• Cinqaero (reslizumab) est indiqué chez l’adulte en traitement additionnel de l’asthme éosinophilique sévère insuffisamment contrôlé par les corticoïdