera composée de membres issus des trois commissions consultatives de l’ANSM :

  • Commission d’évaluation initiale du rapport bénéfice/risque des produits de santé
  • Commission de suivi du rapport bénéfice/risque des produits de santé
  • Commission des stupéfiants et psychotropes

Seront ainsi désignés, par leurs présidents, des médecins, pharmaciens et usagers du système de santé issus de ces commissions.

Des auditions publiques seront organisées dans le cadre de cette commission.

La décision finale de l’ANSM concernant l’AMM du baclofène intégrera ainsi l’ensemble des composantes scientifiques, méthodologiques et sociétales.

Dans l’attente de la position de l’ANSM sur cette demande d’AMM, la RTU en cours sera maintenue.

  • [1] Bacloville, étude multicentrique, randomisée, comparative en double insu versus placebo lancée en mai 2012 avait pour objectif principal d’évaluer l’efficacité du baclofène sur la consommation d’alcool après un an de traitement en milieu ambulatoire (médecins généralistes).
    Alpadir, étude comparative double insu versus placebo d’une durée de 6 mois avec pour objectif l’abstinence et réalisée en centres d’addictologie de ville ou hospitaliers.
  • [2] Etude en vie réelle sur la période 2009-2015 qui visait à documenter les usages du baclofène, évaluer le maintien du traitement dans la durée et évaluer sa sécurité, notamment lorsqu’il est donné à fortes doses. Le baclofène a été comparé avec les traitements de la dépendance à l’alcool ayant une autorisation de mise sur le marché (acamprosate, naltrexone, nalméfène, disulfiram).

Sources ANSM: http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Instruction-de-la-demande-d-AMM-du-baclofene-dans-le-traitement-de-l-alcoolo-dependance-Point-d-information

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Utilisation de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) au VIH par Truvada ou génériques

A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) publie les données d’utilisation de la prophylaxie préexposition (PrEP) au VIH par Truvada ou génériques en France entre  janvier 2016 et juillet 2017.

Truvada,  association fixe de deux inhibiteurs de la transcriptase inverse du VIH, l’emtricitabine et le ténofovir disoproxil fumarate, est indiqué depuis 2005 dans le traitement de l’infection par le VIH chez l’adulte.

Pour la première fois en Europe, l’accès au Truvada dans la PrEP a été possible en France dès janvier 2016 à travers la mise en place d’une RTU chez les  adultes les plus exposés au risque de transmission du VIH. Cette RTU a pris fin le 28 février 2017, et depuis le 1er  mars 2017 le Truvada bénéficie d’une extension d’AMM dans la PrEP du VIH chez l’adulte en France.

L’ANSM a réalisé une étude à partir des données de remboursement de l’Assurance maladie (SNIIRAM) pour estimer le nombre de personnes ayant initié un traitement par Truvada (ou génériques) dans la la PrEP en France, entre le 1er  janvier 2016 et le 31 juillet 2017, d’abord dans le cadre de la RTU puis après l’obtention de l’AMM. Cette étude permet également de décrire les principales caractéristiques de la population traitée et des prescripteurs à l’origine de l’initiation du traitement.

Chiffres clés :

  • 5 352 personnes ont initié une PrEP par Truvada (ou génériques) entre janvier 2016 et juillet 2017 : 3536 pendant la période RTU et 1816 depuis la mise en place de l’AMM
  • Ce nombre est en augmentation régulière, mais modérée, depuis fin 2016 avec entre 300 et 400 nouveaux utilisateurs par mois.
  • 97,5% sont des hommes, âgés en moyenne de 38 ans.
  • 49% résident en Ile de France, 10,5% dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et 9,9% dans  la région PACA.
  • 92,2% des prescriptions ont été réalisées à l’hôpital.

La poursuite du suivi de l’évolution des initiations de PrEP en France au cours du temps sera importante. De plus, une estimation affinée du nombre d’initiateurs prenant en compte des paramètres plus complets[1]  ainsi qu’une description des schémas d’administration du Truvada utilisés pour la PrEP et des recours au dépistage d’autres IST parmi les utilisateurs de la PrEP en vie réelle sont envisagées. Ces indicateurs sont essentiels pour l’ensemble des acteurs de la lutte contre le VIH et le suivi des actions.

L’ANSM rappelle que l’utilisation du Truvada dans la PrEP VIH s’intègre dans une stratégie de prévention diversifiée de la transmission du VIH par voie sexuelle comprenant également la promotion de l’usage du préservatif,  le recours au dépistage régulier du VIH et des autres IST, la connaissance du statut virologique VIH du/des partenaires, le recours au « Treatment as Prevention (TasP) » chez le partenaire séropositif et le recours à la prophylaxie post-exposition (PEP).

Lire aussi

[1] En incluant notamment les données d’hospitalisation et d’analyses biologiques dans les critères d’exclusion et en prenant en compte dans la mesure du possible, les chiffres transmis par les CeGIDD non hospitaliers concernant les délivrances.


Sources ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Utilisation-de-la-prophylaxie-pre-exposition-PrEP-au-VIH-par-Truvada-ou-generiques-entre-janvier-2016-et-juillet-2017-Point-d-information

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Spécialité Thyrofix

Dans le cadre de l’élargissement de l’offre des médicaments annoncé par la Ministre de la santé le 15 septembre 2017 pour les patients atteints de troubles thyroïdiens, un nouveau médicament contenant de la lévothyroxine est mis à disposition progressivement à partir du 6 décembre 2017 : Thyrofix, du laboratoire Unipharma.

Déjà commercialisé en Grèce et aux Pays-Bas, ce médicament générique a obtenu une autorisation de mise sur le marché en France en septembre 2017. Quatre dosages seront disponibles : 25, 50, 75 et 100 µg.

Les documents d’information de l’ANSM à destination des professionnels de santé et des patients, publiés en octobre 2017, ont ainsi été mis à jour pour accompagner cette nouvelle étape dans la diversification de l’offre thérapeutique.

Thryofix

Levothyroxine-Ansm-document-patient20171206
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Épisode dépressif caractérisé de l’adulte : prise en charge en premier recours

Cette recommandation de bonne pratique (RBP) porte sur la prise en charge de la dépression de l’adulte en soins de premier recours, et aborde plus particulièrement le rôle du médecin généraliste.

Les objectifs de cette RBP :

  • Mieux identifier les patients atteints d’un épisode dépressif caractérisé isolé
  • Prévenir le risque suicidaire et obtenir un impact positif sur les souffrances psychiques des patients ayant un épisode dépressif caractérisé
  • Proposer une stratégie thérapeutique en fonction de la sévérité de l’épisode dépressif caractérisé
  • Améliorer la qualité de vie et le handicap de ces patients

Fiche synthèse diagnostic

Fiche synthèse prise en charge

Recommandations

Diagnostics argumentaire

Prise en charge argumentaire

 

 

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Les médicaments biosimilaires

Bio: issu du vivant (par exemple une protéine)

Similaire: cliniquement équivalent; comparable à un médicament biologique de référence qui a déjà une AMM et dont le brevet est tombé dans le domaine public

L’essentiel

  • Un médicament biosimilaire est un médicament qui, comme tout médicament biologique, est produit à partir d’une cellule, d’un organisme vivant ou dérivé de ceux-ci.

  • Son efficacité et ses effets indésirables sont équivalents2, à ceux de son médicament biologique de référence.
  • Son AMM répond à des exigences réglementaires strictes afin de démontrer que sa qualité pharmaceutique, son efficacité et ses effets indésirables sont cliniquement équivalents à ceux du médicament biologique de référence.
  • Il est possible de changer un médicament biologique par un autre figurant sur la liste des médicaments biosimilaires, ce qui définit l’interchangeabilité3. Ce changement doit être décidé entre le médecin et le patient.
  • La liste des médicaments biosimilaires est disponible sur le site de l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Quels intêrets?

La mise à disposition des médicaments biosimilaires a un double intérêt :

  • de santé publique en facilitant l’accès aux soins : augmenter le nombre de médicaments biologiques disponibles permet de limiter les tensions d’approvisionnement et de prévenir les ruptures de stocks et/ou les accidents de production. Ceci permet de garantir aux patients le maintien de l’accès à leurs traitements.
  • d’un point de vue économique : stimuler la concurrence et induire une baisse des prix des médicaments biologiques tout en garantissant la sécurité et la qualité des traitements.

Quelles études cliniques ?

  • Le développement clinique d’un médicament biosimilaire repose sur la démonstration de son équivalence au médicament biologique de référence en termes de qualité, de sécurité et d’efficacité. Des études chez l’animal et chez l’homme démontrant notamment la bioéquivalence au plan pharmacocinétiqueet surtout son équivalence en termes d’efficacité clinique et de tolérance au médicament biologique de référence sont nécessaires pour obtenir une AMM.
  • Les bénéfices et les risques sont donc équivalents à ceux du médicament biologique de référence.

Quel bilan initial et quel suivi des patients ?

  • Les conditions d’instauration, de suivi de l’efficacité et des effets indésirables du traitement par un biosimilaire sont les mêmes que celles du médicament biologique de référence.

Comment prescrire un médicament biosimilaire ?

  • Seul le médecin autorisé à prescrire le médicament biologique de référence peut prescrire le médicament biosimilaire correspondant, tout au long du parcours patient. Comme pour toute prescription, il convient de prescrire dans le cadre d’une décision partagée entre le médecin et le patient.

  • Selon la réglementation, la prescription d’un médicament biologique s’effectue en dénomination commune et en nom de marque.

  • Elle doit respecter les règles habituelles de bonne prescription que sont :

    • l’information du patient ;
    • la surveillance clinique appropriée lors du traitement et ;
    • la traçabilité du médicament prescrit, dans le dossier médical du patient.
  • Le médecin en charge du suivi, peut proposer, tout au long du parcours du patient, de changer un médicament biologique par un autre figurant sur la liste des médicaments biosimilaires de l’ANSM, ce qui définit l’interchangeabilité.

Pour en savoir plus

  • La substitution par le pharmacien, lors de la délivrance d’un médicament biologique par un autre figurant sur la liste des médicaments biosimilaires de l’ANSM, n’est pas possible à ce jour, en l’absence de décret d’application.
  • Des informations sur les biosimilaires sont également disponibles notamment :
    • sur le site de l’Agence européenne du médicament (www.ema.europa.eu) ;
    • sur le site de la Commission européenne (www.ec.europa.eu) ;
    • sur le site de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ;
    • les sites des observatoires du médicament, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique (OMEDIT) ;
      auprès des sociétés savantes ;
    • auprès d’autres agences d’évaluation (Belgique, Royaume-Uni, Canada) ;
    • auprès d’associations de malades et d’usagers.

 

1. AMM : autorisation de mise sur le marché, obligatoire pour tous les médicaments avant leur commercialisation.
2. L’équivalence clinique entre le médicament biologique de référence et le médicament biosimilaire signifie qu’il a été démontré que l’effet clinique en termes d’efficacité et de tolérance entre les 2 médicaments est comparable.
3Définition selon la Commission européenne et l’Agence européenne du médicament.
4. Deux médicaments sont bioéquivalents au plan pharmacocinétique s’ils ont la même biodisponibilité (disponibilité dans l’organisme du principe actif).


Sources HAS: https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2807411/fr/les-medicaments-biosimilaires?cid=fc_1249601

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Mirena et Jaydess : information sur la réévaluation des données de sécurité de ces dispositifs intra-utérins au lévonorgestrel

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a constaté depuis mai 2017 une augmentation du nombre des signalements d’effets indésirables susceptibles d’être liés au dispositif intra-utérin au lévonorgestrel Mirena. Plus de 2 700 déclarations ont notamment été enregistrées entre le 15 mai et le 4 août 2017, dont 870 faisant mention de symptômes d’anxiété.

Si les effets indésirables déclarés font déjà l’objet pour la plupart  d’une information dans la notice destinée aux patientes, l’ANSM est néanmoins attentive à cette augmentation des déclarations et à l’apparition de nouveaux signaux dont l’anxiété. Dans ce cadre, elle a entrepris une enquête de pharmacovigilance sur les deux dispositifs intra-utérins hormonaux contenant du lévonorgestrel (Mirena et Jaydess) disponibles en France.

Les premiers résultats de cette enquête ont été présentés au Comité technique de pharmacovigilance (CTPV) du 10 octobre dernier. Au regard de ces résultats, l’ANSM va poursuivre la surveillance de ces médicaments et lancer, en complément, une étude de pharmaco-épidémiologie pour étudier la fréquence de survenue de certains effets indésirables.

Par ailleurs, les effets indésirables d’ordre psychiatrique des dispositifs intra-utérins contenant du lévonorgestrel, (dont l’anxiété), constatés dans différents pays européens, ont été évalués au sein de l’Agence Européenne du Médicament (EMA). L’EMA a conclu en novembre 2017, qu’il n’y avait pas suffisamment de données pour établir un lien direct entre l’apparition de ces effets indésirables, notamment l’anxiété, et ces dispositifs intra-utérins.

L’ANSM rappelle que les patientes doivent être informées des bénéfices et des potentiels effets indésirables de Mirena et de Jaydess par leur médecin au moment du choix de la contraception et de la pose du DIU. L’Agence souhaite renforcer l’information adressée aux patientes par la mise à disposition avant la fin de l’année d’un document d’information spécifique.

Les données françaises de pharmacovigilance

Les premiers résultats de l’enquête de pharmacovigilance, présentés le 10 octobre dernier à l’occasion du CTPV, révèlent, concernant Jaydess , que seules 67 déclarations d’effets indésirables ont été reçues depuis le début de sa commercialisation en 2014 en France (29 avant le 15 mai 2017 et 38 après cette date). Concernant Mirena , depuis sa commercialisation en 1997 et jusqu’au 15 mai 2017, 510 cas dont 272 cas graves ont été rapportés. Après le 15 mai 2017 et jusqu’au 4 août 2017, 2 714 cas dont 1 789 rapportés comme graves par les femmes, c’est-à-dire déclarés comme ayant des conséquences sur leur vie familiale, professionnelle ou sociale, ont été signalés majoritairement via le portail des signalements du ministère de la santé . La plupart des déclarations reçues après le 15 mai 2017 fait état d’effets indésirables déjà connus et précisés dans la notice d’information destinée aux femmes, comme par exemple les céphalées, la dépression, la perte de cheveux, l’acné, les douleurs abdominales, la diminution de la libido, les bouffées de chaleur et la prise de poids.

L’enquête de pharmacovigilance a permis également d’identifier des effets qui devront être mentionnés dans la notice destinée aux patientes (asthénie, séborrhée). Elle a également mis en évidence d’autres signaux nécessitant des investigations complémentaires (via la poursuite de l’enquête de pharmacovigilance) comme l’arthralgie (douleur au niveau des articulations), l’érythème noueux (inflammation du tissu graisseux sous-cutané), le psoriasis et l’hypertension intracrânienne (HTIC). Pour l’HTIC, une évaluation sera menée ultérieurement au niveau européen.

Concernant plus particulièrement l’anxiété, très peu de cas avaient été signalés avant mi-mai 2017. Les cas d’anxiété ont en effet massivement été rapportés après le 15 mai 2017 : plus de 900 cas ont été signalés au total, dont 870 après le 15 mai 2017. En parallèle de l’analyse des cas de pharmacovigilance, une étude a été réalisée sur les données de l’Assurance maladie[1]  pour comparer les fréquences de survenue de certains effets indésirables entre les porteuses de DIU au lévonorgestrel et de DIU au cuivre. Elle révèle un risque faible mais augmenté de mise sous anxiolytiques chez  les femmes porteuses de Mirena comparativement aux porteuses de DIU au cuivre.

L’évaluation européenne

Les résultats de l’enquête nationale relatifs aux effets de type « anxiété » ont été transmis à l’Agence européenne des médicaments (EMA) dans le cadre de l’évaluation des effets indésirables psychiatriques débutée en janvier 2017. Concernant l’anxiété, l’EMA considère qu’il n’y a pas, à ce stade, suffisamment de données pour établir une association entre l’utilisation d’un DIU contenant du lévonorgestrel avec une anxiété isolée, une attaque de panique, des troubles du sommeil ou une agitation. Les troubles de l’humeur ont été considérés comme liés à la dépression ou à l’humeur dépressive, déjà mentionnés dans les documents destinés aux professionnels de santé (RCP) et aux femmes (notice).

Les cas d’arthralgies ont également été évalués par l’EMA qui a considéré que les données de vigilance n’étaient à ce stade pas suffisantes pour modifier les informations figurant dans ces documents.

Les titulaires d’Autorisation de mise sur le marché des DIU contenant du lévonorgestrel devront continuer à suivre ces évènements en accord avec la réglementation en vigueur.

L’information des femmes renforcée en France

Une connaissance par les femmes des effets indésirables pouvant être liés à Mirena est indispensable.

Il est important qu’elles aient connaissance que Mirena est un médicament et qu’elles doivent signaler à leur médecin être porteuses de ce DIU lors de la survenue d’effets indésirables.

Les effets indésirables susceptibles de survenir sous Mirena sont inscrits dans la notice du médicament qui doit être remise par le médecin ou la sage-femme lors de la pose du DIU. Les notices sont également accessibles sur la base de données publique du médicament .

L’ANSM élabore actuellement un document d’information à destination des femmes, en collaboration étroite avec l’association « SVH ASSO stérilet vigilance hormones », afin de renforcer l’information des femmes qui choisiraient ce type de contraception.

Mirena et Jaydess sont des dispositifs intra-utérins (DIU) hormonaux, médicaments utilisés soit pour éviter une grossesse, soit pour traiter des règles trop abondantes sans cause identifiable (ménorragies fonctionnelles). Ces DIU sont insérés dans la cavité utérine où ils agissent en libérant un progestatif, le lévonorgestrel, pendant une durée de 5 ans pour Mirena et de 3 ans pour Jaydess. Cette hormone est utilisée également dans un certain nombre de pilules contraceptives.

Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Mirena-et-Jaydess-information-sur-la-reevaluation-des-donnees-de-securite-de-ces-dispositifs-intra-uterins-au-levonorgestrel-DIU-LNG-Point-d-information

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Cytotec (misoprostol) : réunion de concertation avec les acteurs concernés dans le contexte de l’arrêt de commercialisation au 1er mars 2018

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a été informée de la décision du laboratoire Pfizer de mettre fin à la commercialisation de la spécialité Cytotec le 1er  mars 2018.

Dans ce contexte, elle a réuni le 20 novembre 2017 l’ensemble des acteurs concernés (professionnels de santé, ordres professionnels, associations de patients et instances sanitaires) pour les informer de cet arrêt et échanger sur les mesures à mettre en œuvre.

Un groupe de travail pluridisciplinaire va être mis en place avec l’ensemble de ces acteurs pour accompagner cet arrêt de commercialisation et définir les mesures complémentaires nécessaires dans le champ de l’interruption de grossesse et du déclenchement de l’accouchement pour garantir l’accès à une offre thérapeutique adaptée et sûre pour les femmes.

Cytotec est une spécialité contenant du misoprostol commercialisée depuis 1987 en France et indiquée dans le traitement préventif ou curatif de l’ulcère et des lésions gastroduodénales induites par les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Elle n’est quasiment plus utilisée dans ses indications gastroentérologiques depuis l’arrivée des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sur le marché français. Malgré les différentes mises en garde de l’ANSM et la disponibilité d’autres spécialités contenant des prostaglandines indiquées en gynécologie-obstétrique, Cytotec reste majoritairement utilisé hors AMM dans de nombreuses indications, notamment pour déclencher l’accouchement à partir de 37 semaines d’aménorrhée ou pour l’interruption de grossesse médicamenteuse.

Ces utilisations hors AMM génèrent des risques du fait de l’absence d’une information adaptée des patientes et/ou d’un rapport bénéfice/risque incertain en particulier du fait de présentations et de dosages non adaptés à certaines indications.

Dans ce contexte, l’ANSM a réuni le 20 novembre 2017 l’ensemble des acteurs concernés (professionnels de santé, ordres professionnels, associations de patients et instances sanitaires) pour définir avec eux les mesures à mettre en œuvre pour garantir l’accès des femmes à des médicaments sûrs, adaptés aux indications thérapeutiques concernées et bien utilisés.

Il a ainsi été acté au cours de cette réunion de mettre en place un groupe de travail regroupant professionnels de santé et associations de patientes concernées pour définir les mesures devant être mises en place dans le champ de l’interruption de grossesse (IVG, IMG, fausses couches…) et celui du déclenchement de l’accouchement à terme. Ces mesures auront pour but de garantir l’accès des patientes et des professionnels de santé à une offre thérapeutique sûre et adaptée et assurer la continuité de l’offre de soin.

La première réunion de ce groupe devrait se tenir avant la fin de l’année 2017.


Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Cytotec-misoprostol-reunion-de-concertation-avec-les-acteurs-concernes-dans-le-contexte-de-l-arret-de-commercialisation-au-1er-mars-2018-Point-d-Information

Publié le

Quelle place pour Xolair dans le traitement de l’asthme sévère ?

  • Xolair (omalizumab) est indiqué chez l’adulte et l’adolescent et chez l’enfant à partir de 6 ans, en traitement additionnel, pour améliorer le contrôle de l’asthme chez les patients atteints d’asthme allergique persistant sévère:
    • ayant un test cutané positif ou une réactivité in vitro à un pneumallergène perannuel ;
    • et qui, malgré un traitement quotidien par un corticoïde inhalé à forte dose et un agoniste bêta-2 inhalé à longue durée d’action présentent des symptômes diurnes ou des réveils nocturnes fréquents, et des exacerbations sévères, multiples et documentées de l’asthme.

Chez l’adulte et l’adolescent (à partir de 12 ans) il est indiqué uniquement en cas de réduction de la fonction pulmonaire (VEMS < 80 % de la valeur théorique).

  • Il ne doit être envisagé que chez les patients ayant un asthme dont la dépendance aux IgE (immunoglobulines E) a été établie sur des critères probants : la dose et la fréquence d’administration sont déterminées en fonction du taux initial d’IgE (UI/ml), mesuré avant le début du traitement, et du poids corporel (kg). (Pour plus de précision, voire la rubrique « posologie » de l’AMM).

Documents de bon usage

L’essentiel

  • Chez les patients ayant un asthme allergique, dont la dépendance aux IgE a été établie, le traitement par Xolair ne peut être débuté qu’après échec d’un traitement par une association de corticoïde inhalé à forte dose + agoniste béta-2 inhalé de longue durée d’action.
  • Xolair doit toujours être utilisé en traitement additionnel à un corticoïde inhalé à forte dose + agoniste béta-2 inhalé de longue durée d’action.
  • Xolair ne doit être prescrit que par des médecins expérimentés dans le diagnostic et la prise en charge de l’asthme persistant sévère.

Stratégie thérapeutique

L’asthme sévère se définit par un asthme difficile à contrôler sur le long terme, ou pour lequel le contrôle n’est acquis qu’au prix d’un traitement de fond de palier 4 ou 5 du GINA (Global Initiative for Asthma), aux effets indésirables potentiels inacceptables, malgré un suivi spécialisé et réévalué sur une période de 6 à 12 mois.

Cette période de 6 à 12 mois est dédiée à la remise en cause du diagnostic, à l’évaluation globale de l’adhésion du patient à la prise en charge (incluant la prise en charge tabagique, l’éviction des irritants et des allergènes éventuels) et la prise en compte des comorbidités dans l’évaluation des symptômes (obésité par exemple).

L’objectif de la prise en charge de l’asthme est de parvenir au contrôle des symptômes de l’asthme.

Les 2 objectifs de ce contrôle sont :

  • à court terme, diminuer les symptômes ;
  • à plus long terme, prévenir le risque de complications :
    • survenue d’exacerbations,
    • développement d’une obstruction bronchique chronique,
    • survenue d’effets indésirables liés au traitement.

Évaluation du contrôle de l’asthme  

Degré de contrôle des symptômes asthmatiques

Au cours des 4 semaines précédentes, le patient a-t-il ?

Bien
contrôlé

Partiellement contrôlé

Mal contrôlé

Présenté des symptômes diurnes plus de 2 fois/semaine ?

  □   Oui

□   Non

 Aucun

des items

1 à 2

de ces items

3 à 4

de ces items

Été réveillé la nuit par son asthme ?

  □   Oui

□   Non

Eu besoin d’un traitement de secours plus de 2 fois/semaine ?

  □   Oui

□   Non

Présenté une limitation de son activité due à l’asthme ?   □   Oui

□   Non

 

 

 Xolair figure 1

 

Prise en charge selon des paliers

Paliers

Prise en charge de l’asthme sévère non contrôlé chez l’adulte

 Asthme adulte 

 

Prise en charge de l’asthme sévère non contrôlé chez l’enfant  

Asthme enfant

 

Prescription de NUCALA (mépolizumab) et CINQAERO (reslizumab)

uniquement SI :

  • taux d’éosinophiles sanguins ≥ 300/µL dans les douze derniers mois [Mépolizumab (NUCALA)] ;
  • taux d’éosinophiles sanguins ≥ 400/µL sous corticoïdes à l’instauration du traitement [Reslizumab (CIN- QAERO)] ;

ET

au moins deux épisodes d’exacerbations asthmatiques ayant nécessité un traitement par corticostéroïde oral (≥ 3 jours chacun) dans les 12 derniers mois malgré un traitement de fond associant des corticostéroïdes inhalés à dose élevée et un bronchodilatateur d’action longue (LABA) (stade 4/5 GINA) ;

OU traitement par corticothérapie orale pendant au moins 6 mois au cours des 12 derniers mois.

Données cliniques

Adultes et adolescents

  • Deux études randomisées en double-aveugle ont comparé l’efficacité de l’omalizumab par rapport à celle du placebo dans une population de patients atteints d’asthme allergique persistant sévère (40 % ≤ VEMS < 80 % des valeurs prédites, réversibilité du VEMS ≥ 12 % et taux d’IgE sériques totales de 30 et 700 UI/ml avec test cutané positif à au moins un allergène perannuel).
  • Dans la première étude ayant inclus 419 adultes, après 28 semaines de traitement, la fréquence des exacerbations cliniquement significatives (aggravation de l’asthme nécessitant le recours à une corticothérapie par voie orale ou intraveineuse), ajustée en fonction de la valeur à l’inclusion, a été plus faible avec l’omalizumab qu’avec le placebo : 0,68 exacerbation/patient sous omalizumab versus 0,91 sous placebo, soit une différence absolue de 0,23 exacerbation/patient.
  • Dans la deuxième étude d’une durée de 48 semaines ayant inclus 850 patients âgés de 12 à 75 ans, la fréquence moyenne des exacerbations cliniquement significatives a été plus faible avec l’omalizumab (0,66 exacerbation/ patient) qu’avec le placebo (0,88 exacerbation/patient), soit une différence absolue de 0,22 exacerbation/patient (RR = 0,75, IC95 % = [0,61 ; 0,92], p = 0,006).
  • Ces effets peuvent être considérés comme modérés.

Enfants

  • L’efficacité de l’omalizumab a été évaluée versus placebo, pendant 1 an, dans une étude randomisée (2:1) en double-aveugle chez 628 enfants âgés de 6 à 11 ans atteints d’asthme allergique persistant modéré (hors AMM) à sévère mal contrôlé malgré un traitement par une dose ≥ 200 µg par jour de fluticasone ou équivalent, avec ou sans (hors AMM) autres traitements continus.
  • L’omalizumab (n = 384) s’est montré supérieur au placebo (n = 192) sur le nombre moyen d’exacerbations de l’asthme cliniquement significatives (aggravation de l’asthme nécessitant le doublement de la dose de corticoïde inhalé ou une corticothérapie systémique) mesuré après 24 semaines pour le critère de jugement principal : 0,45 versus 0,64 exacerbation avec un risque relatif de 0,693 (IC95 % = [0,533 ; 0,903] ; p = 0,007).
  • Un résultat similaire a été observé dans le sous-groupe des patients ayant un asthme persistant sévère traité par corticoïde inhalé à forte dose associé à un bêta-2 agoniste de longue durée d’action (population de l’AMM, n = 235) : 0,42 exacerbation avec l’omalizumab (n = 159) versus 0,63 avec le placebo (n = 76) avec un risque relatif de 0,662 (IC95 % = [0,441 ; 0,995], p = 0,047). La taille de l’effet peut être qualifiée de faible à modérée. La validité de ce résultat est discutable du fait d’une analyse en sous-groupe.
  • Après 52 semaines de traitement, la différence entre omalizumab et placebo en termes de survenue d’exacerbations cliniquement significatives s’est maintenue dans la population totale analysable comme dans le sous-groupe de patients correspondant à l’indication de l’AMM.
  • En revanche l’omalizumab n’a pas réduit la consommation de bronchodilatateur de secours dans le sous-groupe d’enfants ayant un asthme persistant sévère. Aucune différence statistiquement significative n’a été observée sur les symptômes nocturnes, ni sur la qualité de vie.

Pour plus d’information, veuillez consulter les avis de la commission de la transparence :

Précautions d’emploi, interactions et effets indésirables

Précautions d’emploi et mises en garde

  • Xolair n’est pas indiqué dans le traitement des exacerbations aiguës de l’asthme, du bronchospasme aigu ou de l’asthme aigu grave.
  • Il n’a pas été étudié chez les patients présentant un syndrome d’hyperimmunoglobulinémie E ou une aspergillose bronchopulmonaire allergique ou pour la prévention des réactions anaphylactiques, y compris celles provoquées par une allergie alimentaire, une dermatite atopique, ou une rhinite allergique. Xolair n’est pas indiqué pour le traitement de ces affections.
  • Le traitement par Xolair n’a pas été étudié chez les patients atteints de maladies auto-immunes ou à complexes immuns ni chez ceux présentant une insuffisance rénale ou hépatique préexistante. Il conviendra d’être prudent en cas d’administration de Xolair chez ce type de patients.
  • L’arrêt brutal de la corticothérapie systémique ou inhalée, après l’instauration du traitement par Xolair, n’est pas recommandé. La diminution des corticoïdes devra être réalisée de façon progressive et sous surveillance médicale.
  • Xolair peut entraîner des troubles du système immunitaire : réactions allergiques de type I avec possibilité de réaction anaphylactique et de chocs anaphylactiques, maladie sérique, syndrome de Churg-Strauss et syndrome hyperéosinophilique.
  • Xolair ne doit pas être utilisé pendant la grossesse à moins d’une nécessité absolue.

Interactions

  • Les IgE pouvant être impliquées dans la réponse immunologique à certaines infestations par des helminthes, Xolair peut, de façon indirecte, réduire l’efficacité des médicaments utilisés dans le traitement des infestations à helminthes ou à d’autres parasites.
  • Lors des études cliniques, Xolair a été fréquemment utilisé en association avec des corticoïdes inhalés et oraux, des bêta-agonistes inhalés à courte durée d’action et à longue durée d’action, des antileucotriènes, des théophyllines et des antihistaminiques oraux. Il n’a pas été mis en évidence de modification du profil de tolérance de Xolair en cas d’administration de ces médicaments antiasthmatiques d’utilisation courante. On dispose de données limitées sur l’utilisation de Xolair en association avec une immunothérapie spécifique (désensibilisation).

Effets indésirables

  • Lors des essais cliniques chez les adultes et les adolescents âgés d’au moins 12 ans, les événements indésirables les plus fréquemment rapportés ont été des maux de tête et des réactions au site d’injection, notamment une douleur, un gonflement, un érythème, un prurit au site d’injection. Dans les études cliniques menées chez des enfants âgés de 6 ans à moins de 12 ans, les effets indésirables les plus fréquemment rapportés ont été des céphalées, une fièvre et des douleurs abdominales hautes. La plupart de ces réactions ont été d’intensité légère ou modérée.
  • Depuis la commercialisation, de nouveaux effets indésirables pouvant être graves, voire d’évolution fatale, ont été mis en exergue et ajoutés au RCP : maladie sérique, auto-anticorps anti-omalizumab, syndrome de Churg-Strauss, événements thromboemboliques (comprenant accident vasculaire cérébral, accident ischémique transitoire, infarctus du myocarde, angor instable, décès d’origine cardiovasculaire) et thrombopénie.
  • Les données de pharmacovigilance n’ont pas mis en évidence une augmentation du risque de cancer sous omalizumab.

Posologie et durée de traitement

  • La dose et la fréquence d’administration adaptées de Xolair sont déterminées en fonction du taux initial d’IgE (UI/ml), mesuré avant le début du traitement, et du poids corporel (kg). Le taux d’IgE du patient devra être déterminé avant l’administration de la première dose par l’une des méthodes disponibles de dosage des IgE sériques totales afin de définir la dose à administrer. En fonction de ces mesures, une dose de 75 à 600 mg de Xolair en 1 à 4 injections sous-cutanées pourra être nécessaire lors de chaque administration.
  • Xolair est destiné à un traitement à long terme. Les études cliniques ont démontré qu’un délai d’au moins 12 à 16 semaines peut être nécessaire pour bénéficier de l’efficacité du traitement par Xolair.

Coût du traitement

  • Prix :
    • 184,49 euros (1 seringue de 0,5 ml) ;
    • 361,67 euros (1 seringue de 1 ml).

La prescription doit toujours observer la plus stricte économie compatible avec la qualité des soins.

  • Médicament à prescription initiale hospitalière annuelle. La prescription initiale et le renouvellement sont réservés aux spécialistes en pneumologie, en pédiatrie, en dermatologie ou en médecine interne.
  • Xolair est remboursable à 65 % par l’Assurance maladie.

Sources: HAS https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2804016/fr/quelle-place-pour-xolair-dans-le-traitement-de-l-asthme-severe?cid=fc_1249601

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Quelle place pour Cinqaero et Nucala dans le traitement de l’asthme sévère ?

  • Cinqaero (reslizumab) est indiqué chez l’adulte en traitement additionnel de l’asthme éosinophilique sévère insuffisamment contrôlé par les corticoïdes inhalés à dose élevée associés à un autre médicament destiné au traitement continu de fond (cf. AMM).
  • Nucala (mépolizumab) est indiqué chez l’adulte, en traitement additionnel, dans l’asthme sévère réfractaire à éosinophiles (cf. AMM).

Documents de bon usage

L’essentiel

  • Chez les patients ayant un asthme sévère à éosinophiles, le traitement par Nucala ou Cinqaero ne peut être débuté, qu’après échec d’un traitement par une association de corticoïde inhalé à forte dose + agoniste béta-2 inhalé de longue durée d’action.
  • Nucala ou Cinqaero doit toujours être utilisé en traitement additionnel à un corticoïde inhalé à forte dose + agoniste béta-2 inhalé de longue durée d’action.
  • Ces médicaments ne doivent être prescrits que par des médecins expérimentés dans le diagnostic et la prise en charge de l’asthme sévère.

Stratégie thérapeutique

L’asthme sévère est un asthme qui a nécessité un traitement de fond correspondant aux stades 4 et 5 de l’escalade thérapeutique de la classification GINA (association de corticostéroïdes inhalés à forte dose et de béta-2 agonistes de longue durée d’action ou antileucotriènes/théophylline) pendant une année ou des corticoïdes systémiques pendant au moins 6 mois.

Cette période de 6 à 12 mois est dédiée à la confirmation du diagnostic d’asthme, à l’évaluation globale de l’adhésion du patient à la prise en charge (incluant la prise en charge tabagique, l’éviction des irritants et des allergènes éventuels, l’observance du traitement, la bonne technique d’inhalation) et la prise en compte des comorbidités dans l’évaluation des symptômes (obésité par exemple).

L’objectif de la prise en charge de l’asthme est de parvenir au contrôle de l’asthme.

Les 2 objectifs de ce contrôle sont :

  • à court terme, diminuer les symptômes ;
  • à plus long terme, prévenir le risque de complications :
    • survenue d’exacerbations,
    • développement d’une obstruction bronchique chronique,
    • survenue d’effets indésirables liés au traitement.

Évaluation du contrôle de l’asthme  

Degré de contrôle des symptômes asthmatiques

Au cours des 4 semaines précédentes, le patient a-t-il ?

Bien
contrôlé

Partiellement contrôlé

Mal contrôlé

Présenté des symptômes diurnes plus de 2 fois/semaine ?

  □   Oui

□   Non

 Aucun

des items

1 à 2

de ces items

3 à 4

de ces items

Été réveillé la nuit par son asthme ?

  □   Oui

□   Non

Eu besoin d’un traitement de secours plus de 2 fois/semaine ?

  □   Oui

□   Non

Présenté une limitation de son activité due à l’asthme ?   □   Oui

□   Non

 

Xolair figure 1

Prise en charge selon des paliers

Paliers

 

Prise en charge de l’asthme sévère non contrôlé chez l’adulte

 Asthme adulte

 

 

Prescription de NUCALA (mépolizumab) et CINQAERO (reslizumab)

uniquement SI :

  • taux d’éosinophiles sanguins ≥ 300/µL dans les douze derniers mois [Mépolizumab (NUCALA)] ;
  • taux d’éosinophiles sanguins ≥ 400/µL sous corticoïdes à l’instauration du traitement [Reslizumab (CIN- QAERO)] ;

ET

au moins deux épisodes d’exacerbations asthmatiques ayant nécessité un traitement par corticostéroïde oral (≥ 3 jours chacun) dans les 12 derniers mois malgré un traitement de fond associant des corticostéroïdes inhalés à dose élevée et un bronchodilatateur d’action longue (LABA) (stade 4/5 GINA) ;

OU traitement par corticothérapie orale pendant au moins 6 mois au cours des 12 derniers mois.

 

Données cliniques

Cinqaero

  • L’efficacité du reslizumab a été évaluée au cours de trois études cliniques de phase III :
    • une étude versus placebo (3081) ayant évalué l’efficacité de 2 doses de reslizumab 0,3 mg/kg et 3,0 mg/kg sur l’évolution du VEMS après 16 semaines ;
    • deux études versus placebo (3082 et 3083) ayant évalué l’efficacité du reslizumab 3 mg/kg administré toutes les quatre semaines sur la réduction des exacerbations d’asthme pendant 52 semaines.
  • L’étude 3081 a évalué l’efficacité du reslizumab sur l’évolution du VEMS à 16 semaines. Elle a inclus 315 patients ayant un asthme modéré à sévère et un taux d’éosinophiles ≥ 400 cellules/µL à l’entrée dans l’étude. Les patients recevant reslizumab ont eu une augmentation plus importante du VEMS au cours des 16 semaines de l’étude que les patients ayant reçu le placebo (différence reslizumab versus placebo : 160 ml, p = 0,0018).
  • Les études 3082 et 3083, de méthodologie identique, ont évalué l’efficacité du reslizumab sur la fréquence des exacerbations pendant 52 semaines. Elles ont inclus 953 patients ayant un asthme modéré à sévère insuffisamment contrôlé par des corticoïdes inhalés de dose moyenne à élevée (au moins 440 µg de fluticasone ou équivalent) et avec un taux d’éosinophiles ≥ 400 cellules/µL à l’entrée dans l’étude.
  • Il y a eu moins d’exacerbations d’asthme (définies comme une aggravation de l’asthme imposant l’utilisation de corticoïdes systémiques et/ou un traitement d’urgence lié à l’asthme) après 52 semaines dans le groupe reslizumab comparativement au placebo. L’analyse groupée des deux études a montré un taux annuel d’exacerbation d’asthme de 1,81 dans le groupe placebo versus 0,84 dans le groupe reslizumab (p < 0,0001).
  • Le principal risque identifié est celui de survenue de réaction anaphylactique. Une augmentation transitoire et asymptomatique de la créatinine phosphokinase (CPK) a été plus fréquemment rapportée dans le groupe reslizumab comparativement au placebo.
  • Au cours du développement clinique, 19 patients du groupe reslizumab contre 3 dans le groupe placebo ont présenté une tumeur maligne. Un lien de causalité avec le reslizumab a été évalué comme possible pour un patient atteint de lymphome.

Nucala

  • L’efficacité du mépolizumab a été évaluée versus placebo au cours de trois études cliniques de phase IIb/III (étude DREAM) et III (études MENSA et SIRIUS) randomisées, en double aveugle sur une période allant de 24 à 52 semaines. Les patients inclus avaient un asthme dont les symptômes n’étaient pas contrôlés par leur traitement de fond incluant au minimum des corticoïdes inhalés (CI) à fortes doses en association (LABA, antileucotriène, ou théophylline) avec ou sans corticothérapie orale (CO). L’ensemble des patients des études MENSA et SIRIUS et
    85 % des patients de l’étude DREAM avaient un nombre élevé d’éosinophiles défini comme un taux d’éosinophiles
  • ≥ 150/µL à l’instauration du traitement ou ≥ 300/µL dans les 12 derniers mois.
  • L’étude DREAM est une étude de recherche de dose ayant inclus 616 patients atteints d’asthme sévère non contrôlé. Le mépolizumab était administré par voie IV aux doses de 75 mg, 250 mg ou 750 mg toutes les quatre semaines. Il y a eu moins d’exacerbations cliniques significatives d’asthme (définies comme une aggravation de l’asthme imposant l’utilisation de corticoïdes systémiques et/ou une hospitalisation et/ou une consultation aux urgences) après 52 semaines dans les groupes mépolizumab comparativement au placebo (2,40 exacerbations/an dans le groupe placebo versus 1,15 à 1,46 dans les groupes mépolizumab ; p < 0,001 ; soit environ une exacerbation évitée en moyenne par an par patient sous mépolizumab par rapport au placebo. Aucune relation dose-réponse n’a été observée.
  • L’étude MENSA a inclus 576 patients atteints d’asthme sévère non contrôlé à éosinophiles. Les patients ont reçu un traitement par mépolizumab à la dose de 100 mg SC, 75 mg IV ou un placebo toutes les quatre semaines. Il y a eu moins d’exacerbations cliniques d’asthme après 32 semaines dans les bras mépolizumab comparativement au placebo (1,74 exacerbations/an dans le groupe placebo versus 0,83 à 0,93 dans les groupes mépolizumab ; p < 0,001 ; soit environ une exacerbation évitée en moyenne par an par patient sous mépolizumab par rapport au placebo).
  • L’étude SIRIUS a évalué l’efficacité du mépolizumab sur l’épargne cortisonique. Elle a inclus 135 patients atteints d’asthme sévère non contrôlé à éosinophiles. Les patients ont reçu un traitement par le mépolizumab 100 mg SC ou un placebo toutes les quatre semaines. Les patients ont poursuivi le traitement préexistant de l’asthme au cours de l’étude, à l’exception du traitement CO qui était réduit progressivement (semaine 4 à 20). Le mépolizumab a été associé à une diminution modeste des doses CO (p = 0,008) ; la dose de CO a été diminuée chez 64 % des patients du groupe mépolizumab versus 44 % dans le groupe placebo et 54 % des patients du groupe mépolizumab ont atteint une dose de CO ≤ 5 mg/jour versus 32 % dans le groupe placebo à 24 semaines.
  • Dans le cadre des études cliniques, le mépolizumab n’a pas été associé à un risque augmenté d’infections, de réactions systémiques (allergiques ou non) et de cancers. L’incidence des anticorps anti-mépolizumab a été de 6 % pour le mépolizumab 100 mg SC et 2 % pour toutes les formes IV combinées. Il y a eu 8 % de réactions au site d’injection d’intensité légère à modérée chez les patients traités par mépolizumab 100 mg SC.

Pour plus d’information, veuillez consulter les avis de la commission de la transparence :

Précautions d’emploi et effets indésirables

Précautions d’emploi et mises en garde

  • Cinqaero et Nucala ne doivent pas être utilisés pour traiter les exacerbations aiguës de l’asthme. Les patients doivent prendre un avis médical si leur asthme reste non contrôlé ou s’aggrave après l’instauration du traitement. Il est déconseillé d’arrêter brutalement les corticoïdes après l’instauration du traitement par Nucala. Si une réduction des doses de corticoïdes est envisagée, celle-ci doit être progressive et réalisée sous le contrôle d’un médecin.
  • Des réactions systémiques immédiates et retardées, incluant des réactions d’hypersensibilité ont été observées à la suite de l’administration de ces produits. Ces réactions peuvent apparaître pendant ou peu après l’administration.

Effets indésirables

  • Cinqaero : lors des études cliniques, l’événement indésirable le plus fréquemment rapporté a été l’asthme. Les autres événements rapportés fréquemment (> 5 %) ont été des nasopharyngites, des infections respiratoires hautes, des céphalées et des sinusites. Une réaction anaphylactique a été rapportée chez moins de 1 % des patients traités.
  • Nucala : lors des études cliniques menées chez des sujets atteints d’asthme sévère réfractaire à éosinophiles, les effets indésirables les plus fréquemment rapportés ont été les céphalées, les réactions au site d’injection et les dorsalgies.

Posologie, durée de traitement et prix

  • Cinqaero : la dose recommandée est de 3 mg/kg de poids corporel, en perfusion intraveineuse, toutes les 4 semaines.
  • Nucala : la dose recommandée est de 100 mg, administrée par voie sous-cutanée par un professionnel de santé,
  • une fois toutes les 4 semaines.
  • Cinqaero et Nucala sont destinés à un traitement au long cours.
  • Médicaments sur prescription initiale hospitalière. Renouvellement réservé aux spécialistes en pneumologie.
  • Prix (non fixés à ce jour).
    • Cinqaero (1 seringue)
    • Nucala (1 flacon)

La prescription doit toujours observer la plus stricte économie compatible avec la qualité des soins. Cinqaero et Nucala sont remboursables à YY % par l’Assurance maladie.


Sources: HAS https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2804050/fr/quelle-place-pour-cinqaero-et-nucala-dans-le-traitement-de-l-asthme-severe

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Utilisation du vaccin contre la grippe saisonnière VAXIGRIP TETRA

Dans le cadre de la procédure de mise sur le marché du vaccin contre la grippe VAXIGRIP TETRA, la HAS émet des recommandations afin de déterminer la place de ce vaccin dans le cadre de la stratégie vaccinale existante vis-à-vis de la prévention de la grippe saisonnière.

VAXIGRIPTETRA est un vaccin grippal quadrivalent inactivé injectable indiqué dans l’immunisation active des adultes et des enfants à partir de 3 ans. Il s’agit d’un vaccin à virion fragmenté contenant quatre souches de virus grippal : deux de type A (H1N1 et H3N2) et deux de type B (appartenant aux lignées Yamagata et Victoria), soit une souche de virus B supplémentaire par rapport à la formulation trivalente de ce vaccin (VAXIGRIP) disponible en France depuis 1998 et indiquée à partir de l’âge de 6 mois.

La HAS a pris en considération les données d’immunogénicité et de tolérance disponibles pour ce vaccin qui sont détaillées dans cette évaluation.

La HAS considère que le vaccin VAXIGRIP TETRA peut être utilisé selon son AMM actuelle (à partir de l’âge de 3 ans) et dans le cadre de la stratégie vaccinale française vis-à-vis de la grippe saisonnière, consistant à éviter les formes graves et les décès.

Recommandation_vaccinale_utilisation_du_vaccin_contre_la_grippe_saisonniere_vaxigrip_tetra - HAS - 2017

 


Source HAS https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2801497/fr/la-mediation-en-sante-pour-les-personnes-eloignees-des-systemes-de-prevention-et-de-soins

Publié le

Avis favorable pour l’octroi d’une nouvelle AMM, 6 avis positifs pour des extensions d’indication

Le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) s’est réuni du 9 au 12 octobre 2017 à Londres. Il a rendu 1 avis favorable pour une autorisation de mise sur le marché (AMM) ainsi que 6 avis favorables pour des extensions d’indication.

Avis favorable pour une nouvelle AMM

Le CHMP a rendu un avis favorable pour l’octroi d’une autorisation de mise sur le marché pour Tacforius (tacrolimus), médicament générique d’Advagraf, dans la prévention et le traitement du rejet d’organe après transplantation.

La recommandation du CHMP est transmise à la Commission Européenne qui rendra la décision d’octroi d’AMM.

Six avis positifs pour une extension d’indication

Le CHMP a recommandé d’étendre les indications des médicaments suivants :

  • Alecensa (alectinib) en première ligne de traitement du cancer du poumon non à petites cellules chez le patient adulte ALK +.
  • Bydureon  (exenatide) dans le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé, chez l’adulte en association avec l’insuline basale.
  • Cubicin (daptomycine) pour une utilisation pédiatrique (entre 1 et 17 ans) chez les patients présentant une bactériémie à Staphylococcus aureus  associée à une infection compliquée de la peau et des tissus mous.
  • Faslodex  (fulvestrant) : en association avec le palbociclib dans le traitement du cancer du sein HR +/ HER2- localement avancé ou métastatique chez la femme ayant reçu une hormonothérapie. Chez les femmes en pré ou périménopause, l’association avec le palbociclib doit être combinée avec un agoniste de la LH-RH.
  • Pegasys  (peginterferon alfa-2a) pour une utilisation pédiatrique à partir de 3 ans dans le traitement de l’hépatite B chronique non cirrhotique, avec une réplication virale évidente et la persistance de taux d’ALAT élevés.
  • Zytiga (abiraterone acétate) dans le traitement du cancer de la prostate hormono-sensible métastatique à haut risque en association avec une hormonothérapie.

Source: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Avis-favorable-pour-l-octroi-d-une-nouvelle-AMM-6-avis-positifs-pour-des-extensions-d-indication-retour-sur-la-reunion-d-octobre-2017-du-CHMP-Point-d-Information

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Finastéride : surveiller le risque de dépression et d’idées suicidaires

Des cas de dépression et plus rarement d’idées suicidaires ont été observés chez des hommes traités pour la chute de cheveux par finastéride 1 mg. Le risque de dépression est également associé au finastéride 5 mg, traitement de l’hypertrophie bénigne de la prostate.

L’ANSM souhaite donc informer les patients et les professionnels de santé que tout changement d’humeur doit conduire à une interruption du traitement et à une surveillance.

Contexte et données disponibles

Le finastéride à la dose de 1 mg (Propecia et génériques) est indiqué dans le traitement de la chute de cheveux (alopécie androgénétique), chez l’homme uniquement. A la dose de 5 mg (Chibro-Proscar et génériques), il est indiqué dans le traitement et le contrôle de l’hypertrophie bénigne de la prostate. Ces médicaments sont strictement contre-indiqués chez la femme.

Depuis la commercialisation de Propecia en 1999, des effets indésirables psychiatriques ont été signalés, suggérant un lien possible entre la prise de finastéride et une dépression ou des idées suicidaires.

Le risque de dépression était par ailleurs déjà mentionné dans les documents d’information (RCP et notice) du finastéride 5 mg (Chibro-Proscar et génériques).

Suite au dernier rapport européen de sécurité de ces médicaments, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a demandé une modification des documents d’information de toutes les spécialités 1 mg et 5 mg afin d’avertir les professionnels de santé et les patients sur les risques de changements d’humeur, d’idées suicidaires et de dépression. Ces informations figurent donc dorénavant dans les RCP et notices des spécialités Propecia et Chibro-Proscar. Le traitement par finastéride devra ainsi être interrompu devant tout symptôme psychiatrique.

Rappel sur les troubles sexuels

L’ANSM rappelle qu’il est possible d’observer une persistance de troubles sexuels après l’arrêt d’un traitement par finastéride. Il peut s’agir d’une diminution de la libido, de troubles de l’érection et de troubles de l’éjaculation.

Par ailleurs, comme mentionné dans les documents d’information, des cas de cancers du sein ont également été rapportés chez des hommes traités par finastéride.

Les documents d’information de ces médicaments (RCP et notice) peuvent être consultés sur la base de données publique des médicaments .


Source: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Finasteride-surveiller-le-risque-de-depression-et-d-idees-suicidaires-Point-d-information

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Risque accru de lymphome chez les patients traités par anti TNFα

Une étude menée par l’ANSM en collaboration avec l’AP-HP, portant sur le risque de lymphome associé aux anti-TNF alpha (anti-TNFα) utilisés dans la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI), est publiée dans le Journal of the American Association, JAMA1 . Elle montre que les anti-TNFα, utilisés seuls ou en combinaison avec les thiopurines, sont associés à un risque accru de lymphome.

La prise en charge thérapeutique des MICI, comme la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn, a rapidement évolué au cours des deux dernières décennies avec une augmentation de l’utilisation des anti-TNFα, utilisés seuls ou en combinaison avec les thiopurines. Ces traitements sont efficaces bien qu’ils exposent à des effets indésirables potentiellement sévères. Les thiopurines, sont associées à un risque accru de lymphome. Ce risque était jusqu’à présent incertain pour les anti-TNFα.

Cette étude, dirigée par Mahmoud Zureik et Rosemary Dray-Spira (ANSM) et Franck Carbonnel (hôpital Bicêtre, AP-HP), a permis de mesurer et comparer le risque de lymphome associé aux thiopurines et aux anti-TNFα, utilisés seuls ou de façon combinée, en se basant sur une large cohorte nationale de 189 289 patients atteints de MICI constituée à partir des données du Système National d’Information Inter-Régimes de l’Assurance Maladie (SNIIRAM). Les résultats montrent que les anti-TNFα seuls sont associés à un risque de survenue de lymphome multiplié par 2 à 3, tout comme les thiopurines seules. L’étude révèle également que la combinaison de ces deux traitements est associée à un risque de lymphome multiplié par 6, soit un risque plus marqué avec le traitement combinant thiopurines et anti-TNFα qu’avec chacun de ces traitements utilisés seuls. A l’échelle individuelle, le risque d’avoir un lymphome est cependant faible et doit être mis en balance avec le bénéfice de ces traitements.

Comparé aux études antérieures, ce travail s’appuie sur un nombre bien plus élevé de patients traités par anti-TNFα, utilisés seuls ou de façon combinée, permettant ainsi pour la première fois d’évaluer le risque de lymphome associé à ces traitements.

Ces résultats sont portés à la connaissance de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Ils doivent être pris en compte dans la stratégie de prise en charge thérapeutique des patients atteints de MICI.

Cette étude met une nouvelle fois en lumière l’intérêt des données du SNIIRAM pour la surveillance de la sécurité des produits de santé.

Pour lire l’étude


1 – Lemaitre M, Kirchgesner J, Rudnichi A, Carrat F, Zureik M, Carbonnel F, Dray-Spira R. Association between use of thiopurines or tumor necrosis factor antagonists alone or in combination and risk of lymphoma in patients with inflammatory bowel disease. JAMA  2017;318(17):1679-1686. doi:10.1001/jama.2017.16071 .


Source: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Risque-accru-de-lymphome-chez-les-patients-traites-par-anti-TNFa-une-etude-de-l-ANSM-en-collaboration-avec-l-AP-HP-publiee-dans-le-Journal-of-the-American-Medical-Association-JAMA-Communique

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Levothyrox et les autres médicaments à base de lévothyroxine

Suite à l’annonce de l’élargissement de l’offre thérapeutique pour les patients souffrant de troubles de la thyroïde, l’ANSM confirme l’arrivée en France de la spécialité L-Thyroxin Henning du laboratoire Sanofi le 16 octobre prochain. Un autre médicament sera prochainement mis à disposition au mois de novembre.

Par ailleurs, l’ANSM publie les premiers résultats de l’enquête de pharmacovigilance initiée dès la mise sur le marché de la nouvelle formule de Levothyrox en mars 2017. Cette enquête vise à analyser les signalements d’effets indésirables rapportés.

Les patients qui ne rencontrent pas de problème avec la nouvelle formule du Levothyrox  du laboratoire Merck, ou qui sont stabilisés ou en cours de stabilisation avec celle-ci, ne doivent pas changer de traitement.

Il est rappelé que l’ANSM a réalisé des contrôles de Levothyrox nouvelle formule courant septembre dans ses laboratoires qui ont confirmé sa bonne qualité.

A compter du lundi 16 octobre 2017, L-Thyroxin Henning , commercialisé depuis plusieurs années en Allemagne par le laboratoire Sanofi, sera disponible de manière durable pour les patients traités pour des troubles de la thyroïde et notamment ceux présentant des effets indésirables persistants avec le Levothyrox (nouvelle formule). Cette spécialité sera dans un premier temps disponible par le biais d’une importation depuis l’Allemagne de boîtes de 100 comprimés sécables de 25, 50, 100 et 150 µg. L’ordonnance devra spécifier le nom L-Thyroxin Henning. Une notice traduite en français sera remise au patient par le pharmacien. Début novembre, le dosage à 75 µg sera disponible et à terme les 8 dosages seront mis à disposition. En raison d’une marge thérapeutique étroite de la lévothyroxine, une surveillance clinique et biologique est indiquée en cas de passage d’une spécialité à une autre afin d’ajuster la dose si nécessaire.

L’ANSM rappelle que Euthyrox comprimé sécable du laboratoire Merck, équivalent à l’ancienne formule de Levothyrox, est temporairement disponible depuis le 2 octobre 2017. Les quantités importées étant limitées, il est indispensable de réserver la prescription d’Euthyrox uniquement en dernier recours et en renouvellement pour les patients déjà traités.

La L-Thyroxine Serb  en solution buvable en gouttes, commercialisée en France depuis 2008, peut également être une alternative thérapeutique mais doit prendre en compte la nécessaire priorisation de la prescription aux enfants de moins de 8 ans et aux personnes présentant un trouble de la déglutition. De même, les patients ayant un historique de prescription antérieur au 31 août 2017, doivent également pouvoir poursuivre leur traitement.

Un autre médicament sera prochainement mis à disposition des patients au mois de novembre. Dans tous les cas les patients ne doivent jamais arrêter ou modifier leur traitement sans avis médical.

Par ailleurs, en ce qui concerne Levothyrox, une enquête de pharmacovigilance a été initiée par l’ANSM, dès la mise sur le marché de la nouvelle formule, afin d’analyser les signalements d’effets indésirables rapportés. Les premiers résultats de cette enquête ont été présentés lors du Comité technique de pharmacovigilance (CTPV) du 10 octobre 2017 à l’ANSM. Cette analyse intermédiaire de l’enquête porte sur la période allant de fin mars au 15 septembre 2017. A cette date, 14 633 signalements ont été reçus par les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV).
Sur ce total, les cas rapportés par les patients comme graves, c’est-à-dire déclarés comme ayant des conséquences sur la vie familiale, professionnelle ou sociale, et les cas les plus documentés, soit 5 062 cas, ont pu être enregistrés prioritairement dans la base nationale de pharmacovigilance (BNPV).

Le recueil des signalements et l’enregistrement dans la BNPV se poursuivent et feront l’objet de publications ultérieures. Les 14 633 signalements reçus par les CRPV  représentent 0,6 % des 2,6 millions de patients traités par Levothyrox nouvelle formule. Les effets les plus fréquemment rapportés sont la fatigue, les maux de tête, l’insomnie, les vertiges, les douleurs articulaires et musculaires et la chute de cheveux, déjà connus avec l’ancienne formule du Levothyrox.

Cette enquête confirme la survenue de déséquilibres thyroïdiens pour certains patients lors du passage de Levothyrox ancienne formule à Levothyrox nouvelle formule. En effet, tout changement de spécialité ou de formule peut modifier l’équilibre hormonal et nécessiter un réajustement du dosage qui peut nécessiter un certain délai. Tous les effets indésirables témoignent d’un déséquilibre thyroïdien en lien avec le changement de traitement; aucun effet indésirable d’un type nouveau, qui serait spécifique de la seule nouvelle formule, n’a été retrouvé.

L’enquête de pharmacovigilance se poursuit et s’élargit dans le contexte d’arrivée des nouveaux médicaments à base de lévothyroxine. Du fait de la fréquence inattendue de signalements et de certains cas de patients qui présentent à la fois des signes d’hypo ou d’hyperthyroïdie avec des dosages de TSH dans les normes attendues, le CTPV souhaite que soit mis en place un groupe de travail constitué de professionnels de santé, pharmacovigilants et patients afin de poursuivre les investigations. En parallèle, l’ANSM a lancé une étude de pharmacoépidémiologie pour étudier les effets du changement de formule sur l’ensemble des patients traités.

Le numéro vert d’information (0.800.97.16.53  ) est accessible du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures pour répondre aux questions des patients.

Pour déclarer tout effet indésirable : www.signalement-sante.gouv.fr

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Diagnostiquer les cas de bébé secoué et poursuivre la mobilisation contre les maltraitances infantiles

Diagnostiquer

La maltraitance des enfants, enjeu de santé publique majeur, reste un phénomène méconnu des professionnels de santé. Or, par leurs contacts réguliers avec les enfants et les familles, ils occupent un rôle clé pour repérer les situations de maltraitance et déclencher des actions de protection et de soins à l’égard des victimes. La Haute Autorité de Santé, qui a déjà publié plusieurs travaux pour aider les professionnels dans cette mission, actualise aujourd’hui ses recommandations sur le diagnostic du syndrome de bébé secoué en lien avec la Société française de médecine physique et de réadaptation. Par ailleurs, la HAS adapte sa fiche mémo sur le repérage et la conduite à tenir en cas de maltraitance infantile.

Responsable de lésions cérébrales graves, parfois fatales, le syndrome du bébé secoué (SBS) survient lorsqu’un adulte secoue un bébé par exaspération ou épuisement face à des pleurs qu’il ne supporte plus. En raison de son démarrage précoce et de son caractère répétitif, le SBS constitue une des maltraitances infantiles les plus graves. Chaque année, plusieurs centaines d’enfants en sont victimes en France. Il touche en majorité des nourrissons, garçons, de moins de 1 an et le plus souvent de moins de 6 mois. Ne pas diagnostiquer cette maltraitance expose à un risque majeur de récidive et à des séquelles sévères à vie ou au décès.

Des recommandations réactualisées

En 2011, la Haute Autorité de Santé (HAS) et la Société française de médecine physique et de réadaptation (SOFMER) ont publié des recommandations portant sur le diagnostic du SBS, question qui mettait le plus en difficulté les professionnels, et sur les suites juridiques. La méthode utilisée a été de comparer les lésions du SBS à celles induites par les mécanismes souvent allégués par l’adulte accompagnant l’enfant. Soit les lésions étaient comparables et le mécanisme allégué pouvait être retenu, soit les lésions étaient absentes ou différentes et le mécanisme était rejeté. Ont ainsi été éliminés en particulier, la chute de moins d’un mètre cinquante, les manœuvres de réanimation, le jeu, l’intervention d’un autre enfant…

A partir de ces résultats, des critères diagnostiques ont été définis reposant sur les lésions mises en évidence par le bilan et l’histoire rapportée par l’adulte.

Depuis 2011, de nouvelles connaissances sur le SBS ont été apportées notamment une meilleure description des lésions cérébrales justifiant l’actualisation des recommandations. Les critères diagnostiques ont été affinés. D’autres mécanismes récemment invoqués ont été éliminés tels les vaccins. Le bilan à effectuer en cas de suspicion de SBS a été précisé, en particulier la liste exhaustive des éléments nécessaires et suffisants du bilan d’hémostase. De même les radiographies de squelette à réaliser ont été listées tout comme les modalités de l’IRM.

Concrètement, le diagnostic de secouement est davantage documenté devant des symptômes neurologiques tels que certains types précis d’hématomes sous-duraux (HSD) et d’hémorragies rétiniennes (HR) : une imagerie cérébrale (scanner en urgence puis IRM) et un examen du fond d’œil permettent de poser un diagnostic clair*.

Par ailleurs, il est rappelé qu’en cas de suspicion de SBS, l’enfant doit être considéré comme un traumatisé crânien grave. Il doit bénéficier d’une hospitalisation en soins intensifs pédiatriques, avec avis neurochirurgical.

Effectuer impérativement un signalement au procureur de la République afin de protéger l’enfant

De façon générale, dès lors qu’il suspecte un risque de maltraitance, le professionnel de santé doit réagir et effectuer un signalement. Comme n’importe quel citoyen, il a l’obligation de porter assistance à une personne en danger. Cet impératif de protection est rendu possible par la levée du secret médical qui le met à l’abri de toute poursuite pénale pour violation de celui-ci. Le signalement n’est pas un acte de délation, c’est un acte de protection de l’enfant. Lorsqu’un SBS est suspecté, une première réunion d’au moins deux médecins doit avoir lieu sans délai. Un premier signalement sera adressé qui pourra ensuite être complété par une évaluation psycho-sociale. En effet, comme face à toute suspicion de maltraitance, le professionnel ne doit pas rester seul face au doute et savoir se faire aider.

Dans le cas du SBS, toute suspicion de secouement, du fait de la gravité et du caractère constitutif d’une infraction pénale, impose un signalement avec saisine directe du procureur de la République (correspondant au lieu de résidence habituel de l’enfant). Une copie du signalement doit être également adressée au président du conseil départemental.

Enfin, la HAS rappelle la liste des éléments à renseigner dans le cadre du signalement ainsi que des conseils qui figurent dans les recommandations : ne pas nommément mettre en cause ou viser une personne comme auteur des faits, bien séparer les faits constatés des propos rapportés, toujours préciser l’origine des informations (propos des parents, du travailleur social, etc.), utiliser le conditionnel, le style indirect ou mettre les propos rapportés entre guillemets, etc.

Continuer à informer les médecins, acteurs essentiels du repérage des maltraitances

La HAS vient d’actualiser sa fiche mémo (élaborée initialement en 2014) consacrée aux enfants maltraités et ceux qui risquent de l’être. Celle-ci reprend en synthèse les principales recommandations sur la prévention de la mort inattendue du nourrisson, le syndrome du bébé secoué et la maltraitance sexuelle intrafamiliale. La difficulté et la complexité des situations, ainsi que le fort sentiment d’isolement du professionnel de santé expliquent la nécessité de mettre à la disposition des professionnels des informations actualisées, claires et précises pour les aider dans le repérage des violences chez l’enfant et pour les accompagner dans la conduite à tenir pour protéger l’enfant. Le phénomène transcendant toutes les catégories sociales, la possibilité d’une maltraitance doit donc toujours être présente à l’esprit du médecin qui doit y penser à chaque consultation. Au-delà de brûlures, de fractures ou d’ecchymoses caractéristiques, le professionnel doit aussi s’interroger face à des signes non spécifiques : modification du comportement habituel de l’enfant, attitudes des parents qui parlent à la place de l’enfant ou au contraire l’ignorent.

La formation des médecins est cruciale pour pouvoir réaliser un diagnostic de maltraitance et protéger les enfants en danger. A ce titre, la fiche mémo de la HAS réactualisée constitue un véritable mode d’emploi qui regroupe des informations encore trop peu connues des médecins.

* Cf. Recommandation de bonne pratique “Syndrome du bébé secoué ou traumatisme crânien non accidentel par secouement” – Actualisation des recommandations    de la commission d’audition de 2011


Syndrome du bébé secoué

Cette fiche mémo concerne les enfants maltraités comme ceux en risque de l’être. Elle est dans la continuité des travaux déjà engagés par la HAS sur la question des violences interpersonnelles et de leur impact sur la santé.

Plus de 80 % des mauvais traitements sur un enfant sont infligés au sein de la famille. La maltraitance est caractérisée par son début précoce et sa chronicité.

La difficulté et la complexité des situations, ainsi que le fort sentiment d’isolement du professionnel, expliquent la nécessité de mettre à la disposition des professionnels des informations claires et précises pour les aider dans le repérage des violences chez l’enfant et la conduite à tenir pour protéger l’enfant.

Cette fiche mémo a été modifiée suite à l’actualisation de la recommandation de bonne pratique sur le syndrome du bébé secoué en juillet 2017.


Maltraitance

Modèles 

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Sources HAS https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2796194/fr/diagnostiquer-les-cas-de-bebe-secoue-et-poursuivre-la-mobilisation-contre-les-maltraitances-infantiles

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Diversification de l’offre de spécialités à base de lévothyroxine

Afin de proposer un choix de traitement aux patients souffrant de troubles de la thyroïde et d’apporter des solutions à certains patients qui continuent à rencontrer des effets indésirables avec le Levothyrox nouvelle formule, l’ANSM met à disposition d’autres médicaments à base d’hormones thyroïdiennes, actuellement commercialisés en Europe. Dès mi-octobre, les professionnels de santé et les patients disposeront de quatre médicaments : Levothyrox comprimé (nouvelle formule), L-Thyroxine Serb solution buvable en gouttes, L-Thyroxin Henning comprimé et, temporairement, Euthyrox comprimé (médicament équivalent à l’ancienne formule de Levothyrox).

Les patients qui ne rencontrent pas de problème avec la nouvelle formule du Levothyrox, ou qui sont stabilisés avec celle-ci, ne doivent pas changer de traitement. Dans tous les cas les patients ne doivent jamais arrêter ou modifier leur traitement sans avis médical.

La grande majorité des patients traités par Levothyrox nouvelle formule ne présente pas d’effets indésirables ou des effets indésirables transitoires .
Si l’équilibre thyroïdien du patient est atteint, ou en voie de stabilisation, le traitement ne doit pas être modifié. Suite aux déclarations d’effets indésirables, l’ANSM a réalisé des contrôles du médicament courant septembre dans ses laboratoires. Les résultats ont confirmé sa bonne qualité.

En accord avec l’ANSM le laboratoire Serb a augmenté la production du médicament L-Thyroxine Serb , solution buvable en gouttes . Cependant, cette production restant limitée, son utilisation doit être réservée prioritairement aux enfants de moins de 8 ans, aux personnes qui présentent des troubles de la déglutition et aux patients ayant déjà eu une prescription de cette spécialité avant le 31 août 2017.

L-Thyroxin Henning comprimé sécable  du laboratoire Sanofi  sera disponible en pharmacie dès mi-octobre sous forme de conditionnement trimestriel.
Ce médicament princeps est commercialisé depuis de nombreuses années en Allemagne. Les boîtes seront importées d’Allemagne. Les notices traduites en français seront remises aux patients par les pharmaciens. Par la suite, une demande d’autorisation de mise sur le marché du laboratoire permettra une commercialisation durable.

Euthyrox comprimé sécable du laboratoire Merck , équivalent du Levothyrox ancienne formule sera temporairement disponible dès le 2 octobre à hauteur de 90 000 traitements sous forme de conditionnement trimestriel.
Le médicament sera également accompagné d’une notice traduite en français remise par le pharmacien. Il devra être prescrit exclusivement en dernier recours aux patients, en nombre limité, qui rencontrent des effets indésirables durables avec les autres médicaments.

Afin d’étendre encore l’offre thérapeutique, d’autres médicaments pourraient être commercialisés en France, ultérieurement.

Par ailleurs, une enquête de pharmacovigilance a été initiée par l’ANSM dès la mise sur le marché de la nouvelle formule au mois de mars 2017. Cette enquête, qui vise à analyser les signalements d’effets indésirables rapportés, se poursuit. Ses résultats sont attendus courant octobre.

Un numéro vert d’information (0.800.97.16.53 ), accessible depuis le 23 août 2017 du lundi au vendredi de 9 heures à 19 heures, a été mis en place par l’ANSM pour répondre aux questions soulevées par les patients.

Les associations de patients et les professionnels de santé ont été consultés afin de partager ces mesures et de les  accompagner notamment sur le volet information.

Liste des médicaments à base de lévothyroxine disponibles actuellement et à partir d’octobre 2017

 Nom de la spécialité  Provenance  Laboratoire  Excipients  Dosages disponibles  Date de mise à disposition
Levothyrox comprimé sécable

(nouvelle formule)

Princeps

 

France Merck Mannitol, amidon de maïs, gélatine, croscarmellose sodique, stéarate de magnésium, acide citrique anhydre

Principe actif et excipients d’origine européenne

25, 50, 75, 100, 125, 150, 175, 200 µg Mars 2017
L-Thyroxine Serb 150 µg/ml, solution buvable en gouttes

Princeps

France Serb Alcool éthylique, huile de ricin hydrogénée polyoxyéthylénée, propylène glycol

Principe actif et excipients d’origine européenne

150 µg/ml (soit 5 µg/goutte) Sur le marché depuis 2008
L-Thyroxin Henning, comprimé sécable

Princeps

Allemagne Sanofi Amidon de maïs prégélatinisé, amidon de maïs, cellulose microcristalline, carbonate de sodium anhydre, thiosulphate disodique
dioxyde de silicium hautement dispersé silica, huile de ricin hydrogénéePrincipe actif et excipients d’origine européenne
25, 50, 100, 150 µg A partir de mi-octobre 2017
Euthyrox, comprimé sécable

Princeps

Allemagne Merck Croscarmellose sodique, gélatine, lactose monohydraté, stéarate de magnésium, amidon de maïs

Principe actif et excipients d’origine européenne

25, 50, 75, 100, 125, 150, 175, 200 µg Mise à disposition temporaire

à partir du 2 octobre 2017


A partir de mi-octobre 2017, les professionnels de santé et les patients souffrant de troubles thyroïdiens disposeront de quatre médicaments :

  • Levothyrox comprimé nouvelle formule (Laboratoire Merck)
  • L-Thyroxin Henning comprimé (Laboratoire Sanofi) disponible de manière pérenne à partir de la mi-octobre 2017
  • L-Thyroxine Serb solution buvable en gouttes (Laboratoire Serb) qui peut être une alternative thérapeutique qui doit prendre en compte la nécessaire priorisation de la prescription aux enfants de moins de 8 ans et aux personnes présentant un trouble de la déglutition.
  • En dernier recours, Euthyrox comprimé (Laboratoire Merck), médicament équivalent à l’ancienne formule de Levothyrox.

Cette spécialité n’étant disponible que pour une durée et des quantités limitées, sa prescription n’est pas conseillée. Si une prescription doit être effectuée, elle devra impérativement être postérieure au 14 septembre 2017 et mentionner spécifiquement la spécialité « Euthyrox » pour pouvoir donner lieu à sa dispensation en pharmacie.

Ces mesures ont été prises afin que les professionnels de santé puissent proposer, après une écoute attentive des symptômes, un choix de traitement pour apporter des solutions à certains patients qui continuent à rencontrer des effets indésirables avec Levothyrox nouvelle formule.

Pour les patients, traités par Levothyrox nouvelle formule, qui sont bien équilibrés et ne présentent pas d’effets indésirables ou seulement des effets indésirables transitoires, il n’y a pas lieu de changer de traitement. Dans tous les cas les patients ne doivent jamais arrêter ou modifier leur traitement sans avis médical.

Par ailleurs, l’ANSM a réalisé des contrôles de Levothyrox nouvelle formule courant septembre dans ses laboratoires qui ont confirmé sa bonne qualité.

L’ANSM en lien avec les professionnels de santé et les associations de patients ont réalisé deux documents d’information, l’un pour accompagner les professionnels de santé dans leur prescription et leur dispensation, l’autre pour accompagner les professionnels de santé dans l’information aux patients.

Pour déclarer tout effet indésirable : www.signalement-sante.gouv.fr

Lettre au professionnel de santé concernant la diversification

Télécharger (PDF, 305KB)


Sources ANSM

http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Les-patients-disposeront-de-nouveaux-medicaments-a-base-de-levothyroxine-en-pharmacie-a-partir-d-octobre-2017-Communique

http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Diversification-de-l-offre-de-specialites-a-base-de-levothyroxine-Point-d-Information

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Les vaccins contenant de l’aluminium sont sûrs

Aucun signal de sécurité lié à l’aluminium contenu dans les vaccins n’a conduit à ce jour à remettre en cause le rapport bénéfice / risque des vaccins contenant de l’aluminium, en France et à travers le monde. L’ANSM rappelle que ces vaccins sont administrés à des centaines de millions de personnes dans le monde depuis près d’un siècle.

L’ANSM tient à rassurer les patients. Les résultats des études de l’équipe du Pr Gherardi, ainsi que l’ensemble des rapports et publications disponibles à ce jour, ne modifient pas ce rapport bénéfice risque positif.

Dans le cadre de son programme de soutien à la recherche, l’ANSM a soutenu financièrement ces travaux de recherche fondamentale du Pr Gherardi. Il est essentiel de rappeler que ces recherches appartiennent sans restriction à l’équipe qui les a conduites. Elles ont d’ailleurs fait l’objet de différentes publications à leur initiative. L’ANSM n’intervient pas sur le devenir ou la diffusion des travaux de recherche qui lui sont soumis. Ils doivent être évalués par la communauté scientifique elle-même.

Les résultats de ces travaux de recherche ont été discutés par le conseil scientifique, placé auprès de l’ANSM, lors de sa séance de mars 2017. Les débats ont été suivis d’un avis du conseil scientifique et ont été retranscrits dans un compte-rendu approuvé en juin 2017.

Il n’existe pas de « rapport » de l’ANSM sur les études scientifiques du Pr Gherardi.

L’ANSM précise que le conseil scientifique de l’ANSM, qui est indépendant de la direction de l’Agence, a pour mission de lui proposer des avis lui permettant d’orienter certaines de ses actions et/ou certains de ses financements.

L’ensemble des informations et des documents à la disposition de l’ANSM sur ces travaux de recherche, dont le compte-rendu de la séance de mars 2017 et l’avis du conseil scientifique, ont été transmis à partir de fin août à l’Union nationale des associations agréées d’usagers du système de santé (UNAASS) qui en avait fait la demande.

Enfin, outre que les montants estimés par le Pr Gherardi dépassent de très loin les capacités financières de l’ANSM en matière de financement de recherche, il ne rentre pas dans ses missions de financer des programmes de recherche de manière pérenne. Il est important de souligner que cette équipe de recherche ayant déposé un brevet, cela pourrait ouvrir à un financement privé et il serait contraire à la bonne utilisation de la subvention publique versée par l’ANSM que de supporter une activité privée lucrative.

 


Sources

ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Les-vaccins-contenant-de-l-aluminium-sont-surs-Communique

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Agnès Buzyn annonce la diversification de l’offre de médicaments pour les patients atteints de troubles thyroïdiens

En outre, d’ici 15 jours, des stocks européens de l’ancienne formulation du laboratoire MERCK seront mis à disposition sur prescription médicale pour les patients présentant des effets indésirables persistants. A terme, cette formulation du Levothyrox ne sera plus disponible et cette solution est donc temporaire.

La ministre tient à rappeler la qualité de la nouvelle formule de Levothyrox qui convient à la très grande majorité des patients. Ceux-ci doivent impérativement poursuivre leur traitement avec ce médicament. La ministre précise qu’il ne faut en aucun cas changer son traitement par soi-même,
les patients devant absolument se rapprocher de leur médecin pour toute adaptation.

La ministre a demandé à l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) de recevoir les associations de patients et les professionnels de santé et de mettre à leur disposition les informations suivantes :
- Les études de bioéquivalence
- Le rapport de l’ANSM sur ces études de bioéquivalence
- L’abstract d’une publication scientifique du CRMO qui traite des deux études de
bioéquivalence
- Les analyses confirmant la qualité de la nouvelle formulation de Levothyrox
- Les données disponibles sur les excipients ainsi qu’une liste présentant leur large utilisation
dans des médicaments courants

Enfin, la ministre lancera prochainement une mission sur les moyens d’une meilleure information
des patients et des professionnels de santé sur les médicaments.

Sources:
ANSM
Ministère solidarités et santé http://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/agnes-buzyn-annonce-la-diversification-de-l-offre-de-medicaments
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L Thyroxine en suspension buvabe

Suite au changement de formule du Levothyrox mis à disposition à partir de mars 2017, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a été informée d’un report d’utilisation du Levothyrox vers la L-Thyroxine Serb, solution buvable en gouttes.

Ce report est susceptible de créer une rupture de disponibilité de cette spécialité qui est indispensable pour les enfants de moins de 8 ans et pour les personnes qui présentent des troubles de la déglutition. Pour ces patients, l’Agence rappelle qu’il n’existe pas d’alternative.

Par conséquent, la délivrance de la L-Thyroxine Serb doit être réservée en priorité à ces patients.

L’ANSM demande, dès à présent :

aux médecins

  •  de prescrire la L-Thyroxine Serb en priorité aux enfants de moins de 8 ans et aux personnes ayant des troubles de la déglutition.

aux pharmaciens d’officine 

  • de délivrer la L-Thyroxine Serb en priorité à ces populations qui ne disposent pas d’alternative. Les autres patients présentant une ordonnance de L-thyroxine Serb doivent être invités à consulter à nouveau leur médecin.

L’ANSM rappelle que le traitement par lévothyroxine ne doit en aucun cas être interrompu ou modifié sans avis médical. Si des signes cliniques apparaissent le patient doit consulter son médecin.

 

Sources ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/L-Thyroxine-Serb-en-solution-buvable-delivrance-reservee-aux-patients-pour-lesquels-il-n-y-a-pas-d-alternative-a-la-solution-buvable-Point-d-Information

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Recommandation HCSP sur le certificat de non contre-indication à la pratique sportive chez l’enfant

Depuis la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 et son décret d’application du 24 août 2016, un certificat médical de non contre-indication à la pratique sportive est exigé pour la première délivrance d’une licence sportive et lors de son renouvellement tous les trois ans, sauf pour certaines disciplines particulières. Dans l’intervalle des trois ans, le sportif remplit un auto-questionnaire de santé, selon le modèle présenté dans l’arrêté du 20 avril 2017.

Dans son avis, le HCSP rappelle l’intérêt de la pratique d’une activité physique ou sportive tout au long de la vie, que cette pratique doit tenir compte du développement et de l’environnement de chaque enfant et que la surveillance de la santé de l’enfant sportif doit s’intégrer dans le cadre plus général du suivi de la santé de l’enfant.

Le HCSP recommande que le certificat de non contre-indication soit établi lors des examens systématiques de l’enfant, que les activités sportives pratiquées soient notées dans le carnet de santé, que des examens complémentaires ne soient demandés qu’en présence de signes d’appel, qu’un auto-questionnaire de santé spécifique de l’enfant soit établi après une évaluation de sa faisabilité et de sa pertinence.

Le HCSP conseille que la période de l’adolescence fasse l’objet d’une vigilance particulière et que les examens médicaux de prévention soient réalisés au minimum tous les deux ans pour les adolescents.

Modèle auto-questionnaire de Santé 

RÉPONDEZ AUX QUESTIONS SUIVANTES PAR OUI OU PAR NON.
DURANT LES DOUZE DERNIERS MOIS :
OUI NON
1) Un membre de votre famille est-il décédé subitement d’une cause cardiaque ou inexpliquée ?
2) Avez-vous ressenti une douleur dans la poitrine, des palpitations, un essoufflement inhabituel ou un malaise ?
3) Avez-vous eu un épisode de respiration sifflante (asthme) ?
4) Avez-vous eu une perte de connaissance ?
5) Si vous avez arrêté le sport pendant 30 jours ou plus pour des raisons de santé, avez-vous repris sans l’accord d’un médecin ?
6) Avez-vous débuté un traitement médical de longue durée (hors contraception et désensibilisation aux allergies) ?
A ce jour :
7) Ressentez-vous une douleur, un manque de force ou une raideur suite à un problème osseux, articulaire ou musculaire (fracture, entorse, luxation, déchirure, tendinite, etc.) survenu durant les 12 derniers mois ?
8) Votre pratique sportive est-elle interrompue pour des raisons de santé ?
9) Pensez-vous avoir besoin d’un avis médical pour poursuivre votre pratique sportive ?
NB : Les réponses formulées relèvent de la seule responsabilité du licencié.

« Si vous avez répondu NON à toutes les questions :
« Pas de certificat médical à fournir. Simplement attestez, selon les modalités prévues par la fédération, avoir répondu NON à toutes les questions lors de la demande de renouvellement de la licence.
« Si vous avez répondu OUI à une ou plusieurs questions :
« Certificat médical à fournir. Consultez un médecin et présentez-lui ce questionnaire renseigné. »

 

Avis relatif sur la refonte du carnet de santé de l’enfant Mai 2016

Le carnet de santé est à la fois un outil de suivi du développement de l’enfant et de l’adolescent et de son parcours de santé. Il est aussi le support de messages de prévention et par là un outil de communication entre les familles et les professionnels de santé.

Dans son avis, le HCSP émet des recommandations détaillées pour actualiser ce carnet de santé qui portent notamment sur :

  • les âges-clés des examens de santé de 0 à 18 ans et sur leur contenu ;
  • les courbes anthropométriques et l’importance du suivi de la croissance ;
  • le contenu et la forme des trois certificats de santé obligatoires.

Le HCSP recommande également :

  • de maintenir le calendrier vaccinal dans le carnet de santé sous la forme d’une « carte postale » amovible telle que celle produite actuellement par Santé publique France ;
  • d’actualiser les différentes rubriques du carnet de santé et en particulier les messages de prévention ;
  • d’apporter des modifications à la structure générale du carnet de santé et de prévoir sa dématérialisation.

De plus, le HCSP recommande qu’une campagne d’information rappelant l’intérêt du carnet de santé de l’enfant soit menée auprès du grand public et des professionnels de santé lors de la parution de la nouvelle version.


 

Sources:

HCSP http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=625:

LEGIFRANCE Arrêté du 20 avril 2017 relatif au questionnaire de santé exigé pour le renouvellement d’une licence sportive https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2017/4/20/VJSV1712186A/jo/texte

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Ginkor Fort: Ne pas utiliser pendant la grossesse et l’allaitement

Suite à la réévaluation des données d’efficacité et de sécurité de Ginko Fort, les informations sur les interactions médicamenteuses et effets indésirables ainsi que la rubrique grossesse ont été actualisées:

Ne pas utiliser Ginkor Fort pendant la grossesse et l’allaitement
Compte tenu de l’absence de données suffisantes chez la femme enceinte, des propriétés vasoactives de l’heptaminol et antiagrégantes du Ginkgo biloba, Ginkor Fort ne doit pas être utilisé chez la femme enceinte.
En l’absence de données sur le passage dans le lait maternel, l’utilisation est déconseillée pendant l’allaitement

Attention aux patients ayant un terrain hémorragique  ou ayant un traitement concomitant anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire : mise à jour des interactions médicamenteuses
En raison des propriétés antiagrégantes du Ginkgo biloba, la prudence est recommandée chez ces patients. De plus, par précaution, Ginkor Fort doit être arrêté 3 à 4 jours avant un acte chirurgical.

 

Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Informations-de-securite-Lettres-aux-professionnels-de-sante/Ginkor-Fort-Ne-pas-utiliser-pendant-la-grossesse-et-l-allaitement-Mises-a-jour-des-informations-sur-les-interactions-medicamenteuses-et-les-effets-indesirables-Lettre-aux-professionnels-de-sante

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Augmentation du nombre et de la sévérité des intoxications liées à la consommation de cocaïne

Une augmentation préoccupante du nombre et de la sévérité des intoxications liées à la consommation de cocaïne a été constatée par le réseau des centres d’addictovigilance français (CEIP-A*) et rapportée à l’ANSM.

L’ANSM souhaite donc rappeler aux médecins des services d’urgences, des services d’urgences psychiatriques, cardiologiques, neurologiques et du SAMU, les symptômes d’une intoxication par la cocaïne afin de permettre une prise en charge médicale plus rapide de ces patients.

Tableau évocateur d’une intoxication par la cocaïne

Les données du réseau des CEIP semblent montrer un nombre de signalements d’intoxication à la cocaïne multiplié par deux entre 2015 et 2016 et cette augmentation continue d’être constatée pour l’année 2017. Elle pourrait être liée à l’augmentation de la concentration du produit vendu (augmentation de la « pureté » de la cocaïne) et à sa plus grande disponibilité.

Une enquête nationale d’addictovigilance est en cours afin de mieux circonstancier les cas et l’évolution de la consommation de cocaïne en France. Les résultats seront présentés prochainement.

L’ANSM rappelle aux professionnels de santé :

 

Sources : ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Augmentation-du-nombre-et-de-la-severite-des-intoxications-liees-a-la-consommation-de-cocaine-Point-d-Information

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Le marquage CE de l’implant Essure est suspendu pour 3 mois

Essure est un dispositif médical implantable de stérilisation définitive commercialisé par la société Bayer Pharma AG.

L’ANSM a été informée ce jour que ce dispositif faisait désormais l’objet d’une suspension temporaire de son marquage CE par l’organisme notifié irlandais NSAI1 , dans le cadre de sa procédure de renouvellement. Cette suspension prend effet à compter du 3 août 2017 pour une période de 90 jours, soit jusqu’au 2 novembre 2017.

Au vu de cette information, le dispositif Essure ne peut plus être mis sur le marché en France et en Europe durant la période de suspension temporaire du marquage CE. L’ANSM a demandé à la société Bayer Pharma AG de procéder au rappel des produits en stock auprès de tous les établissements de santé susceptibles de les détenir. En conséquence, il est demandé par mesure de précaution de ne plus implanter dès à présent le dispositif médical Essure.

Dans ce contexte, l’ANSM invite les femmes actuellement en attente d’une implantation par cette méthode de stérilisation définitive à se rapprocher de leur gynécologue pour envisager, en concertation, l’alternative la plus appropriée, sur la base d’une information complète relative aux moyens de contraception disponibles et leurs éventuels effets indésirables.

En ce qui concerne les femmes porteuses d’un implant Essure, l’ANSM rappelle l’avis du comité d’experts qu’elle a réuni le 19 avril 2017. Ce dernier a conclu que les données de la littérature, de la surveillance et les résultats de l’étude épidémiologique, portant sur plus de 100 000 femmes, ne remettaient pas en cause la balance bénéfice/ risque de cet implant.

Le comité d’experts rappelle également que les femmes présentant des symptômes doivent consulter leur médecin pour ne pas méconnaître une pathologie sous-jacente. En l’absence d’un tel diagnostic, l’intérêt d’un retrait peut être envisagé entre la femme concernée et le médecin. Pour les femmes qui n’ont pas de symptômes, qui représentent l’immense majorité des femmes porteuses de l’implant Essure, il n’y a aucun argument à ce jour pour conseiller le retrait.

L’ANSM considère que la décision de suspension temporaire de 3 mois du marquage CE prise par l’organisme notifié n’est pas de nature à remettre en cause à ce stade les recommandations du comité d’experts relatives à la prise en charge des femmes porteuses d’un implant Essure.

L’ANSM poursuit ses travaux en étroite collaboration avec les représentants associatifs, les professionnels de santé et les différents acteurs institutionnels concernés.

 

Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Le-marquage-CE-de-l-implant-Essure-est-suspendu-pour-3-mois-Communique

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Acadione (tiopronine) : arrêt de commercialisation sur le marché français

L’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a été informée par le laboratoire Sanofi Aventis France d’un arrêt de commercialisation d’Acadione 250 mg, comprimé dragéifié, depuis le 1er  juin 2017.

Dans ce contexte, l’ANSM rappelle que des alternatives sont disponibles dans les différentes indications de ce médicament.

L’ANSM recommande aux patients actuellement traités par Acadione de consulter leur médecin afin d’envisager le report vers un autre traitement.

La spécialité Acadione est autorisée dans le traitement de fond de la polyarthrite rhumatoïde et dans le traitement de certains calculs rénaux (lithiase cystinique).

Le laboratoire Sanofi Aventis France, titulaire de l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) d’Acadione, a informé l’ANSM de l’arrêt de commercialisation d’Acadione depuis le 1er  juin  2017.

Plusieurs alternatives sont disponibles dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.

Concernant le traitement de la lithiase cystinique, l’ANSM rappelle que la spécialité Trolovol 300mg comprimé pelliculé  (pénicillamine) est actuellement commercialisée en France par Erempharma et autorisée depuis décembre 2016 dans le traitement de la cystinurie. Ce médicament peut toutefois ne pas convenir à tous les patients et notamment aux enfants de moins de 6 ans et aux enfants de faible poids en raison du risque de fausse route et du dosage élevé.

Par ailleurs, l’ANSM a autorisé la mise à disposition d’une spécialité de tiopronine (Captimer) importée d’Allemagne par Inresa pour les patients intolérants au Trolovol, notamment les enfants de moins de 6 ans. Cette spécialité importée sera disponible auprès des pharmacies hospitalières.

Dans ce contexte, l’ANSM invite

  • Les prescripteurs : à ne plus initier de traitement par Acadione et à contacter leurs patients traités par cette spécialité pour envisager la prescription, le cas échéant, d’une alternative.
  • Les pharmaciens : à orienter les patients traités par Acadione vers leur médecin.
  • Les patients traités par Acadione : à anticiper le renouvellement de leur traitement et à contacter leur médecin ou leur pharmacien qui leur indiquera la conduite à tenir dans ce contexte.
Informations complémentaires pour les prescripteurs

La prise en charge des patients adultes et enfants ayant une cystinurie repose sur :

En 1ère  ligne :

  • l’hyperhydratation à 2-3 L/m² par jour au minimum à répartir sur l’ensemble du nycthémère. Chez l’enfant, le recours à une sonde nasogastrique ou une gastrostomie sera discuté au cas par cas,
  • l’alcalinisation des urines par bicarbonate ou/et citrate de potassium à répartir en 3-4 prises dans l’eau de boisson ou de l’alimentation entérale nocturne si la fonction rénale le permet et selon la tolérance digestive. Chez l’enfant, une posologie de 150 mg/kg par jour de citrate de potassium est recommandée. L’objectif est d’obtenir un pH urinaire en permanence entre 7 et 8. Le patient fera une auto-surveillance du pH à domicile une fois par semaine,
  • une alimentation normale en NaCl, limité à 6 grammes/j chez l’adulte,
  • une alimentation contrôlée en protéines sans carence : en pratique, on propose des apports en protéines animales une fois par jour.

En 2ème  ligne :

Les traitements médicamenteux (tiopronine, D penicillamine) en cas d’échec des mesures hygiéno-diététiques. Comme la tiopronine, l’utilisation de la D-penicillamine peut conduire  notamment à une protéinurie, une thrombopénie et des effets indésirables cutanéo-muqueux nécessitant l’arrêt du traitement. Une surveillance clinique et biologique est indispensable lors de l’initiation et l’utilisation de ces traitements. L’objectif de cette prise en charge est d’obtenir une concentration de cystine dans les urines < 250 mg/L (chez l’adulte comme l’enfant)

En cas de récidive de lithiase et/ou de volume cristallin > 3000 m3/mm3, un traitement par chélateurs sulfurés sera proposé.

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Réunion du PRAC: Valproate et dérivés, produits de contraste contenant du gadolinium, méthylprednisolone par voie injectable, Zinbryta (daclizumab)

Lors de sa réunion mensuelle, qui s’est tenue du 3 au 5 juillet 2017 à Londres, le Comité pour l’Evaluation des Risques en matière de Pharmacovigilance (PRAC) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a poursuivi les arbitrages concernant valproate et dérivés, Zinbryta, finalisé le réexamen de la décision concernant les produits de contraste à base de gadolinium, finalisé l’arbitrage concernant certains médicaments à base de méthylprednisolone. Deux signaux ont également été discutés concernant la perfusion de solutés intraveineux et le risque d’hyponatrémie et l’érythropoïétine et les effets cutanés sévères.

Revue de l’utilisation du valproate et dérivés au cours de la grossesse et chez les femmes en âge de procréer

Dans le cadre de la procédure d’arbitrage déclenchée par la France en février 2017 selon l’article 31 afin que soit discutée au niveau européen la nécessité de contre-indiquer, au cours de la grossesse et chez les femmes en âge de procréer n’utilisant pas de contraception efficace, les spécialités à base de valproate dans le traitement des accès maniaques du trouble bipolaire, deux étapes sont planifiées :

  • La réunion de  deux groupes d’experts (“Scientific Advisory Group” -SAG-) en Neurologie et en Psychiatrie afin, entre autres, d’explorer les alternatives thérapeutiques dans les troubles bipolaires.
  • La tenue d’une première “audition publique”, prévue pour le 26 septembre 2017 à Londres, afin de mesurer le niveau de compréhension des patients concernant les risques liés au valproate et dérivés.

En parallèle, au niveau national l’ANSM a annoncé le 6 Juillet 2017 l’introduction dans les AMM des spécialités Depakote® et Dépamide® (indiqués dans l’accès maniaque du trouble bipolaire) d’une contre-indication de ces produits chez la femme enceinte et la femme en âge de procréer sans contraception efficace.

Ces mesures nationales vont dans le sens de la procédure d’arbitrage encore en cours et dont une prochaine discussion est prévue au PRAC de novembre 2017.

Produits de contraste contenant du gadolinium : réexamen de la décision du PRAC de mars 2017

Les produits de contraste contenant du gadolinium sont à usage diagnostique uniquement. Ils permettent d’améliorer le contraste des images obtenues lors des procédures d’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM).

En mars 2017, le PRAC a recommandé par mesure de précaution la suspension de l’AMM des quatre produits de contraste à base de gadolinium de type linéaire qui s’administrent par voie intraveineuse : Omniscan® (gadodiamide), Optimark® (gadoversetamide), Magnevist® (gadopentate) et Multihance® (acide gadobénique) dans toutes les indications. Le PRAC avait alors considéré, sur la base des études disponibles et malgré les données limitées sur les effets au long-terme, que le niveau de preuve était suffisant concernant le risque d’accumulation du gadolinium dans le cerveau après injection des produits de contraste contenant du gadolinium lors des procédures d’IRM, que les produits de contraste de type linéaire avaient une structure plus favorable à la libération du gadolinium et par conséquent à son accumulation dans les tissus. Les produits de contraste de type macrocyclique étant plus stables et leur capacité à libérer le gadolinium inférieure, le PRAC a recommandé que ces produits continuent à être utilisés selon leurs indication, mais à la dose la plus faible possible pour permettre le diagnostic, et seulement lorsqu’une imagerie sans agent de contraste n’est pas adaptée.

Parmi les produits de type linéaire, le PRAC avait recommandé que deux produits restent disponibles : l’acide gadoxétique (Primovist®, pas d’AMM en France), utilisé à faibles doses pour l’imagerie du foie et pour laquelle il existe très peu d’alternatives, et le gadopentate (Magnevist®) administré par voie intra-articulaire dont la concentration en gadolinium est très faible (environ 200 fois plus faible que pour les produits administrés par voie intraveineuse).

A la suite d’une demande de réexamen de la décision du PRAC (Article 32 of Directive 2001/83/EC) par un titulaire d’AMM, le PRAC a revu les données de sécurité des produits.

Le PRAC de juillet 2017 a conclu au maintien de ses recommandations de mars 2017 concernant l’existence de preuve du risque d’accumulation du gadolinium dans le cerveau après injection des produits de contraste contenant du gadolinium.  Aucune caractéristique particulière associée à ce risque d’accumulation intracérébrale de gadolinium n’a été identifiée et les conséquences cliniques de cette accumulation restent inconnues.

Cependant le PRAC a revu sa position pour le produit Multihance® (acide gadobénique) et a conclu à la possibilité de son utilisation dans l’imagerie du foie dans les cas de besoin important de diagnostic, comme cela avait été conclu pour l’acide gadoxétique (Primovist®).

Les recommandations pour gadopentate (Magnevist®) relatives à la possibilité de son utilisation par voie intra-articulaire sont inchangées.

La suspension des AMMs des autres produits de contraste contenant du gadolinium de type linéaire : Omniscan® (gadodiamide), Optimark® (gadoversetamide) et Magnevist® (gadopentate) reste effective.

Cette mise à jour des recommandations du PRAC va  être transmise au CHMP pour adoption de la position finale de l’EMA.

Finalisation de l’arbitrage concernant le risque, chez les patients allergiques aux protéines de lait, avec certains médicaments à base de méthylprednisolone par voie injectable utilisés pour le traitement de réactions allergiques  

Suite à un signal de la Croatie, l’Agence Européenne des Médicaments (EMA) a entamé une revue des médicaments à base de méthylprednisolone par voie injectable (intraveineuse ou intramusculaire) contenant du lactose en tant qu’excipient.

Les autorisations de mise sur le marché de ces médicaments ont été délivrées, pour la plupart des pays depuis de nombreuses années par des procédures nationales et dans de nombreux pays de l’Union Européenne. Le médicament princeps en France est Solumédrol.

La méthylprednisolone est un corticoïde qui, administrée par voie injectable, est indiquée, entre autres, dans le traitement d’urgence des réactions allergiques aigues.

Du fait de l’existence de lactose dans la composition de ces médicaments, des protéines de lait de vache peuvent être présentes à l’état de traces, et sont susceptibles de déclencher des réactions d’hypersensibilité chez les sujets allergiques aux protéines de lait. Ainsi, l’injection de ces médicaments chez ces patients peut augmenter la symptomatologie allergique initiale conduisant à l’augmentation inappropriée des doses injectées et aggravant d’autant la réaction allergique.

Un arbitrage dans le cadre de l’article 31 de la directive 2001/83/EC a démarré le 1er décembre 2016. Une évaluation des données disponibles concernant le risque d’allergie à ces médicaments a été initiée par l’EMA afin de déterminer si des mesures de réduction du risque devaient être mises en place.

En mars 2017, le PRAC, prenant en compte notamment le risque de rupture de stock de corticoïdes injectables, n’a pas retenu la proposition du rapporteur (Autriche) de suspendre immédiatement l’AMM des spécialités à base de corticoïdes injectables contenant du lactose. Lors de sa réunion en juillet 2017, le PRAC a finalement conclu en demandant aux titulaires des AMM des produits concernés de modifier le plus rapidement possible la composition de leurs spécialités afin que soit totalement exclue la présence de protéines de lait de vache.

Pendant la période intermédiaire, les mesures de réduction du risque adoptées consistent en la révision de l’information produit afin de signaler de façon explicite dans la notice et sur l’étiquetage extérieur la  possible présence de protéines de lait et de recommander d’éviter l’utilisation de ces produits chez les patients allergiques aux protéines de lait.

Une lettre d’information sera envoyée directement aux professionnels de santé.

Poursuite de la procédure d’arbitrage (article 20) concernant Zinbryta (daclizumab)

Une procédure d’arbitrage de réévaluation du bénéfice/risque selon l’article 20 a été initiée par le PRAC en juin 2017 pour le médicament Zinbryta (daclizumab) indiqué dans le traitement des adultes présentant des formes récurrentes de sclérose en plaques. Cette décision fait suite au décès d’une patiente d’une insuffisance hépatique fulminante au cours d’une étude observationnelle ainsi que la notification de quatre autres cas d’atteintes hépatiques graves.

Lors de sa réunion de juillet, le PRAC a décidé de mettre en place pour le Zinbryta® (daclizumab) des mesures provisoires de restriction d’indication et des contre-indications et de transmettre une lettre d’information aux professionnels de santé.

Ainsi, Zinbryta® ne peut être dorénavant être prescrit qu’aux patients atteints de sclérose en plaques avec poussées :

  •  présentant une maladie très active malgré un traitement complet et bien conduit par au moins un traitement de fond

ou

  • présentant une maladie avec poussées sévères, d’évolution rapide et pour laquelle un autre traitement de fond n’est pas adapté

De plus, Zinbryta® ne doit pas être prescrit aux patients présentant des lésions / troubles hépatiques ou d’autres maladies auto-immunes associées.

En France, le Zinbryta® n’étant pas commercialisé, la lettre d’information a été transmise aux investigateurs  des essais cliniques en cours.

Signal concernant la perfusion de solutés intraveineux et le risque d’hyponatrémie

L’agence danoise a été destinataire d’une alerte de sécurité, en provenance de professionnels de santé hospitaliers, concernant les hyponatrémies acquises à l’hôpital lors de l’utilisation de solutés administrés par voie intraveineuse (IV). Dans certaines conditions, les solutés physiologiquement hypotoniques (spécialités à base d’électrolytes et/ou de glucose) peuvent entraîner une hyponatrémie à l’origine d’atteintes cérébrales et de complications neurologiques irréversibles, voire fatales.

Après analyse des données issues de la littérature, de la base Eudravigilance et de la consultation des Etats membres, le PRAC a demandé aux titulaires d’AMM des spécialités concernées, de soumettre une actualisation de l’information des RCP (Résumé des caractéristiques du produit) de ces produits dans les 6 mois. Les mises à jour recommandées par le PRAC renforcent les mentions relatives à la surveillance biologique et clinique, aux mises en garde et précautions d’emploi (en particulier dans certaines populations plus à risque, notamment en pédiatrie, en gériatrie, chez la femme enceinte, en cas de compliance cérébrale réduite, de libération non-osmotique de la vasopressine…etc), aux interactions médicamenteuses et aux effets indésirables (encéphalopathie).

En juin 2017, l’ANSM avait publié un point d’information relatif au risque d’hyponatrémie avec les solutés glucosés. Une procédure d’harmonisation plus globale des documents d’information (RCP, notice et étiquetage) des solutions pour perfusion de glucose, est en cours parallèlement en France et intègrera ces recommandations.

Signal concernant l’érythropoïétine et les effets indésirables cutanés sévères : syndrome de Stevens-Johnson (SJS) et nécrolyse épidermique toxique (TEN)

L’ANSM a été informée, par le biais d’une lettre aux investigateurs, de la survenue de réactions cutanées sévères  avec un produit à base d’érythropoïétine : syndrome de Stevens-Johnson (SJS) et nécrolyse épidermique toxique (TEN).

Le signal confirmé a été discuté lors de la réunion du PRAC de juillet 2017. Après examen des éléments fournis par les titulaires d’AMM des spécialités à base d’érythropoïétine, le PRAC a émis les recommandations suivantes :

  • Aux titulaires d’AMMs de la darbepoetine alfa (Aranesp-Amgen Europe BV), de l’époétine alfa (Abseamed – Medice Arzneimittel Pütter GmbH & Co. KG, Binocrit – Sandoz GmbH , Epoetin Alfa Hexal – Hexal AG, Eprex – Janssen-Cilag NV, Erypo – Janssen-Cilag Pharma GmbH, Erypo FS – Janssen-Cilag GmbH), epoetine bêta (NeoRecormon – Roche Registration Limited), epoetin theta (Biopoin – Teva GmbH, Eporatio – Ratiopharm GmbH), epoetin zeta (Retacrit – Hospira UK Limited, Silapo – Stada Arzneimittel AG) et methoxy polyethylene glycol-epoetin beta (Mircera – Roche Registration Limited) : soumission dans les 2 mois d’une modification de l’information produit (RCP et notice) afin d’introduire des mises en gardes et des informations sur la survenue de ce type d’ effet indésirable.
  • Au titulaire de l’AMM de la darbepoetine alfa (Aranesp – Amgen Europe B.V.) : mise à jour du  plan de gestion des risques (PGR) pour inclure les effets indésirables cutanés sévères en tant que risque identifié important.
  • L’envoi d’une lettre d’information aux professionnels de santé concernés.

 

Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Valproate-et-derives-produits-de-contraste-contenant-du-gadolinium-methylprednisolone-par-voie-injectable-Zinbryta-daclizumab-retour-d-information-sur-le-PRAC-de-juillet-2017-Point-d-Information

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Prophylaxie pré-exposition au VIH: mesures additionnelles de réduction des risques

La 9ème Conférence « HIV Science »  de l’International AIDS Society 2017 qui s’est tenue à Paris du 23 au 26 juillet 2017 a inclus de nombreuses communications sur le  thème de la prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP) par l’association fixe de tenofovir disoproxil et emtricitabine chez les personnes adultes à haut risque d’acquisition du VIH par voie sexuelle en tant qu’outil additionnel d’une stratégie de prévention diversifiée.

L’ANSM rappelle dans ce contexte et au regard de l’arrivée sur le marché français de génériques de Truvada[1] , la nécessité, lors de l’initiation d’une PrEP par une spécialité à base d’emtricitabine/tenofovir disoproxil, de bien prendre connaissance des documents de réduction des risques.

Les principaux risques associés à l’utilisation de l’association emtricitabine/tenofovir disoproxil dans la PrEP sont :

  • le risque de toxicité rénale lié au tenofovir disoproxil,
  • le risque de séroconversion sous traitement pouvant être associé à l’apparition de mutations de résistance du VIH.

Les documents de réduction des risques, qui doivent être mis à disposition des médecins et des personnes traitées lors de l’initiation d’une PrEP, soulignent notamment l’importance :

  • du bilan biologique et clinique préalable des sujets pour rechercher les signes et symptômes d’une primo-infection VIH en cours
  • du suivi régulier incluant notamment un dépistage du VIH au minimum tous les 3 mois pour détecter une séroconversion VIH, une surveillance de la fonction rénale et un dépistage régulier des autres infections sexuellement transmissibles.

Ces documents de réduction des risques fournis par les titulaires d’AMM et téléchargeables sur le site de l’ANSM se composent :

  • d’une brochure d’information sur la PrEP, d’une check-list pour l’initiation et le suivi des sujets traités, destinées aux prescripteurs ; ainsi qu’une fiche de séroconversion dont les modalités de déclaration sont notamment décrites dans la brochure. Il est rappelé que la fiche de déclaration de séroconversion VIH est à compléter le cas échéant et à transmettre au Centre régional de Pharmacovigilance dont vous dépendez et au CNR-VIH.
  • d’une brochure d’information sur la PrEP et d’une carte de rappel des modalités de prise du médicament et des rendez-vous, destinées aux sujets traités et qui devront leur être remises par les prescripteurs,
  • d’un courrier de liaison entre le prescripteur initial (médecin spécialiste hospitalier et/ou exerçant en CeGIDD) et le médecin généraliste, en cas de renouvellement de la prescription d’une spécialité à base d’emtricitabine/tenofovir disoproxil par ce dernier.

 

Sources ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Prophylaxie-pre-exposition-au-VIH-l-ANSM-rappelle-les-mesures-additionnelles-de-reduction-des-risques-Point-d-Information

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Contre-indication chez l’enfant de moins de 2 ans des spécialités à base de trimébutine (Débridat et génériques)

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a procédé à une réévaluation du rapport bénéfice/risque des spécialités à base de trimébutine seule (Débridat et génériques). Au terme de cette réévaluation, les spécialités Débridat, Débricalm et autres génériques sont désormais contre-indiquées chez l’enfant de moins de 2 ans.

La trimébutine est un antispasmodique indiqué en gastro-entérologie. Les médicaments à base de trimébutine (Débridat, Débricalm et autres génériques) ont fait l’objet d’une réévaluation de leur rapport bénéfice/risque dans le cadre du programme systématique de révision des autorisations de mise sur le marché (AMM) antérieures à 2005.

L’évaluation des données de pharmacovigilance de la trimébutine montre un profil d’effets indésirables dominé par des effets cutanés et immuno-allergiques. Des effets neurologiques (somnolence, convulsions) et cardiaques (bradycardie) ont également été rapportés en cas de surdosage et en lien avec des erreurs médicamenteuses, en particulier chez le nourrisson.

C’est pourquoi, en raison du faible niveau de preuve d’efficacité et du risque d’effets indésirables graves dans cette tranche d’âge, les spécialités à base de trimébutine sont désormais contre-indiquées chez l’enfant de moins de 2 ans.

Dans ce contexte, les spécialités granulés pour suspension buvable en flacon (Débridat enfant et nourrisson 4,8 mg/ml, granulés pour suspension buvable en flacon et Débridat, granulés pour suspension buvable en flacon) sont transitoirement retirées du marché dans l’attente d’une remise à disposition de ces spécialités mentionnant la contre-indication chez les enfants de moins de 2 ans.

De plus, prenant en compte l’ensemble des données permettant d’évaluer l’efficacité de la trimébutine, les indications thérapeutiques des spécialités administrées par voies orale et injectable sont désormais restreintes aux situations suivantes :

  • Formes orales  : traitement symptomatique des douleurs, des troubles du transit et de l’inconfort intestinal liés aux troubles fonctionnels intestinaux ;
  • Forme injectable  : traitement symptomatique des douleurs, des troubles du transit et de l’inconfort intestinal liés aux troubles fonctionnels intestinaux, lorsque l’utilisation de la voie orale n’est pas possible.

L’actualisation de l’ensemble des AMM est en cours pour inclure ces nouvelles informations.


 




Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Points-d-information-Points-d-information/Contre-indication-chez-l-enfant-de-moins-de-2-ans-des-specialites-a-base-de-trimebutine-Debridat-et-generiques-Point-d-Information

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Etude sur les usages et la sécurité du baclofène en France entre 2009 et 2015

La Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs Salariés (Cnamts) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) publient aujourd’hui les résultats d’une étude sur le baclofène pour la période 2009 – 2015. Menée en collaboration avec l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’étude a été conduite à partir des bases de données du Sniiram  et du PMSI  reliées à celle du Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc). Cette étude en vie réelle visait à documenter les usages du baclofène, évaluer le maintien du traitement dans la durée et évaluer sa sécurité, notamment lorsqu’il est donné à fortes doses. Le baclofène a été comparé avec les traitements de la dépendance à l’alcool ayant une autorisation de mise sur le marché (acamprosate, naltrexone, nalméfène, disulfiram).

Cette étude met en évidence une utilisation importante du baclofène en dehors du cadre de son autorisation de mise sur le marché (AMM). Ceci principalement dans le traitement de la maladie alcoolique qui fait l’objet d’une recommandation temporaire d’utilisation (RTU). Elle montre également que l’utilisation du baclofène à haute dose est associée à un risque accru d’hospitalisation et de décès par rapport aux traitements médicamenteux autorisés pour traiter la dépendance à l’alcool.

Les usages du baclofène entre 2009 et 2015

L’étude Cnamts-ANSM en collaboration avec l’Inserm a permis de distinguer les utilisateurs de baclofène atteints d’une affection neurologique en lien avec l’indication ayant obtenu l’AMM, de ceux qui ont reçu le baclofène pour un autre motif, possiblement une dépendance à l’alcool. Le motif de prescription du baclofène a été déterminé par algorithme à partir des informations médicales présentes dans les bases de données. Ainsi, entre 2009 et 2015, sur l’ensemble des personnes ayant débuté un traitement par baclofène, plus des 2/3, soit 213 000 patients, l’ont utilisé dans une autre indication que celle de l’AMM, principalement dans le traitement de la dépendance à l’alcool.

En ce qui concerne les patients sous baclofène en dehors de l’indication neurologique, ceux recevant des doses quotidiennes élevées (>75 mg) sont minoritaires, mais leur part s’est vue augmenter entre 2009 et 2015 passant de 3% en 2013 à 9% en 2015. Un peu plus de 1% des patients ont reçu des doses de baclofène supérieures à 180 mg par jour.

Ils sont peu nombreux à poursuivre leur traitement dans la durée. Au cours des six premiers mois d’utilisation, seuls 10% des patients l’ont pris sans l’interrompre. In fine , comme pour les médicaments indiqués dans la dépendance à l’alcool, plus de 4 patients sur 5 débutant un traitement avec le baclofène l’arrêtent définitivement au cours des six premiers mois d’utilisation.

L’étude a aussi mis en évidence des usages hors AMM et hors RTU, vraisemblablement dans le traitement de la démence et des douleurs rhumatologiques. Ces usages peuvent apparaître notamment au travers des 11 500 personnes âgées de plus de 80 ans traitées par baclofène sur la période de 7 ans et des 3 000 patients pour lesquels le baclofène a été initié par un rhumatologue. Ces usages n’ont pas été validés par l’ANSM.

La sécurité du baclofène chez les patients en dehors de l’indication neurologique 

La sécurité du baclofène a été comparée à celle des médicaments autorisés pour traiter la dépendance à l’alcool.

Les résultats montrent que l’utilisation du baclofène est associée à un risque accru, augmentant avec la dose, d’hospitalisation et de décès par rapport aux traitements médicamenteux autorisés pour traiter la dépendance à l’alcool.

  • Aux doses faibles et modérées (inférieures à 75 mg/jour), le risque d’hospitalisation est faiblement augmenté par rapport aux traitements de l’alcoolo-dépendance (de 9% aux doses inférieures à 30 mg/jour et de 12% aux doses entre 30 et 75 mg/jour) et le risque de décès n’est pas augmenté.
  • Pour des doses entre 75 mg/jour et 180 mg/jour, le risque d’hospitalisation est modérément augmenté de 15% par rapport aux traitements de la dépendance à l’alcool mais le risque de décès est multiplié par 1,5.
  • Au-delà de 180 mg/jour, malgré une analyse portant sur des effectifs limités, la hausse du risque d’hospitalisation et surtout de décès des patients traités par baclofène par rapport aux traitements de la dépendance à l’alcool apparaît particulièrement nette : la fréquence des hospitalisations est augmentée de 46% et le risque de décès est multiplié par 2,27.

En particulier, le risque d’intoxication, d’épilepsie et de mort inexpliquée (selon le certificat de décès) s’accroît avec la dose de baclofène reçue.

Le profil de sécurité du baclofène utilisé en dehors de l’indication neurologique est préoccupant, notamment lorsqu’il est reçu à fortes doses. Ces données amènent l’ANSM à engager dès à présent une révision de la RTU du baclofène dans l’alcoolo- dépendance, notamment en ce qui concerne les doses administrées. Par ailleurs, les résultats de cette étude seront pris en compte dans le cadre du dossier de demande d’autorisation de mise sur le marché du baclofène dans le traitement de l’alcoolo-dépendance qui est actuellement en cours d’évaluation à l’ANSM.

 


Sources ANSM: http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Resultats-de-l-etude-sur-les-usages-et-la-securite-du-baclofene-en-France-entre-2009-et-2015-Communique

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Avis favorable pour l’octroi d’une AMM pour 8 nouveaux médicaments en Juin 2017

Le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) s’est réuni du 19 au 22 juin 2017 à Londres. Il a rendu 8 avis favorables pour une autorisation de mise sur le marché (AMM), 9 avis favorables pour des extensions d’indication.

Avis favorable pour 8 nouvelles AMM de médicament

Le CHMP a rendu un avis favorable pour l’octroi de l’autorisation de mise sur le marché à :

  • Maviret (glecaprevir / pibrentasvir) et Vosevi (sofosbuvir / velpatasvir / voxilaprevir) dans le traitement de l’hépatite C chronique.
  • Mavenclad (cladribine) dans le traitement des formes rémittentes hautement actives de la sclérose en plaques.

Pour deux anticancéreux :

  • Kisqali (ribociclib) dans le traitement du cancer du sein localement avancé ou métastatique.
  • Fotivda (tivozanib) dans le traitement du carcinome à cellules rénales avancé.

Pour un médicament biosimilaire de la spécialité de référence Humira :

  • Imraldi (adalimumab) dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, l’arthrite idiopathique juvénile, la spondylarthrite axiale, le rhumatisme psoriasique, le psoriasis, psoriasis en plaques pédiatrique, l’hidrosadénite suppurée, la maladie de Crohn, la maladie de Crohn pédiatrique, la rectocolite hémorragique et l’uvéite.

Ainsi que pour 2 médicaments génériques :

  • Efavirenz / Emtricitabine / Tenofovir disoproxil Mylan (efavirenz / emtricitabine / tenofovir disoproxil) dans le traitement de l’infection à VIH.
  • Nitisinone MendeliKABS (nitisinone) dans le traitement de la tyrosinémie héréditaire de type 1.

Les recommandations du CHMP sont transmises à la Commission européenne qui rendra les décisions d’octroi d’AMM.

Requête pour le réexamen de trois recommandations du CHMP

Un réexamen des avis négatifs prononcés par le CHMP lors de la réunion de mai 2017 a été demandé pour les médicaments suivants :

  • Adlumiz (anamorelin hydrochloride) dans le traitement de l’anorexie, de la cachexie ou la perte de poids non intentionnelle chez les patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules.
  • L’anticorps monoclonal humain IgG1 spécifique de l’interleukine-1 alpha XBiotech dans le traitement des symptômes liés au cancer colorectal avancé.
  • Masipro (masitinib) dans le traitement de la mastocytose systémique.

Le CHMP réexaminera ces avis et rendra un avis final.

Neuf avis positifs pour une extension d’indication

Le CHMP a recommandé une extension d’indication pour :

  • Faslodex  (fulvestrant) dans le traitement du cancer du sein localement avancé ou métastatique pour les femmes ménopausées et du cancer du sein à récepteurs d’œstrogènes positifs y compris en première ligne d’hormonothérapie.
  • Harvoni (ledipasvir / sofosbuvir) dans le traitement de l’hépatite C chronique chez l’adolescent.
  • Kaletra (lopinavir / ritonavir) dans le traitement de l’infection à VIH en association avec d’autres antirétroviraux.
  • Mimpara (cinacalcet) dans le traitement de l’hyperparathyroïdie secondaire chez les enfants dialysés et pour réduire l’hypercalcémie dans les cancers parathyroïdiens de l’adulte.
  • Orencia (abatacept) en association avec le méthotrexate dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde active modérée à sévère chez les adultes qui n’ont pas de réponse adéquate à d’autres médicaments incluant un anti-TNF.
  • Soliris (eculizumab) dans les myasthénies positives aux anticorps anti-récepteurs.
  • SonoVue (sulphur hexafluoride) pour la détection des reflux urinaires de l’enfant.
  • Stivarga (regorafenib) dans le traitement du cancer hépatocellulaire après sorafenib.
  • Victoza (liraglutide) dans le traitement du diabète de type 2 en complément des mesures hygiéno-diététiques.

Retraits de demande d’autorisation sur le marché

Les demandes pour une autorisation de mise sur le marché initiale ont été retirées pour :

  • Elmisol (levamisole) dans le traitement du syndrome néphrotique.
  • Zafiride (NGR-hTNF) dans le traitement du mésothéliome pleural malin avancé.

Résultat d’examen de Symbioflor 2

  • Le CHMP a conclu que Symbioflor 2 pouvait continuer à être utilisé dans le traitement du syndrome de l’intestin irritable chez l’adulte. Toutefois ce médicament ne devrait plus être utilisé à grande échelle pour traiter les troubles gastro-intestinaux fonctionnels, un groupe de troubles avec un éventail de causes qui peuvent demander différentes méthodes de traitement.

Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Avis-favorable-pour-l-octroi-d-une-AMM-pour-8-nouveaux-medicaments-retour-sur-la-reunion-de-juin-2017-du-CHMP-Point-d-Information

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Docetaxel : levée de la recommandation d’éviter son utilisation dans le cancer du sein et renforcement de l’encadrement des pratiques

L’INCa et l’ANSM lèvent la recommandation émise à titre de précaution en février 2017, d’éviter temporairement l’utilisation de docetaxel dans les cancers du sein infiltrants non métastatiques. Cette décision est prise en concertation avec les professionnels de santé (oncologues, médecins, pharmaciens). Elle fait suite à l’ensemble des investigations menées au niveau européen, après la survenue de cas d’entérocolites d’issue fatale chez des patientes atteintes d’un cancer du sein traitées par docetaxel. Ces investigations ne montrent pas d’augmentation de la fréquence des effets indésirables graves et des décès liés à cette molécule.

L’INCa et l’ANSM rappellent que les taxanes (docetaxel et paclitaxel) ont une place importante dans la thérapeutique de certains cancers, pour lesquels il n’y parfois pas d’alternative. Comme de nombreux autres médicaments anticancéreux, ils peuvent être responsables d’effets indésirables. Afin de limiter les risques liés à leur utilisation et mieux encadrer les pratiques, l’INCa émettra en octobre 2017 un avis d’expert sur la place de ces molécules dans le traitement des cancers du sein infiltrants non métastatiques et les conduites à tenir pour la gestion de certains effets indésirables potentiellement graves. Dans l’intervalle, l’INCa et l’ANSM rappellent les mesures de gestion des risques auprès des professionnels de santé et des patients.

 Résultats des investigations

Les résultats des investigations menées par les laboratoires de contrôle de l’ANSM confirment la qualité de l’ensemble des spécialités de docetaxel commercialisées (princeps et génériques) en France. De fait, l’enquête nationale de pharmacovigilance qui a porté sur plus de 600 000 patients traités, diligentée par l’ANSM et partagée à l’occasion d’une réunion d’experts en mars 2017 , a montré que les cas d’effets indésirables graves, de type colite ou choc septique, et les décès, restent rares au cours des vingt années de commercialisation de ce médicament, de l’ordre de 1 pour 10 000 patients exposés au docetaxel.

L’analyse clinique, conduite par l’INCa à partir des fiches de pharmacovigilance qui lui ont été transmises, des 47 cas de décès survenus par entérocolite ou choc septique entre 1996 et février 2017 toutes indications confondues ne permet pas d’incriminer une spécialité particulière de docetaxel.

Ces données ont été partagées à l’Agence européenne des médicaments (EMA) afin qu’une évaluation européenne du profil de tolérance du docetaxel soit conduite. Tenant compte des données disponibles dans l’ensemble de l’Union Européenne, le Pharmacovigilance Risk Assessment Committee (PRAC), lors de sa réunion de juin  a clos le signal de pharmacovigilance émis par la France. Il conclut que l’entérocolite sur terrain neutropénique associée au docetaxel demeure un effet indésirable rare de ce médicament, justiciable d’une surveillance de routine et d’évaluations régulières afin d’en réduire la survenue. Il ajoute que l’augmentation du nombre de cas déclarés en France pourrait être liée à une hausse de la vigilance des professionnels de santé.

Une enquête nationale de pharmacovigilance portant sur le profil de sécurité de l’ensemble des taxanes (docetaxel et paclitaxel) a été présentée au comité technique du 4 juillet, en présence d’oncologues. Elle confirme le profil des effets indésirables graves de ces médicaments.

En conséquence, et après avis des professionnels de santé, l’INCa et l’ANSM ont décidé de lever la recommandation d’éviter temporairement l’utilisation du docetaxel dans les cancers du sein infiltrants non métastatiques.

Mesures de réduction des risques associés aux taxanes

Le docetaxel et le paclitaxel constituent des options thérapeutiques importantes et ont permis de réduire la mortalité dans de très nombreux cancers, pour certains desquels il n’existe pas d’alternative. Comme de nombreux autres médicaments anticancéreux, ces molécules ont des effets indésirables et leur utilisation comporte des risques. L’INCa et l’ANSM considèrent que ceux-ci doivent être pris en compte et anticipés, mais ne doivent pas priver les malades de ces médicaments efficaces.

Les effets indésirables potentiellement graves susceptibles de survenir lors d’un traitement par ces taxanes sont connus et décrits de façon détaillée dans les résumés des caractéristiques des produits (RCP) de chaque spécialité disponibles dans la Base de données publiques des médicaments . Cependant, afin de réduire les risques et renforcer l’encadrement de l’utilisation des taxanes (docetaxel et paclitaxel), l’INCa et l’ANSM sensibilisent les professionnels de santé et les patients sur les risques de neutropénie, entérocolite, neuropathies et réaction d’hypersensibilité, notamment.

L’INCa va émettre dans les prochains mois un avis d’experts sur la place de ces molécules dans le traitement des cancers du sein infiltrants non métastatiques et les conduites à tenir pour la gestion de certains effets indésirables potentiellement graves.

 


Sources ANSM: http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Docetaxel-levee-de-la-recommandation-d-eviter-son-utilisation-dans-le-cancer-du-sein-et-renforcement-de-l-encadrement-des-pratiques-Communique

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Contre-indication des médicaments à base de valproate utilisés en psychiatrie chez la femme enceinte et la femme en âge de procréer sans contraception efficace

Cette nouvelle mesure prise par l’ANSM, effective au 7 juillet 2017, vise à ne plus exposer d’enfants aux risques d’un traitement par valproate au cours de la grossesse chez des patientes présentant un trouble bipolaire. En effet, les enfants exposés in utero  au valproate présentent dans 30 à 40% des cas un risque de troubles graves du développement ou du comportement et/ou, dans plus de 10% des cas, un risque de malformations congénitales. Ainsi, une mention alertant sur cette contre-indication et un pictogramme en forme de rond barré, intégrant la silhouette d’une femme enceinte, figurent désormais sur les boîtes des médicaments concernés (Dépakote et Dépamide).

Cette procédure s’inscrit dans le programme européen de réduction du risque relatif au valproate qui vise à réduire au strict nécessaire l’utilisation de cette molécule en cas de grossesse ou de risque de grossesse. Un arbitrage est actuellement en cours à l’Europe.

Une exposition au valproate dans le traitement des troubles bipolaires

Un programme d’études pharmaco-épidémiologiques conduit par l’ANSM en partenariat avec la Cnamts a confirmé le caractère hautement tératogène du valproate . Ce programme d’études a aussi mis en évidence qu’un nombre plus important de femmes en âge de procréer est traité par cette substance dans le trouble bipolaire  que dans l’épilepsie.

Cette étude révèle également que, en cas de grossesse, la plupart des femmes traitées pour trouble bipolaire arrêtent le traitement par valproate lors du 1er  trimestre. Par ailleurs, il n’a pas été identifié de patiente traitée pour bipolarité qui tolère uniquement  un traitement par valproate.

Compte tenu de ces éléments, et après concertation auprès des psychiatres, l’ANSM a décidé que le valproate et ses dérivés ne doivent plus être utilisés pour traiter les épisodes maniaques du trouble bipolaire chez les femmes enceintes et les femmes en âge de procréer n’utilisant pas de contraception efficace. En France, seules les spécialités Dépakote et Dépamide sont autorisées dans cette indication.

Une information renforcée auprès des femmes et des professionnels de santé pour réduire les risques

En conséquence un pictogramme en forme de rond barré intégrant la silhouette d’une femme enceinte est apposé sur les boîtes de Dépakote et Dépamide pour rappeler cette contre-indication. Ce pictogramme est accompagné des mentions « Nom de spécialité (DEPAKOTE ou DEPAMIDE) + GROSSESSE = INTERDIT »  et «  Ne pas utiliser chez les femmes en âge de procréer et sans contraception efficace, ou enceintes ».

Les documents d’information destinés aux patientes et aux médecins prescripteurs, ainsi que le formulaire d’accord de soins – nécessaire pour toute délivrance de valproate – ont été actualisés en conséquence. Désormais, une version de ces documents est disponible pour les médicaments à base de valproate indiqués en psychiatrie (Dépakote et Dépamide) et une autre pour les médicaments indiqués dans la prise en charge de l’épilepsie (Dépakine, Dépakine Chrono 500, Micropakine et génériques).

Dépakote (divalproate de sodium) et Dépamide (valpromide) sont spécifiquement indiquées en deuxième intention dans les épisodes maniaques du trouble bipolaire, en cas de contre-indication ou d’intolérance au lithium. Une lettre a été adressée aux professionnels de santé pour les informer que dorénavant la prescription de Dépakote et Dépamide dans ces indications n’est autorisée chez les femmes en âge de procréer qu’à la condition de la mise en place ou de l’existence d’une contraception efficace ; un test de grossesse doit être réalisé à l’initiation puis régulièrement au cours du traitement. L’ANSM rappelle que d’autres options thérapeutiques, médicamenteuses ou non, sont disponibles dans la prise en charge des troubles bipolaires.

Cette nouvelle mesure s’inscrit dans la continuité des actions menées par l’ANSM pour renforcer la prévention et la réduction des risques associés à l’utilisation de valproate au cours de la grossesse.

L’ANSM invite toutes les femmes en âge de procréer qui sont actuellement traitées par valproate pour un trouble bipolaire à se rapprocher immédiatement de leur médecin afin qu’elles puissent étudier avec lui le report vers la meilleure option thérapeutique, médicamenteuse ou non, et que les mesures adéquates puissent être mises en place en cas de maintien du traitement.

L’ANSM invite les femmes qui seraient déjà enceintes à consulter en urgence leur médecin qui devra interrompre le traitement. Si la grossesse est poursuivie, un suivi attentif de la mère et de l’enfant à naître doit être engagé.

Documents d’information disponibles pour les femmes et les professionnels de santé

Guide d’information pour les médecins prescripteurs  :

Brochure d’information pour la patiente et/ou son représentant légal  :

Formulaire d’accord de soins  :

Carte patiente (13/02/2017)


Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Contre-indication-des-medicaments-a-base-de-valproate-utilises-en-psychiatrie-chez-la-femme-enceinte-et-la-femme-en-age-de-procreer-sans-contraception-efficace-Communique 

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Médicaments à base de codéine, dextrométhorphane, éthylmorphine ou noscapine: uniquement sur ordonnance maintenant

Suite à la décision de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, d’inscrire tous les médicaments contenant de la codéine, du dextrométhorphane, de l’éthylmorphine ou de la noscapine sur la liste des médicaments disponibles sur ordonnance, l’ANSM publie ci-dessous la liste des médicaments concernés.

Par arrêté en date du 12 juillet , les conditions d’exonération à la réglementation des substances vénéneuses relatives aux médicaments contenant de la codéine, de l’éthylmorphine, du dextrométhorphane ou de la noscapine, sont supprimées.

Par conséquent, les conditions de prescription et de délivrance des médicaments concernés sont désormais les suivantes au regard de la réglementation des substances vénéneuses :

  • pour les médicaments à base de codéine ou d’éthylmorphine sous forme de sirop: liste II
  • pour les médicaments à base de codéine ou d’éthylmorphine sous une forme pharmaceutique autre que sirop: liste I
  • pour les médicaments à base de dextrométhorphane ou de noscapine quelle que soit leur forme pharmaceutique: liste I

La vente de ces médicaments sur les sites internet des pharmacies n’est plus possible.

Cette mesure fait suite à l’identification de nombreux cas d’abus et d’usage détournés de ces médicaments en particulier chez des adolescents et de jeunes adultes

Lire aussi: Communiqué du Ministère

Les médicaments suivants, auparavant en prescription médicale facultative, nécessitent à présent une ordonnance (liste indicative au 30 juin 2017)

Dans la toux
ATUXANE, sirop

BIOCADEXTRO 1 mg/ml ENFANTS SANS SUCRE, sirop édulcoré à la saccharine sodique et au maltitol

CLARIX TOUX SECHE CODETHYLINE 0,1 % SANS SUCRE, solution buvable

CLARIX TOUX SECHE DEXTROMETHORPHANE 15 mg/5 ml ADULTES SANS SUCRE, solution buvable en sachet édulcorée à la saccharine sodique

CLARIX TOUX SECHE DEXTROMETHORPHANE MEPYRAMINE ADULTES, sirop

CODEDRILL SANS SUCRE 0,1 POUR CENT, solution buvable édulcorée à la saccharine

DEXTROCIDINE 0,3 %, sirop

DEXTROMETHORPHANE ELERTE 1,5 mg/ml, sirop

DEXTUSSIL 0,2 %, sirop

DINACODE ADULTES, sirop

DRILL TOUX SECHE DEXTROMETHORPHANE ADULTES 15 mg/5 ml SANS SUCRE, sirop édulcoré au maltitol liquide

DRILL TOUX SECHE DEXTROMETHORPHANE ENFANTS 5 mg/5 ml SANS SUCRE, sirop édulcoré au maltitol liquide

ERGIX 20 mg TOUX SECHE, gélule

ERGIX ADULTES TOUX SECHE, sirop

EUCALYPTINE LE BRUN, sirop

EUPHON, sirop

EUPHONYLL TOUX SECHE DEXTROMETORPHANE 15 mg/5 ml ADULTES SANS SUCRE, sirop édulcoré à la saccharine sodique et au sorbitol

FLUIMUCIL TOUX SECHE DEXTROMETHORPHANE 15 mg/5 ml ADULTES SANS SUCRE, solution buvable en sachet édulcorée à la saccharine sodique

FLUIMUCIL TOUX SECHE DEXTROMETHORPHANE 2 mg/ml ADULTES SANS SUCRE, sirop édulcoré à la saccharine sodique et au maltilol liquide

HUMEX ADULTES TOUX SECHE DEXTROMETHORPHANE SANS SUCRE 15 mg/5 ml, solution buvable en sachet édulcorée à la saccharine sodique

HUMEX ADULTES TOUX SECHE DEXTROMETHORPHANE, sirop

HUMEX ENFANTS TOUX SECHE DEXTROMETHORPHANE, sirop

NEO-CODION, comprimé enrobé

NEO-CODION ADULTES, sirop

NEO-CODION ENFANTS, sirop

NODEX ADULTES, sirop en récipient unidose

PADERYL 19,5 mg, comprimé enrobe

PADERYL 0,1 POUR CENT, sirop

POLERY ADULTES, sirop

POLERY ADULTES SANS SUCRE, sirop édulcoré à la saccharine sodique et au cyclamate de sodium

PULMODEXANE 300 mg/100 ml SANS SUCRE, solution buvable édulcorée au maltitol liquide et à la saccharine sodique

PULMODEXANE 30 mg, comprimé pelliculé

PULMOSERUM, solution buvable

SIROP PETER’S 0,049 POUR CENT, sirop

THIOPECTOL ADULTES, sirop

TUSSIDANE 30 mg, comprimé pelliculé sécable

TUSSIDANE 1,5 mg/ml, sirop

TUSSIDANE 1,5 mg/ml SANS SUCRE, solution buvable édulcorée au maltitol liquide et à la saccharine sodique

TUSSISEDAL, sirop

TUSSIPAX, comprimé pelliculé

TUSSIPAX, sirop

VICKS TOUX SECHE DEXTROMETHORPHANE 7,33 mg ADULTES MIEL, pastille

VICKS 0,133 % ADULTES TOUX SECHE MIEL, sirop

VEGETOSERUM ADULTES, sirop

Dans la douleur (et fièvre)
ALGISEDAL, comprimé

ALGICALM, 400 mg/25 mg, comprimé

CLARADOL CODEINE 500 mg/20 mg, comprimé

CODOLIPRANE ADULTES 400 mg/20 mg, comprimé sécable

COMPRALGYL 400 mg/20 mg, comprimé sécable

GAOSEDAL CODEINE, comprimé

KLIPAL CODEINE 300 mg/25 mg, comprimé

LINDILANE 400 mg/25 mg, comprimé

MIGRALGINE, gélule

NOVACETOL (ASPIRINE PARACETAMOL), comprimé

PARACETAMOL CODEINE ARROW 400 mg/20 mg, comprimé sécable

PRONTALGINE, comprimé

SEDASPIR, comprimé

 

Les médicaments suivants contenant de la codéine, indiqués dans la douleur, nécessitent déjà une ordonnance (liste indicative au 30 juin 2017)

Dans la douleur (et fièvre)
ANTARENE CODEINE 200 mg/30 mg, comprimé pelliculé

ANTARENE CODEINE 400 mg/60 mg, comprimé pelliculé

CODOLIPRANE 500 mg/30 mg, comprimé

CODOLIPRANE 500 mg/30 mg, comprimé effervescent sécable

DAFALGAN CODEINE, comprimé pelliculé

DAFALGAN CODEINE, comprimé effervescent sécable

DOLIPRANE CODEINE 400 mg/20 mg, comprimé sécable

KLIPAL CODEINE 600 mg/50 mg, comprimé

PARACETAMOL CODEINE ARROW 500 mg/30 mg, comprimé effervescent sécable

PARACETAMOL CODEINE BIOGARAN 500 mg/30 mg, comprimé effervescent sécable

PARACETAMOL CODEINE CRISTERS 500 mg/30 mg, comprimé effervescent sécable

PARACETAMOL CODEINE EG 500 mg/30 mg, comprimé effervescent sécable

PARACETAMOL CODEINE MYLAN 500 mg/30 mg, comprimé effervescent sécable

PARACETAMOL CODEINE SANDOZ 500 mg/30 mg, comprimé effervescent sécable

Dans la toux
Aucune spécialité concernée

 


Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/L-ANSM-publie-la-liste-des-medicaments-contenant-de-la-codeine-du-dextromethorphane-de-l-ethylmorphine-ou-de-la-noscapine-desormais-disponibles-uniquement-sur-ordonnance-Point-d-Information

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Kétamine : risque d’atteintes hépatiques graves lors d’utilisations prolongées et/ou à doses élevées

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a été informée récemment de la survenue de cas d’atteintes hépatiques graves susceptibles d’être liées à l’utilisation répétée et/ou prolongée de kétamine à doses élevées.

Dix cas d’atteintes hépatiques graves, survenus depuis 2014, dont quatre ayant conduit à une transplantation hépatique, ont été déclarés par des professionnels de santé. Il s’agit d’atteintes cholestatiques de type cholangite, susceptibles d’être liées à l’administration de kétamine de façon répétée et/ou prolongée (entre 1 mois et 5 mois de traitement continu) et à des posologies élevées, dans la prise en charge de douleurs rebelles (dépassant 100 mg/j en continu sur plusieurs jours) et lors de la réalisation de soins douloureux (200 à 400 mg/h en 3 à 6 heures) chez des grands brûlés.

Pour rappel, la kétamine est indiquée comme agent anesthésique, seule ou en association avec d’autres anesthésiques. Son usage dans la prise en charge des douleurs rebelles et lors de la réalisation de soins douloureux a fait l’objet, en 2010, de recommandations de bonne pratique publiées par l’Afssaps (ex ANSM), en lien avec les professionnels de santé (accord professionnel). Il est indispensable de respecter les posologies préconisées et de surveiller le bilan hépatique de façon rapprochée lors de telles utilisations.


Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Ketamine-risque-d-atteintes-hepatiques-graves-lors-d-utilisations-prolongees-et-ou-a-doses-elevees-Point-d-Information

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Solutés à base de glucose : attention au risque d’hyponatrémie

Les perfusions de solutés glucosés, quelle que soit leur concentration, et principalement le G5 du fait de son utilisation fréquente et parfois en quantité excessive, exposent à un risque d’hyponatrémie potentiellement grave voire fatale, en particulier chez l’enfant.

Rappel: Il existe un tableau pour rechercher l’étiologie dans la section diagnostics !

Les solutés glucosés, notamment les solutés de G5, ne doivent pas être utilisés à des fins de substitution liquidienne sans apport approprié en électrolytes. En effet, en cas de perfusion prolongée  et/ou abondante,  l’apport liquidien (qui correspond à un apport en eau pure, en raison de la métabolisation rapide du glucose dans l’organisme) expose au risque de dilution des électrolytes sanguins, notamment du sodium.

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) souhaite donc alerter les professionnels de santé sur le risque de survenue d’une hyponatrémie grave en cas d’administration de solutés glucosés chez les populations à risque, et en particulier chez l’enfant. Une hyponatrémie aiguë peut être à l’origine d’une atteinte cérébrale (encéphalopathie) qui peut provoquer des complications neurologiques irréversibles voire fatales.

Avant toute prescription de soluté glucosé, il est important de respecter les mises en garde concernant :

  • les risques d’hyponatrémie potentiellement fatale, d’hyperglycémie ou d’hypokaliémie,
  • la population pédiatrique,
  • la population gériatrique, susceptible de présenter des atteintes cardiaque, rénale ou hépatique,
  • le mode d’administration, notamment au regard de la vitesse et du volume de perfusion,
  • le risque d’extravasation (contrôle du cathéter),
  • le risque de syndrome de renutrition chez les patients sévèrement dénutris.

Les solutés entraînant une hypotonicité physiologique font actuellement l’objet de discussions au niveau européen, qui pourront aboutir à une actualisation des documents d’information (RCP, notice et étiquetage).

 


Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Solutes-a-base-de-glucose-risque-d-hyponatremie-Point-d-Information

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Haldol 2 mg/mL, solution buvable (halopéridol): deux dosages attention dans les prescriptions

Depuis le 1er juin 2017, une nouvelle présentation d’Haldol 2 mg/mL solution buvable est mise à disposition des hôpitaux sous forme de flacons de 100 mL avec une seringue doseuse pour administration orale graduée en mg.

La présentation d’Haldol 2 mg/mL en flacon compte-goutte de 30mL est toujours disponible sans changement (en établissement de santé et en officine). L’ANSM invite donc les professionnels de santé à bien vérifier que la prescription est réalisée dans l’unité du dispositif utilisé afin d’éviter tout risque d’erreur médicamenteuse lors de la prise de ce médicament.

La mise à disposition, depuis le 1er  juin, pour les prescriptions hospitalières d’une nouvelle présentation d’Haldol 2 mg/mL en flacon de 100 mL avec seringue doseuse pour administration orale graduée en mg, implique une prescription en mg.

Pour les très faibles posologies, de 0,10 à 0,40 mg (1 à 4 gouttes), et/ou lorsque les patients sortant de l’hôpital vont aller s’approvisionner dans leur pharmacie d’officine, le flacon compte-gouttes de 30mL reste disponible sans changement.

Les médecins prescripteurs, les pharmaciens hospitaliers et les pharmaciens d’officine ont été informés de ce changement de présentation hospitalière, de la nécessité d’adapter les prescriptions et d’informer le patient de la correspondance entre gouttes et milligrammes.

La correspondance entre les milligrammes et les gouttes devra être clairement précisée sur la prescription afin d’éviter tout risque d’erreur de dosage. Les logiciels de prescription devront être mis à jour en conséquence.

Rappel de la correspondance milligrammes-gouttes
Tableau d’équivalence pour HALDOL®  2 mg/mL, solution buvable

Nombre de gouttes mg d’halopéridol
1 goutte 0,10 mg
2 gouttes 0,20 mg
3 gouttes 0,30 mg
4 gouttes 0,40 mg
5 gouttes 0,50 mg
10 gouttes 1 mg
20 gouttes 2 mg

De plus, des mesures spécifiques visant à prévenir le risque d’erreur de dosage ont été mises en place : document de rappel des équivalences mg/gouttes pour Haldol 2mg/mL diffusé aux médecins, pharmaciens et infirmiers des établissements de santé, des modifications de l’étiquetage du flacon et de l’étui pour le format 30 mL sont également prévues.


Sources ANSM: http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Haldol-2-mg-mL-solution-buvable-haloperidol-l-ANSM-appelle-a-la-plus-grande-vigilance-en-raison-de-la-coexistence-de-deux-presentations-avec-des-dispositifs-d-administration-ayant-des-unites-de-mesure-differentes-gouttes-ou-milligrammes-Point-d-information

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Risque tératogène de Soriatane (acitrétine) : persistance de grossesses en cours de traitement ou dans les mois suivant son arrêt

Une étude d’impact, réalisée par la Cnamts en lien avec l’ANSM, montre que parmi les femmes en âge de procréer, les tests de grossesse réalisés à l’initiation du traitement par Soriatane ont augmenté mais restent insuffisamment effectués. De plus, des grossesses surviennent toujours en cours de traitement ou dans les mois suivant son arrêt, malgré le risque tératogène bien connu de ce médicament.

L’ANSM rappelle donc aux professionnels de santé la nécessité du strict respect des conditions de prescription et délivrance de Soriatane et par ailleurs souligne que celui-ci ne doit être prescrit que quand le traitement est indispensable et sans alternative possible.

Rappel de contexte 

L’acitrétine (Soriatane) est un rétinoïde (dérivé de la vitamine A) indiqué dans les formes sévères de psoriasis en monothérapie ou en association à la puvathérapie, les dermatoses liées à des troubles sévères de la kératinisation et les formes sévères de lichen plan en cas d’échec des thérapeutiques habituelles.

Comme tous les rétinoïdes de synthèse, l’acitrétine est un puissant tératogène[1] , et fait l’objet depuis 2012 d’un Programme de Prévention de la Grossesse, qui comprend des mesures contraignantes pour les professionnels de santé et les patientes.

Une première étude publiée en 2014 par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avait montré la survenue de 470 grossesses parmi les femmes ayant initié un traitement par Soriatane entre 2007 et 2013 et un respect très insuffisant de la réalisation des tests de grossesses avant la première prescription de Soriatane, ainsi que tout au long du traitement. A la suite de cette étude, les conditions de prescription et délivrance de l’acitrétine avaient été renforcées en février 2014, limitant l’instauration du traitement aux seuls dermatologues et imposant qu’une prescription soit effectuée chaque année par ces spécialistes. Cette mesure avait été mise en place afin que l’ensemble des médecins susceptibles d’initier le traitement reçoivent systématiquement un exemplaire des documents de réduction des risques (guides médecin, fiches patiente et patient).

Afin d’étudier la mise en application de ces mesures renforcées de réduction des risques, une étude d’impact a été menée à partir des données de remboursement de l’Assurance Maladie.

Résultats de l’étude d’impact

Une cohorte de 10 402 femmes âgées de 15 à 49 ans, débutant un traitement par Soriatane entre janvier 2007 et décembre 2015, a été évaluée à partir des bases de données du SNIIRAM[2]  et du PMSI[3] . Les résultats montrent que :

  • le taux de réalisation d’un test de grossesse à l’initiation du traitement est passé de 14% en 2007 à 37% en 2015 (test réalisé entre 10 jours avant la délivrance et le jour de la délivrance) ;
  • 20% des initiations de traitement par Soriatane ont encore été effectuées par un médecin généraliste en 2015, et ce malgré l‘instauration de la prescription initiale réservée aux dermatologues (cf. point d’information du 26 février 2014) ;
  • la réalisation d’un test de grossesse à l’initiation du traitement est plus fréquente quand le prescripteur est un dermatologue (53% en 2015) qu’un généraliste (12%) ;
  • pendant la période d’étude, 694 grossesses ont été observées parmi lesquelles 109 commencées en 2014 ou 2015, soit après la mise en œuvre des nouvelles mesures.

Prenant en compte qu’il n’est pas acceptable qu’actuellement une femme exposée au Soriatane débute une grossesse au regard des risques encourus (risque tératogène estimé à environ 25%), l’ANSM rappelle que les mesures suivantes de prévention doivent être impérativement respectées.

Rappel de la conduite à tenir dans le cadre d’une prescription de Soriatane chez les femmes en âge de procréer
  • Prescription initiale réservée aux dermatologues (peut être renouvelée par tout médecin dans l’année qui suit la prescription du dermatologue) ;
  • Réalisation d’un test plasmatique de grossesse dans les 3 jours qui précèdent chaque prescription mensuelle, puis dans les 2 mois après l’arrêt du traitement et régulièrement au cours des 3 ans qui suivent cet arrêt ;
  • Délivrance de Soriatane dans la semaine qui suit la prescription ;
  • Absence de toute délivrance par le pharmacien si le résultat négatif du test de grossesse plasmatique n’est pas mentionné dans le carnet-patiente ;
  • Présentation impérative du carnet-patiente au médecin à chaque consultation et au pharmacien lors de la délivrance du médicament ;
  • Interdiction de consommer de l’alcool pendant le traitement et les 2 mois suivant son arrêt.

D’autre part, l’ANSM souhaite informer les professionnels de santé de l’extension de la nécessité de contraception jusqu’à 3 ans après l’arrêt d’un traitement par Soriatane , période initialement fixée à 2 ans. Cette décision de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a été prise au regard du risque d’accumulation dans les graisses, et donc de relargage, d’un métabolite tératogène du Soriatane, dont la formation est favorisée par la prise d’alcool.

De la même manière, afin de sécuriser le risque tératogène, les patients (hommes et femmes) traités par Soriatane ne doivent pas donner leur sang pendant le traitement et au cours des 3 ans suivant l’arrêt du traitement.

Ces informations doivent être prises en compte lors de la décision thérapeutique alors qu’il existe, tant pour le psoriasis que pour le lichen plan, des alternatives efficaces n’ayant pas les mêmes contraintes vis-à-vis de la survenue de grossesse chez les femmes en âge en procréer.

L’ensemble des spécialités de la classe des rétinoïdes (toutes indications confondues) faisant actuellement l’objet d’une procédure d’arbitrage par l’EMA, il est possible que les mesures de réduction des risques de cette classe thérapeutique soient prochainement renforcées.

[1] Médicament susceptible de provoquer des malformations chez les enfants à naître exposés in utero
[2] Système national d’information inter-régimes de l’assurance maladie (données de remboursement)
[3] Programme de médicalisation des systèmes d’information (données d’hospitalisation)






Sources ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Etude-d-impact-des-mesures-de-reduction-du-risque-teratogene-de-Soriatane-acitretine-persistance-de-grossesses-en-cours-de-traitement-ou-dans-les-mois-suivant-son-arret-Point-d-information

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Chlorure de potassium intraveineux IV: protocole de l’ANSM

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a été destinataire de signalements d’erreurs médicamenteuses liées notamment à l’administration par voie intraveineuse directe, sans dilution, des ampoules concentrées de chlorure de potassium (KCl). Ces erreurs ont pu avoir des conséquences graves, voire fatales, pour les patients.L’ANSM rappelle que le KCl en solution hypertonique doit être administré par perfusion intraveineuse (IV) lente, uniquement après dilution.

Le chlorure de potassium (KCl) est indiqué dans le traitement des hypokaliémies (diminution du taux de potassium dans le sang), la correction des troubles hydro-électrolytiques et l’apport de potassium dans le cadre d’une nutrition parentérale.

Malgré la mise en œuvre de mesures correctives (modification de l’étiquetage, des informations présentes dans le résumé des caractéristiques des produits et la notice, diffusion d’affiche, …), l’ANSM a encore connaissance de cas d’erreurs médicamenteuses, notamment en lien avec la technique de préparation et avec l’administration (injection par voie IV directe, défaut de dilution ou de débit d’administration).
Aussi, l’ANSM met à disposition des établissements de santé une affichette dans laquelle elle rappelle les recommandations suivantes :

Pour les médecins : des règles de prescription à respecter

  • Privilégier la voie orale en cas d’hypokaliémie légère à modérée
  • Prescrire de préférence les poches pré-diluées
  • Toujours indiquer sur la prescription  :
    • la posologie en quantité : en g de KCl à perfuser pour les adultes et en mmol par kg et par jour pour les enfants : 1 g de KCl = 13,4 mmol de potassium (K+)
    • le volume total de diluant  (NaCl 0,9% ou glucose 5%)
    • perfusion IV
    • le débit de perfusion  : la vitesse de perfusion (IV lente) ne doit pas dépasser 1g/heure de KCl.
    • Etre particulièrement attentifs aux patients en restriction hydrique, à la population pédiatrique et aux patients en réanimation, pour lesquels ces recommandations doivent être adaptées
    • Vérifier l’apport total en KCl et les interactions avec les médicaments hyperkaliémiants

Pour les personnels soignants : solutions à diluer, en perfusion lente

  • Lire toutes les mentions de l’étiquetage
  • Préparer sans interruption de tâche et si possible avoir un double contrôle de la préparation
  • Toujours diluer les solutions hypertoniques (concentration maximale de 4g/L de KCl soit 53,6 mmol/L de potassium  chez l’adulte) ou utiliser une poche pré-diluée
  • Etiqueter la préparation avec la mention de la dose et du volume total
  • Perfuser lentement en IV en contrôlant la vitesse (ne jamais dépasser 1g/heure de KCl soit 13,4 mmol/heure de potassium chez l’adulte)
  • Surveiller les paramètres cliniques et biologiques lors de la perfusion
  • Ne pas administrer en IV directe et ne jamais administrer par voies sous cutanée ou intramusculaire

Pour les pharmaciens : stockage dédié

  • Privilégier la mise à disposition de solutions pré-diluées
  • Restreindre autant que possible le stockage des solutions concentrées de KCl dans les services de soins et prévoir l’organisation et la procédure pour la réponse aux besoins en cas d’urgence
  • Identifier le lieu de rangement par un étiquetage d’alerte et ranger à distance des autres électrolytes
Quantité de chlorure de potassium (KCl) Quantité de potassium (K+ ) Volume minimal après dilution dans NaCl 0.9% ou G5% Durée minimale de perfusion
1 g 13.4 mmol 250 mL 1 h
2 g 26.8 mmol 500 mL 2 h
3 g 40.2 mmol 1000 mL 3 h
4 g 53.6 mmol 1000 mL 4 h

L’ANSM rappelle que “les erreurs lors de l’administration du chlorure de potassium injectable” font partie de la liste des 12 “évènements qui ne devraient jamais arriver / Never Events”[1] et doivent s’inscrire dans les priorités de prévention des établissements de santé.

Télécharger (PDF, 56KB)


Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Chlorure-de-potassium-par-voie-intraveineuse-et-erreurs-medicamenteuses-rappel-des-regles-de-bon-usage-Point-d-Information

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AMM pour 11 nouveaux médicaments en Mai 2017

Le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) s’est réuni du 15 au 18 mai 2017 à Londres. Il a rendu 11 avis favorables pour une autorisation de mise sur le marché (AMM), 3 avis défavorables et 6 avis favorables pour des extensions d’indication. Le CHMP a par ailleurs recommandé la modification du RCP de la vancomycine orale.

Avis favorable pour 11 nouvelles AMM de médicaments

Le CHMP a rendu un avis favorable pour l’octroi de l’autorisation de mise sur le marché à :

  • Spherox  (chondrocytes humains autologues associés à une matrice) dans le traitement chez l’adulte des lésions cartilagineuses articulaires symptomatiques du genou dont la surface n’est pas supérieure à 10 cm2 .
  • Oxervate  (cénégermine) dans le traitement de la kératite neutropénique modérée à sévère. Oxervate a une désignation de médicament orphelin[1] .
  • Reagila  (cariprazine) dans le traitement de la schizophrénie.
  • Kyntheum  (brodalumab) dans le traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère.
  • Trimbow  (dipropionate de béclométasone / fumarate de formotérol dihydrate / glycopyrronium) dans la bronchopneumopathie chronique obstructive modérée à sévère.
  • Veltassa  (patiromer) dans le traitement de l’hyperkaliémie.

Pour 4 médicaments biosimilaires :

  • Insuline lispro Sanofi  (insuline lispro) dans le traitement du diabète mellitus.
  • Blitzima  (rituximab) et Tuxella  (rituximab) dans le traitement du lymphome non hodgkinien, de la leucémie lymphoïde chronique, de la granulomatose avec polyangéite et polyangéite microscopique.
  • Ritemvia  (rituximab) dans le traitement du lymphome non hodgkinien, de la granulomatose avec polyangéite et polyangéite microscopique.

Ainsi que pour le médicament générique :

  • Efavirenz/Emtricitabine/Tenofovir disoproxil Zentiva (efavirenz/emtricitabine/tenofovir disoproxil) dans le traitement de l’infection à VIH.

Les recommandations du CHMP sont transmises à la Commission européenne qui rendra les décisions d’octroi d’AMM.

Six avis positifs pour une extension d’indication

Le CHMP a recommandé une extension d’indication pour :

  • Izba  (travoprost) dans le traitement de l’hypertension oculaire ou le glaucome pédiatrique chez l’enfant de 3 à 18 ans.
  • Komboglyze  (saxagliptine/hydrochloride de metformine) dans le diabète type 2 de l’adulte en association avec les autres traitements du diabète chez les patients insuffisamment contrôlés.
  • Onglyza  (saxagliptine) dans le diabète type 2 de l’adulte : en monothérapie quand la metformine n’est pas appropriée ou en combinaison avec d’autres traitements du diabète chez les patients dont la glycémie est insuffisamment contrôlée.
  • Renvela  (carbonate de sevelamer) dans le contrôle de l’hyperphosphatémie chez les patients à partir de 6 ans et ayant une surface corporelle supérieure à 0,75 m2 atteints d’insuffisance rénale chronique.
  • Sevelamer carbonate Zentiva  (carbonate de sevelamer) dans le contrôle de l’hyperphosphatémie chez les patients à partir de 6 ans et ayant une surface corporelle supérieure à 0,75 m2 atteints d’insuffisance rénale chronique.
  • Zykadia  (ceritinib) en monothérapie dans le traitement en première ligne du cancer du poumon non à petites cellules ALK+.

Trois dossiers ont reçu un avis négatif du CHMP

  • Adlumiz  (hydrochloride d’anamoréline) pour lequel une AMM était sollicitée dans le traitement de l’anorexie, de la cachexie et de la perte de poids non intentionnelle chez les patients souffrant d’un cancer du poumon non à petites cellules.
  • L’anticorps monoclonal humain IgG1 spécifique de l’interleukine A alpha XBiotech  pour lequel une AMM était sollicitée pour le traitement des symptômes liés au cancer colorectal avancé.
  • Masipro  (masitinib) pour lequel une AMM était sollicitée dans le traitement de la mastocytose systémique.

Le CHMP recommande la modification du RCP de la vancomycine orale

Le CHMP a recommandé de modifier le Résumé des caractéristiques produit (RCP) des médicaments à base de l’antibiotique vancomycine orale afin d’en limiter l’utilisation au traitement des infections causées par la bactérie Gram positif Clostridium difficile .

Lire aussi

[1]  Le maintien du statut de médicament orphelin sera à confirmer lors du prochain Comité des médicaments orphelins (COMP)


Sources ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Avis-favorable-pour-l-octroi-d-une-AMM-pour-11-nouveaux-medicaments-retour-sur-la-reunion-de-mai-2017-du-CHMP

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Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel ou burnout

Cette fiche mémo porte sur la définition du syndrome d’épuisement professionnel, son repérage, sa prise en charge et l’accompagnement des patients lors de leur retour au travail. Les cibles professionnelles de ces recommandations sont prioritairement les médecins généralistes et les médecins des services de santé au travail. La population cible concerne tout travailleur quel que soit son statut. Ces recommandations se limitent au volet clinique du thème : l’action sur le milieu et l’organisation du travail est exclue du champ de ces recommandations. Elle est néanmoins indispensable dans une démarche de prévention du burnout. Les médecins généralistes et médecins du travail sont invités à faire le lien entre le diagnostic individuel et les facteurs de risque inhérents aux situations de travail.

 

Contexte

L’évolution des conditions et des organisations de travail est associée à une prévalence croissante des facteurs de risque psychosociaux susceptibles de porter atteinte à la santé à la fois physique et mentale. Le syndrome d’épuisement professionnel n’est pas considéré comme une maladie dans les classifications de référence (CIM-10 et DSM-5). Il se rapproche d’autres situations non spécifiques telles que par exemple la souffrance au travail ou les effets du stress lié au travail1 . Après les affections de l’appareil locomoteur, la souffrance psychique causée ou aggravée par le travail est le 2e groupe d’affections d’origine professionnelle décrit dans la population salariée active française.

1. Khireddine I et al. La souffrance psychique en lien avec le travail chez les salariés actifs en France entre 2007 et 2012, à partir du programme MCP. Bull Epidémiol Hebdo 2015;(23):431-8.

 

Définition

Le syndrome d’épuisement professionnel, équivalent en français du terme anglais burnout, se traduit par un « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel »2 . Les travaux de Christina Maslach ont permis de concevoir le syndrome d’épuisement professionnel comme un processus de dégradation du rapport subjectif au travail à travers trois dimensions : l’épuisement émotionnel, le cynisme vis-à-vis du travail ou dépersonnalisation (déshumanisation, indifférence), la diminution de l’accomplissement personnel au travail ou réduction de l’efficacité professionnelle.

2. Schaufeli WB and Greenglass ER. Introduction to special issue on burnout and health. Psychol Health 2001;16(5):501-10.

 

Manifestations cliniques et démarche diagnostique

Le burnout est un ensemble syndromique qui nécessite une démarche diagnostique. Celle-ci vise à caractériser la sévérité du trouble, son type diagnostique et ses liens avec les conditions de travail. Le syndrome d’épuisement professionnel n’est pas une maladie caractérisée.

Ce syndrome peut se traduire par des manifestations plus ou moins importantes, d’installation progressive et souvent insidieuse, en rupture avec l’état antérieur, notamment (liste non exhaustive) :

  • émotionnelles : anxiété, tensions musculaires diffuses, tristesse de l’humeur ou manque d’entrain, irritabilité, hypersensibilité, absence d’émotion ; ´ cognitives : troubles de la mémoire, de l’attention, de la concentration, des fonctions exécutives ;
  • comportementales ou interpersonnelles : repli sur soi, isolement social, comportement agressif, parfois violent, diminution de l’empathie, ressentiment et hostilité à l’égard des collaborateurs ; comportements addictifs ;
  • motivationnelles ou liées à l’attitude : désengagement progressif, baisse de motivation et du moral, effritement des valeurs associées au travail ; doutes sur ses propres compétences (remise en cause professionnelle, dévalorisation) ;
  • physiques non spécifiques : asthénie, troubles du sommeil, troubles musculo-squelettiques (type lombalgies, cervicalgies, etc.), crampes, céphalées, vertiges, anorexie, troubles gastro-intestinaux.

La démarche diagnostique permet de caractériser le syndrome en repérant des pathologies sous-jacentes éventuelles telles que, notamment, un trouble de l’adaptation, un trouble anxieux, un trouble dépressif ou un état de stress post-traumatique. Le risque suicidaire3 doit être particulièrement évalué. Cette démarche implique une recherche des facteurs de risque.

Un bilan somatique doit rechercher une pathologie organique associée qui aurait pu se manifester par certains des symptômes cités précédemment.

L’analyse des conditions de travail est faite prioritairement avec le médecin du travail, ou le centre de consultation de pathologie professionnelle4.

3. Haute Autorité de Santé. La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge. Recommandations de bonne pratique. Saint-Denis La Plaine; 2000.

4. Pour les personnes ne disposant pas de médecin du travail.

 

Facteurs de risque

La recherche des facteurs de risque commence par l’analyse des conditions de travail. Cette analyse repose sur une démarche structurée, coordonnée par le médecin du travail avec l’appui de l’équipe pluridisciplinaire (ergonome, psychologue du travail, etc.). Elle peut s’appuyer sur les six catégories de facteurs de risque psychosociaux suivantes tirées du rapport Gollac5 :

  • intensité et organisation du travail (surcharge de travail, imprécision des missions, objectifs irréalistes, etc.) ;
  • exigences émotionnelles importantes avec confrontation à la souffrance, à la mort, dissonance émotionnelle ;
  • autonomie et marge de manœuvre ;
  • relations dans le travail (conflits interpersonnels, manque de soutien du collectif de travail, management délétère, etc.) ;
  • conflits de valeurs ;
  • insécurité de l’emploi.

L’existence de ressources dans le travail est protectrice (soutien social, stabilité du statut, collectif de travail vivant, moyens techniques, matériels et humains suffisants).

L’analyse doit également porter sur les antécédents personnels et familiaux, les événements de vie, la qualité du support social et le rapport au travail. Le risque de développer un syndrome d’épuisement professionnel peut être associé à des antécédents dépressifs, à certains traits de personnalité pouvant limiter les capacités d’adaptation (coping).

Ces facteurs individuels ne peuvent servir qu’à préconiser une prévention renforcée, et ne sauraient bien sûr en aucun cas constituer un élément de sélection des travailleurs, ni exonérer la responsabilité des facteurs de risque présents dans l’environnement de travail.

 

Particularités des soignants

Population à risque historiquement identifiée et objet de nombreuses études récentes montrant une morbidité particulièrement élevée, les professionnels de santé en activité ou en formation sont exposés au risque d’épuisement professionnel, étant donné la pénibilité de leur travail que ce soit pour des causes intrinsèques liées à la nature même de l’activité médicale (confrontation avec la souffrance et la mort, prises en charge impliquant l’entrée dans l’intimité des patients, etc.) ou des causes extrinsèques (charge et organisation du travail, etc.).

Différents facteurs rendent les professionnels de santé vulnérables : demande de performance, image du soignant infaillible, valeurs d’engagement et d’abnégation, injonctions contradictoires, dispositifs de soin complexes et évolutifs, tensions démographiques, insécurité, etc.

D’autre part, il est important de souligner que les conséquences sur les professionnels de santé ont des répercussions non seulement humaines, mais aussi sur l’organisation et la qualité des soins.

Les soignants nécessitent une prise en charge spécifique via un réseau de soin adapté. Au même titre que les autres groupes professionnels, celle-ci implique le respect de la confidentialité et une réactivité adaptée, d’autant que la demande d’aide peut être retardée. Un soutien social est indispensable. Les professionnels de santé salariés bénéficient d’un suivi au sein de leur service de santé au travail comme tout autre travailleur salarié.

5. Collège d’expertise sur le suivi des risques psychosociaux au travail, Gollac M. Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maîtriser. Rapport du collège d’expertise sur le suivi des RPS au travail réuni à la demande du ministre du Travail et des Affaires sociales. Paris; 2011.

 

Repérage

Ce repérage peut être réalisé par le médecin traitant, le médecin du travail et l’équipe de santé au travail. Dans l’intérêt du patient et avec son accord, il est indispensable qu’un échange ait lieu entre le médecin du travail et le médecin traitant.

  • Le repérage individuel s’appuie sur un faisceau d’arguments incluant une analyse systémique : des manifestations cliniques, des conditions de travail et, en complément, d’éventuels facteurs de susceptibilité individuelle. Le déni du travailleur peut entraîner un retard de prise en charge.

Il est rappelé que tout travailleur peut solliciter une visite auprès du médecin du travail à tout moment, y compris pendant l’arrêt de travail, et sans en informer son employeur si la visite a lieu en dehors des heures de travail.

Le Maslach Burnout Inventory (MBI) ou le Copenhagen Burnout Inventory (CBI), comme d’autres questionnaires6 , permettent d’évaluer le syndrome d’épuisement professionnel, mais ils n’ont pas été construits comme des instruments d’évaluation individuelle. Ils peuvent être éventuellement utilisés comme outil pour guider un entretien avec le patient.

Ces explorations sont à réaliser en complément de la recherche des facteurs professionnels, des données de vécu du travail et de santé collectées par ailleurs, des signes cliniques observés et entendus, notamment par le médecin du travail et/ou l’équipe pluridisciplinaire de santé au travail.

  • Le repérage collectif est réalisé par l’équipe de santé au travail coordonnée par le médecin du travail sur un ensemble de signaux liés au fonctionnement de la structure (absentéisme ou présentéisme, turn-over fréquent, mouvements du personnel, qualité de l’activité et des relations sociales) ou à la santé et à la sécurité des travailleurs (accidents du travail, maladies professionnelles, visites médicales spontanées, inaptitudes).

6. Par exemple le Oldenburg Burnout Inventory (OLBI) ou le Shirom-Melamed Burnout Measure (SMBM).

 

Prise en charge et acteurs

La prise en charge vise à traiter le trouble identifié ainsi qu’à agir sur le contexte socioprofessionnel à l’origine du trouble. La prescription d’un arrêt de travail est le plus souvent nécessaire. Sa durée sera adaptée à l’évolution du trouble et du contexte socioprofessionnel.

Le médecin traitant coordonne cette prise en charge. Il prescrit si nécessaire un traitement en s’appuyant sur la démarche diagnostique et adresse éventuellement le patient à un psychiatre. L’intervention d’un psychiatre peut être sollicitée notamment pour réaliser un diagnostic psychopathologique ou une adaptation thérapeutique, prendre en charge un trouble sévère et poursuivre un arrêt maladie.

La prescription d’un traitement antidépresseur est uniquement recommandée dans le cadre de ses indications (troubles anxieux, troubles dépressifs7).

Le traitement du trouble peut comporter une prise en charge non médicamenteuse fondée sur des interventions psychothérapeutiques ou psychocorporelles effectuées par un professionnel de santé ou un psychologue formé à ces techniques.

Dans tous les cas, il est recommandé que le médecin traitant se mette, avec l’accord du patient, en contact avec son médecin du travail ou celui d’une consultation de pathologie professionnelle8 pour alerter et avoir un éclairage sur le lieu de travail.

L’analyse du poste et des conditions de travail est en effet indispensable. Celle-ci est réalisée par l’équipe pluridisciplinaire coordonnée par le médecin du travail. Des actions de prévention (individuelle et/ou collective) sont préconisées en conséquence.

La prise en charge des aspects médico-socioprofessionnels et psychologiques est indispensable, notamment pour aider les patients dans les démarches médico-administratives : orientation vers les consultations de pathologie professionnelle, services d’assistante sociale, etc.

7. Haute Autorité de Santé. Recommandations sur l’épisode dépressif caractérisé de l’adulte : prise en charge en soins de premier recours (en cours d’actualisation).
8. Pour les personnes ne disposant pas de médecin du travail.

 

Accompagnement du retour au travail

Le retour au travail doit être préparé. À cet effet, il est recommandé d’organiser une visite de pré-reprise avec le médecin du travail, à l’initiative du patient, du médecin traitant ou du médecin-conseil des organismes de sécurité sociale, à tout moment pendant l’arrêt. Celle-ci peut être répétée. Elle est essentielle pour l’accompagnement de la réinsertion socioprofessionnelle, et obligatoire9 pour les salariés en arrêt de travail d’une durée de plus de 3 mois.

À l’issue de la visite de pré-reprise, le médecin du travail peut recommander des aménagements ou adaptations du poste de travail, des pistes de reclassement ou des formations professionnelles qui pourraient être envisagées pour faciliter le reclassement du salarié ou sa réorientation professionnelle.

Lors de cet accompagnement, le médecin du travail et l’équipe pluridisciplinaire, par leur connaissance du milieu et des conditions de travail, ont un rôle clé : ils ont un rôle de préparation et d’accompagnement lors de la reprise de l’emploi (suivi régulier indispensable) et participent au maintien dans l’emploi du patient suite au burnout, en lien avec les professionnels et médecins spécialistes qui le suivent.

9. Article R. 4624-20 du Code du travail.


Sources HAS: https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2769318/fr/reperage-et-prise-en-charge-cliniques-du-syndrome-d-epuisement-professionnel-ou-burnout?cid=fc_1249601

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Place des tests ADN libre circulant dans le sang maternel dans le dépistage de la trisomie 21 foetale

L’hyperplasie congénitale des surrénales (HCS) est une maladie génétique, héréditaire, à transmission autosomique récessive, causée par un déficit des enzymes de la stéroïdogénèse. Elle fait partie des cinq maladies dépistées à la naissance en France.

L’HCS dite « classique » est la forme la plus fréquente : liée à un déficit en 21-hydroxylase, plus ou moins virilisante selon le niveau de l’atteinte, elle peut être mortelle dans les premières semaines de vie. Ellefait l’objet d’un dépistage néonatal systématique sur tout le territoire français (par dosage de la 17-hydroxyprogestérone (17-OHP) à partir des gouttes de sang séchées prélevées sur papier buvard à la 72emeheure de vie).

Pertinence d’une limitation du dépistage néonatal aux nouveau-nés de plus de 32 SA

L’avis suivant est formulé par la HAS :

  • Au vu de la littérature scientifique publiée et des autres données disponibles, bien que parcellaires pour la sous-population des nouveau-nés prématurés, le test de dépistage présente de très faibles performances dans cette sous-population, plus spécifiquement dans celle des nouveau-nés prématurés nés avant 32 SA (taux très élevé de faux-positifs) ;
  • Ces performances faibles entraînent la nécessité de tests supplémentaires pour confirmer le diagnostic et ont conduit à retenir des seuils de positivité du test différents selon l’âge gestationnel en France, sans qu’il ne soit possible de déterminer des seuils adéquats pour la population des nouveau-nés prématurés nés avant 32 SA.
  • Ces nouveau-nés, grands prématurés, sont pris en charge dans des services spécialisés de néonatologie ou de soins intensifs et bénéficient d’une surveillance intensive qui permet d’écarter tout risque de ne pas diagnostiquer cette maladie chez un enfant qui en serait atteint.

 

Il n’y aurait donc pas de bénéfice du dépistage de l’HCS dans cette population.

  • Toutefois, une information de qualité sur l’HCS devra être délivrée aux professionnels de santé prenant en charge ces nouveau-nés afin qu’ils restent vigilants par rapport aux signes cliniques et paracliniques évocateurs de cette maladie.
  • Au niveau national, il n’est pas attendu de bénéfice économique de la limitation de ce dépistage aux nouveau-nés de plus de 32 SA.
  • Il est attendu en revanche un gain organisationnel par la limitation des tests de confirmation inutiles chez les faux-positifs.

Sources HAS: https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2768510/fr/place-des-tests-adn-libre-circulant-dans-le-sang-maternel-dans-le-depistage-de-la-trisomie-21-foetale?cid=fc_1249601

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AMM pour 11 nouveaux médicaments, 3 extensions d’indications, 2 médicaments génériques

Le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) s’est réuni du 18 au 21 avril 2017 à Londres. Il a rendu 11 avis favorables pour une autorisation de mise sur le marché (AMM) et 3 avis favorables pour des extensions d’indication.

 

Avis favorable pour 11 nouvelles AMM de médicaments

Le CHMP a rendu un avis favorable pour l’octroi de l’autorisation de mise sur le marché à :

  • Besponsa (inotuzumab ozogamicin) dans le traitement de seconde ligne de la leucémie aiguë lymphoblastique.  Besponsa a une désignation de médicament orphelin1 .
  • Kevzara (sarilumab) dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.
  • Skilarence  (dimethyl fumarate) dans le traitement du psoriasis.
  • Cuprior  (trientine tetrahydrochloride) dans le traitement de la maladie de Wilson, une affection rare autosomale récessive. Cuprior a une désignation de médicament orphelin1 .

Pour deux médicaments désignés orphelins1  pour le traitement de maladies neurodégénératives rares chez les enfants, tous deux examinés selon le programme d’évaluation accéléré de l’EMA :

  • Spinraza  (nusinersen) dans le traitement de l’amyotrophie spinale.
  • Brineura  (cerliponase alfa) dans le traitement de la céroïde-lipofuscinose neuronale de type 2 (CLN2).

Pour trois médicaments biosimilaires :

  • Erelzi  (etanercept) dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde, de l’arthrite juvénile idiopathique, du rhumatisme psoriasique, de la spondylarthrite ankylosante, du psoriasis en plaques et du psoriasis en plaques infantile. Erelzi est un médicament biosimilaire de la spécialité de référence Enbrel.
  • Rixathon  (rituximab) et Riximyo (rituximab) dans le traitement du lymphome non hodgkinien, de la polyarthrite rhumatoïde, de la granulomatose avec polyangéite, de la polyangéite microscopique et de la leucémie lymphoïde chronique. Rixathon et Riximyo sont deux médicaments biosimilaires de la spécialité de référence Mabthera.

Pour deux médicaments génériques :

  • Febuxostat Mylan (febuxostat) dans la prévention et le traitement de l’hyperuricémie.
  • Ucedane  (acide carglumic) dans le traitement de l’hyperammoniémie due à un déficit primaire en N-acetylglutamate synthase.

Les recommandations du CHMP sont transmises à la Commission européenne qui rendra les décisions d’octroi d’AMM.

 

Trois avis positifs pour une extension d’indication

Le CHMP a recommandé une extension d’indication pour :

  • Avastin  (bevacizumab) en association avec carboplatine et paclitaxel dans le traitement du cancer épithélial de l’ovaire, des trompes de Fallope ou péritonéal primitif chez la femme adulte.
  • Celsentri  (maraviroc) en association avec d’autres antirétroviraux dans le traitement de l’infection à VIH chez l’enfant à partir de 2 ans et pesant plus de 10 kg.
  • Opdivo  (nivolumab) dans le traitement du cancer de la vessie localement avancé non resécable ou métastatique en échec après un premier traitement à base de platine.

 

Un dossier a été retiré devant une tendance négative du CHMP

  • Solithromycin Triskel EU Services (solithromycin) pour lequel une AMM était sollicitée dans le traitement de la pneumonie aigue communautaire, l’anthrax et la tularémie par voie inhalée.

Sources: ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Avis-favorable-pour-l-octroi-d-une-AMM-pour-11-nouveaux-medicaments-retour-sur-la-reunion-d-avril-2017-du-CHMP-Point-d-Information

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Méthylphénidate : données d’utilisation et de sécurité

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) publie un nouvel état des lieux sur les données d’utilisation en France et la sécurité d’emploi du méthylphénidate (Ritaline, Ritaline LP, Concerta LP, Quasym LP, Medikinet). Il fait suite à un premier rapport publié en juillet 2013. Le méthylphénidate est un psychostimulant indiqué dans le trouble déficit de l’attention / hyperactivité (TDAH) chez l’enfant de 6 ans et plus dans le cadre d’une prise en charge globale, lorsque les mesures correctives psychologiques, éducatives, sociales et familiales seules s’avèrent insuffisantes.Les nouvelles données collectées n’ont globalement pas identifié de nouveau risque. Cependant, une utilisation hors AMM est toujours constatée, notamment en initiation de traitement chez des adultes atteints de TDAH . L’ANSM souhaite rappeler que cette utilisation hors AMM peut favoriser la survenue d’effets indésirables graves.

 

Etat des lieux de l’utilisation et de la sécurité d’emploi du méthylphénidate

Bien qu’une augmentation des chiffres de vente continue d’être observée, l’utilisation de ce médicament en France reste faible notamment en comparaison à d’autres pays européens. Conformément à l’épidémiologie du TDAH et aux indications du méthylphénidate, les utilisateurs sont principalement de sexe masculin et sont âgés de 6 à 17 ans, le traitement étant initié majoritairement entre 6 et 11 ans.

Le rapport met également en évidence qu’environ 30% des initiations de traitement sont réalisées par des médecins libéraux, spécialistes et généralistes alors que la primo-prescription doit être réalisée par un spécialiste hospitalier. Cette pratique a déjà été signalée dans le précédent rapport publié en juillet 2013 alors même que les conditions particulières de prescription et délivrance de ce stupéfiant avaient été rappelées aux professionnels de santé en septembre 2012 . Bien qu’ils ne soient pas autorisés à initier un traitement par méthylphénidate, le rôle des médecins généralistes reste essentiel dans le parcours de soins. Ce rôle est clairement détaillé dans les recommandations publiées par la HAS en février 2015 .

Il est également observé la persistance d’un nombre restreint d’initiations de traitement chez des patients adultes atteints de TDAH, ce qui constitue une utilisation hors AMM de ce médicament en France qui peut favoriser la survenue d’effets indésirables graves. En effet, l’adulte est plus à risque d’effets indésirables cardiovasculaires et cérébrovasculaires en raison de comorbidités et de l’utilisation plus fréquente de traitements associés que chez l’enfant. De ce fait, on observe qu’une part importante des effets indésirables rapportés concerne l’adulte.

 

Rappel des mesures de réduction des risques

Comme pour tout médicament, l’utilisation du méthylphénidate peut exposer à des effets indésirables graves dont le risque de survenue peut-être limité par le respect des conditions d’utilisation.

Les effets indésirables nécessitant une surveillance particulière sont principalement neuropsychiatriques, cardiovasculaires et cérébrovasculaires et chez l’enfant des effets sur la croissance staturo-pondérale. Ces effets surviennent en particulier lors d’une utilisation prolongée ce qui explique pourquoi la nécessité de poursuivre le traitement doit être régulièrement réévaluée.

Ainsi, le méthylphénidate fait l’objet d’un suivi national de pharmacovigilance et d’addictovigilance, d’une analyse régulière des données d’utilisation, de conditions particulières de prescription et de délivrance1 et d’un plan de gestion des risques.

Dans ce cadre, une brochure d’information à destination des patients et de leur entourage a été conçue en lien avec les laboratoires et l’association de patients HyperSupers – TDAH France. Intitulée « Vous et le traitement du trouble déficit de l’attention / hyperactivité par méthylphénidate (11/05/2017) application/pdf (91 ko) », elle a pour but de rappeler les risques liés à l’utilisation du méthylphénidate, les modalités de surveillance du traitement ainsi que les règles de bonne utilisation.


Sources ANSM

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Information sur le dispositif intra-utérin Mirena

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a pu constater ces derniers jours une augmentation des déclarations d’effets indésirables susceptibles d’être liés au médicament Mirena (dispositif intra-utérin au lévonorgestrel).

Les effets indésirables déclarés font l’objet pour la plupart  d’une information dans la notice destinée aux patientes. L’ANSM est néanmoins attentive à cette augmentation des déclarations et à l’apparition de nouveaux signaux qui font actuellement l’objet d’investigations. L’ANSM rappelle l’importance de respecter les recommandations d’utilisation de ce médicament, ainsi que l’obligation d’information des patientes par les professionnels de santé.

Par ailleurs, les effets indésirables du dispositif intra-utérin Mirena, constatés dans différents pays européens sont actuellement évalués au sein de l’Agence Européenne du Médicament.

Mirena est un dispositif intra-utérin (DIU) commercialisé depuis près de vingt ans. Il est indiqué pour éviter une grossesse (contraception) ou pour traiter des règles trop abondantes (ménorragies fonctionnelles).
Il est inséré dans la cavité utérine où il agit en libérant un progestatif (le lévonorgestrel) pendant une durée de 5 ans.
Un examen de contrôle doit être réalisé 4 à 6 semaines après la pose du DIU, puis tous les ans.

De nouveaux effets indésirables (anxiété, vertiges, fatigue, irritabilité, …), non mentionnés actuellement dans les documents d’information destinés aux professionnels de santé (Résumé des Caractéristiques du Produit) et aux patientes (Notice), ont été rapportés au niveau européen. Ces effets indésirables sont en cours d’évaluation par l’Agence Européenne du Médicament (EMA) et les résultats attendus à partir du mois de juin 2017.

L’ANSM mène également des investigations au niveau national sur l’ensemble des déclarations d’effets indésirables reçues en lien avec le DIU Mirena.

A ce jour, au regard des données disponibles, l’augmentation et la nature des déclarations ne remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque de Mirena, qui reste positif dans ses indications actuelles.

L’ANSM rappelle que les patientes doivent être informées des bénéfices et des potentiels effets indésirables de Mirena par leur médecin au moment du choix de la contraception et de la pose du DIU.

Mirena est un médicament intra-utérin, les femmes peuvent accéder à ces informations en consultant la notice disponible dans la boîte du médicament ou la base de données publique du médicament .


Sources ANSM: http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Information-sur-le-dispositif-intra-uterin-Mirena-Point-d-information

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Augmentation des cas de rougeole en France, 17 décès en Roumanie

La rougeole est une infection virale hautement contagieuse et potentiellement grave. Face aux signalements de foyers épidémiques de rougeole au cours de l’année 2016 dans plusieurs pays européens, dont la France, Santé publique France rappelle la nécessité d’une couverture vaccinale très élevée au niveau de la population pour lutter contre la maladie.

Alors que la maladie est ciblée par un plan d’élimination par l’Organisation mondiale de la santé, plusieurs pays européens, dont la France, ont signalé des foyers épidémiques de rougeole au cours de l’année 2016 : Irlande, Grande Bretagne, Allemagne, Italie, Autriche, Roumanie, Pologne.

 

Epidémie de rougeole en Roumanie

La Roumanie est actuellement en Europe le pays le plus affecté, principalement dans la moitié occidentale du pays, avec 3 446 cas déclarés au cours de ces 12 derniers mois. Ces cas s’accompagnent d’une mortalité élevée (17 décès à ce jour), rappelant que cette maladie est loin d’être bénigne. La majorité des cas (3 317, soit 96 %) est survenue chez des sujets non vaccinés, dont 619 enfants de moins d’un an particulièrement à risque de formes compliquées (encéphalites, pneumopathies… nécessitant un séjour en réanimation), et trop jeunes pour être vaccinés. Plus de la moitié des cas (58 %) avaient moins de 5 ans.

En savoir plus sur la situation en Europe SITE DE L’ECDC

 

Situation épidémiologique en France

En France, depuis l’épidémie de 2008-2012 au cours de laquelle près de 24 000 cas de rougeole ont été déclarés dont 10 décès, le nombre de cas a diminué au cours des trois années suivantes, avec 260 à 360 cas déclarés chaque année. En 2016, seulement 79 cas de rougeole ont été déclarés témoignant d’une circulation moindre du virus de la rougeole, mais l’augmentation du nombre de cas depuis le début de 2017 fait craindre une recrudescence de la maladie au cours du printemps. La circulation du virus est active dans plusieurs départements et la Moselle est actuellement le plus affecté avec un foyer de plus de 50 cas. Au total, 2 cas d’encéphalite et 7 pneumopathies graves sont à déplorer depuis le début de l’année sur le territoire. Comme en Roumanie, 85 % des cas français sont observés chez des personnes non vaccinées, dont des enfants de moins d’un an (15 %) particulièrement à risque de complication, et qui, en raison de leur jeune âge, ne peuvent être protégés qu’indirectement par la vaccination de leur entourage.

En savoir plus sur la situation en France: BILAN ÉPIDÉMIOLOGIQUE AU 13 MARS 2017

 

Pour se protéger contre la rougeole : la vaccination

Devant la persistance de la circulation du virus de la rougeole, Santé publique France rappelle la nécessité d’une couverture vaccinale très élevée dans la population (au moins 95 % avec 2 doses de vaccin chez les enfants et les jeunes adultes). Une telle couverture permettrait d’éliminer la maladie et ses complications, et ainsi de protéger, par un entourage vacciné, les personnes plus fragiles et ne pouvant être elles-mêmes vaccinées, telles les nourrissons de moins d’un an, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. Il est donc impératif que le statut vaccinal de toute personne âgée d’au moins 12 mois et née après 1980 soit vérifié et mis à jour avec 2 doses de vaccin.


Sources SantePubliqueFrance.fr http://www.santepubliquefrance.fr/Actualites/Augmentation-des-cas-de-rougeole-en-France-et-en-Europe-17-deces-en-Roumanie

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Calendrier vaccinal 2017

Le calendrier vaccinal 2017 es là ! Du nouveau ? Oui !

Résumés des nouveautés: 

Infections invasives à méningocoque

l’âge de la première vaccination est abaissé à titre transitoire à l’âge de 5 mois avec une 2ème injection à l’âge de 12 mois.

Infections à papillomavirus humains 

la vaccination est proposée aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu’à 26 ans. Chez les jeunes filles et les jeunes femmes non vaccinées antérieurement, le HCSP recommande d’initier la vaccination par GARDASIL 9®.

Infections à pneumocoque chez les adultes

  • recommandé chez les personnes présentant un facteur de risque d’infection à pneumocoque, le schéma devient identique (séquence VPC 13 suivi de VPP 23) que la personne soit ou non immunodéprimée ;
  • revaccination possible (une seule fois) avec un vaccin non conjugué en respectant un intervalle de 5 ans.

Varicelle

  • les recommandations de vaccination pour les contacts d’un cas de varicelle sont précisées.
  • BCG : à l’exception de la Guyane et de Mayotte (où la vaccination en période néonatale est maintenue), la vaccination par le BCG des enfants à risque est recommandée à partir de l’âge de 1 mois. La pratique d’une IDR à la tuberculine prévaccinale n’est requise que pour les enfants âgés de 6 ans ou plus (ainsi que dans des situations particulières).

Adaptations vaccinales en situation de pénurie de vaccins

  • vaccins contenant la valence coquelucheuse ;
  • hépatite A ;
  • hépatite B ;
  • BCG.

Le rapport

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Quelle place pour les benzodiazépines dans l’insomnie ?

  • La prescription d’hypnotiques, benzodiazépines ou apparentés, ne doit pas être banalisée, car, si elle facilite le sommeil, elle ne résout pas les causes de l’insomnie et peut être à l’origine de nombreux effets indésirables aux conséquences parfois graves.
  • Leur usage requiert le respect de règles précises : dose minimum utile, limitation dans le temps (< 28 j), information du patient sur la durée du traitement, ses modalités d’arrêt et ses effets indésirables, réévaluation programmée de la situation, anticipation sur les modalités d’arrêt.

Quels sont les médicaments concernés ?

Il s’agit de 5 benzodiazépines et 2 molécules apparentées qui sont remboursées dans la prise en charge des troubles sévères du sommeil à court terme. La durée de prescription est limitée à 4 semaines. La prescription n’est pas renouvelable.

DCI Spécialités
DCI  Spécialités
Benzodiazépines
Estazolam

Loprazolam

Lormétazépam

Nitrazépam

Témazépam

NUCTALON

HAVLANE

NOCTAMIDE et génériques

MOGADON

NORMISON

Molécules apparentées
Zolpidem

Zopiclone

 

 

STILNOX et génériques

IMOVANE et génériques

 

 

Quand peut-on inscrire un hypnotique ?

Dans tous les cas d’insomnie, avant toute intervention thérapeutique, il convient de s’assurer que les règles de mises en conditions pour un sommeil sont réunies.

Règles d’hygiène du sommeil :

  • Dormir selon les besoins, mais pas plus ; éviter les siestes trop longues (> 1 h) ou trop tardives (après 16 h).
  • Adopter un horaire régulier de lever et de coucher. Pour les personnes âgées, retarder le coucher.
  • Limiter le bruit, la lumière et une température excessive dans la chambre à coucher.
  • Éviter la caféine, l’alcool et la nicotine.
  • Pratiquer un exercice physique dans la journée, mais en général pas après 17 h.
  • Éviter les repas trop copieux trop gras le soir.

Ces règles peuvent parfois suffire à restaurer le sommeil en cas d’insomnies légères et sans comorbidité. Toutefois, elles peuvent être insuffisantes pour résoudre un problème d’insomnie modérée ou sévère.

Dans ce cas :

  • La prescription d’un hypnotique ne doit s’inscrire que dans une stratégie à court terme.La plus faible dose efficace, individuelle, doit être recherchée et prescrite pour une période limitée, de quelquesjours à 4 semaines maximum incluant la période de diminution de la dose. Le cumul de plusieurs médicaments à effet sédatif est à proscrire : il n’apporte pas d’effet supplémentaire mais potentialise les effets indésirables parfois graves.
  • Le choix d’un hypnotique est fonction :
    • du profil d’insomnie du patient (insomnie d’endormissement, difficulté de maintien du sommeil ou réveil matinal prématuré) ;
    • du délai et de la durée d’action du produit ;
    • du risque d’interactions médicamenteuses, notamment avec d’autres psychotropes (éviter si possible de cumuler plusieurs médicaments psychotropes) ;
    • de l’état physiologique du patient (âge, état rénal et hépatique) ;
    • du type d’activités susceptibles d’être pratiquées par le patient au décours de la prise.
  • Le patient doit être informé des conditions du traitement, de ses effets indésirables et des précautions à respecter. En particulier, il doit être informé du faible effet de ces médicaments, des risques de troubles de la mémoire, de somnolence, de troubles du comportement et de chute ainsi que de phénomènes de tolérance pharmacologique et de dépendance.
  • Le changement d’un médicament pour un autre n’est justifié que si le patient a des effets indésirables en rapport direct avec le produit utilisé.
  • Quel que soit le choix thérapeutique, une seconde consultation au moins est recommandée à l’issue de la durée de prescription, en vue d’une réévaluation de la situation, ne serait-ce qu’en raison d’un risque de chronicisation du trouble.
  • Si la situation semble devoir durer plusieurs semaines, voire plus longtemps, il est recommandé de proposer un traitement non pharmacologique, notamment une prise en charge psychologique de type cognitivo-comportementale.

Attention

  • Aucun médicament n’est indiqué dans le traitement de l’insomnie chronique.
  • Une dépendance aux hypnotiques est possible, même en l’absence de facteur de risque de dépendance.
  • Les hypnotiques peuvent être un facteur d’entretien de l’insomnie, notamment en raison du rebond d’insomnie qu’ils peuvent induire à l’arrêt.
  • STILNOX (zolpidem) ou génériques: prescription sur ordonnance sécurisée.
  • Nombre de comprimés et de prise en toutes lettres
  • Une nouvelle ordonnance ne peut pas être établie pendant la période déjà ouverte par une précédente ordonnanace.

Comment arrêter un traitement ?

Dès l’instauration du traitement, le médecin doit expliquer au patient la durée du traitement et ses modalités d’arrêt.

Chez les utilisateurs au long cours, quelle que soit la stratégie choisie, en ambulatoire ou à l’hôpital, avec ou sans prise en charge spécialisée, l’arrêt doit toujours être progressif, sur une durée de quelques semaines à plusieurs mois.

Bien que l’objectif soit l’arrêt complet, l’obtention d’une diminution de la posologie doit déjà être considérée comme un résultat favorable. Si la stratégie d’arrêt échoue, il est recommandé d’encourager le patient à recommencer ultérieurement après évaluation des raisons de l’échec.

Il n’y a pas d’argument pour proposer un autre traitement médicamenteux lors du sevrage. L’accent doit être mis sur les mesures d’accompagnement non médicamenteuses qui peuvent être aussi prolongées que nécessaires.

Six erreurs à éviter :

  • Prescrire un hypnotique de façon systématique, sans évaluation de la situation du patient.
  • Méconnaître une dépression ou un autre trouble psychiatrique à l’origine du trouble du sommeil.
  • Négliger un symptôme évocateur de syndrome d’apnées du sommeil (ronflements sonores, somnolence diurne, céphalées au réveil, excès de poids).
  • Associer plusieurs benzodiazépines, hypnotiques ou anxiolytiques.
  • Reconduire une prescription sans réévaluer la situation du patient.
  • Arrêter brutalement un traitement par benzodiazépine ou molécule apparentée.

Le cas particulier du sujet âgé

  • La prise en charge des troubles du sommeil chez le sujet âgé doit tenir compte de différents paramètres :
    • les modifications physiologiques du sommeil avec l’âge (plus léger, plus fragmenté, plus étalé sur le nycthémère) ;
    • les conséquences diurnes de l’insomnie plus marquées qu’à l’âge moyen (ralentissement psycho-moteur) ;
    • un métabolisme moins performant, une élimination plus lente, ralentissant la pharmacocinétique des médicaments ;
    • une plus grande fréquence des comorbidités et de la polymédication.
  • L’objectif général de la prise en charge de l’insomnie chez le sujet âgé doit être la promotion de l’éveil diurne, de la pratique d’activités physiques ou intellectuelles et du respect d’un rythme éveil/sommeil régulier avec un horaire de coucher retardé.Les traitements non pharmacologiques sont à privilégier.La prise d’un hypnotique expose tout particulièrement le patient âgé à des chutes et à leurs conséquences et complications parfois graves, ainsi qu’à des altérations cognitives et à des accidents de la voie publique.
  • Certains patients âgés consomment des hypnotiques depuis longtemps. Un arrêt de traitement peut signifier pour eux la remise en cause d’un certain équilibre, voire d’un mode de vie auquel ils sont habitués. Il est donc recommandé d’analyser avec chaque patient les avantages et les risques associés à la consommation de benzodiazépine et à son interruption.

Données cliniques générales

Efficacité

L’efficacité des hypnotiques a été démontrée par rapport au placebo dans le traitement de l’insomnie principalement dans le cadre d’évaluations subjectives du sommeil. La quantité d’effet est faible, de l’ordre d’une heure de sommeil gagnée par nuit. Cette efficacité a été essentiellement évaluée sur de courtes périodes (entre une nuit et 6 semaines). Le maintien d’une efficacité à plus long terme n’a pas été démontré.

Les données ne permettent pas de conclure à une différence d’efficacité entre les molécules. Les études les ayant comparées entre elles sont pour la plupart anciennes et de faible qualité méthodologique.

Effets indésirables

Les principaux effets indésirables associés à l’usage des benzodiazépines et molécules apparentées sont des troubles de la mémoire, une baisse de vigilance voire une somnolence, des troubles du comportement et un risque accru de chutes en particulier chez le sujet âgé. Des données épidémiologiques ont montré une association entre la consommation de benzodiazépines et un risque de survenue de démence, type Alzheimer. Il ne s’agit pas d’un lien causal mais d’une association.

L’exposition prolongée aux benzodiazépines et molécules apparentées expose à un risque de tolérance pharmacologique et de dépendance psychique et physique sans que l’on puisse identifier a priori les sujets à risque.

Les données ne permettent pas de conclure à une différence sur la survenue d’effets indésirables en fonction des caractéristiques pharmacocinétiques des produits.

Intérêt clinique

Le service médical rendu* par les benzodiazépines hypnotiques et molécules apparentées est faible dans le traitement des troubles sévères du sommeil dans les cas suivants : insomnie occasionnelle, insomnie transitoire.

 


Sources HAS http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2015058/fr/quelle-place-pour-les-benzodiazepines-dans-l-insomnie?cid=fc_1249601

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L’ANSM lève sa recommandation de ne pas initier de nouveaux traitements avec la spécialité Uptravi (sélexipag)

A la suite des conclusions du Comité européen pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) concernant la spécialité Uptravi (sélexipag), traitement par voie orale de l’hypertension artérielle pulmonaire, l’ANSM considère que les initiations de traitement peuvent reprendre en respectant les contre-indications et mises en garde mentionnées dans l’autorisation de mise sur le marché. 

Rappel du contexte

Le sélexipag (Uptravi), agoniste des récepteurs de la prostacycline, dispose d’une autorisation de mise sur le marché européenne (procédure centralisée) et est indiqué dans le traitement par voie orale de certaines formes d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP). Cette spécialité, disponible en France depuis mai 2016, est soumise à une prescription hospitalière et réservée aux spécialistes en pneumologie, cardiologie ou médecine interne. Elle est commercialisée dans plusieurs pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis.

Suite à la déclaration en France de 5 cas de décès survenus précocement après le début du traitement par Uptravi, l’ANSM a saisi le Comité européen pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (PRAC) afin notamment qu’une évaluation de ce signal soit réalisée au niveau européen.
Dans l’attente des résultats des investigations à l’échelle internationale, l’ANSM avait demandé aux prescripteurs de ne pas initier de nouveaux traitements par Uptravi (sélexipag).

Résultats de l’évaluation européenne

En date du 7 avril 2017, le PRAC a conclu que les données issues des essais cliniques réalisés avec le sélexipag ainsi que la revue synthétique des données de pharmacovigilance internationale collectées depuis la commercialisation d’Uptravi, ne suggèrent pas de surmortalité avec Uptravi comparativement aux autres spécialités utilisées par voie orale dans le traitement de l’HTAP.
Aucune mesure concernant l’AMM européenne n’a donc été requise.
La sécurité d’emploi d’Uptravi continue toutefois d’être surveillée au niveau européen et toute donnée issue d’essais cliniques ou de notifications de pharmacovigilance fera l’objet d’une étude approfondie.
Ainsi, l’ANSM considère que les initiations de traitement avec Uptravi dans le traitement de l’HTAP peuvent reprendre.
L’ANSM renouvelle néanmoins ses recommandations de respecter les contre-indications et mises en garde mentionnées dans l’autorisation de mise sur le marché (voir lien vers RCP ci-dessous).
Les centres de référence/compétences du réseau national de l’HTAP ainsi que l’association de patients HTaPFrance ont été informés directement de cette possibilité de reprendre l’initiation de traitements.


Sources ANSM http://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/L-ANSM-leve-sa-recommandation-de-ne-pas-initier-de-nouveaux-traitements-avec-la-specialite-Uptravi-selexipag-Point-d-Information

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Évaluation et prise en charge du risque cardio-vasculaire HAS

e risque cardio-vasculaire est la probabilité de survenue chez une personne d’un événement cardio-vasculaire majeur (infarctus du myocarde, infarctus cérébral, décès cardiovasculaire) sur une période donnée (par exemple : à 5 ans, à 10 ans).

L’hypercholestérolémie, la dyslipidémie mixte et certaines hypertriglycéridémies constituent avec le diabète, l’hypertension artérielle et le tabagisme, des facteurs de risque majeurs d’athérosclérose impliqués dans la survenue des maladies cardio-vasculaires : cardiopathies ischémiques, accidents vasculaires cérébraux ischémiques, artériopathies périphérique, etc. Ces facteurs de risque sont souvent associés entre eux, ainsi que notamment à l’obésité abdominale et aux facteurs comportementaux comme la sédentarité, une alimentation déséquilibrée ou le stress.

Il est recommandé chez les personnes âgées de 40 ans à 65 ans d’évaluer le risque cardio-vasculaire en prévention primaire à l’aide de l’outil Systematic Coronary Risk Estimation (SCORE) qui évalue ce risque à 10 ans : tables d’évaluation du risque ou version électronique interactive1 et application « Recommandations de poche » (cf. fiche mémo – Évaluation du risque cardio-vasculaire). Cet outil n’est pas adapté pour les patients hypertendus sévères, diabétiques, insuffisants rénaux chroniques ou atteints d’hypercholestérolémie familiale.

Les tables SCORE d’évaluation du risque cardio-vasculaire (European Low Risk Chart) sont issues de la recommandation sur la prévention cardiovasculaire disponible sur le site de l’European Society of Cardiology.

En cas de maladie cardio-vasculaire documentée, le risque cardio-vasculaire est d’emblée considéré très élevé (prévention secondaire).

Le risque cardio-vasculaire est divisé en 4 niveaux de risque (faible, modéré, élevé, très élevé).

Niveau de risque cardio-vasculaire

Faible SCORE < 1 %
Modéré 1 % ≤ SCORE < 5 %
Diabète de type 1 ou 2 < 40 ans sans facteur de RCV ni atteinte d’organe cible
Élevé 5 % ≤ SCORE < 10 %
Diabète de type 1 ou 2 :

< 40 ans : avec au moins un facteur de RCV ou atteinte d’organe cible

≥ 40 ans sans facteur de RCV ni atteinte d’organe cible

Patient ayant une insuffisance rénale chronique modérée
TA ≥ 180/110 mmHg
Très élevé SCORE ≥ 10 %
Diabète de type 1 ou 2 ≥ 40 ans avec au moins un facteur de RCV ou atteinte d’organe cible
Patient ayant une insuffisance rénale chronique sévère
Maladie cardio-vasculaire documentée (prévention secondaire)

Une prise en charge globale est préconisée avec prise en compte des facteurs de risque cardio-vasculaire modifiables :


Sources: HAS http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2754387/fr/evaluation-et-prise-en-charge-du-risque-cardio-vasculaire?cid=fc_1249601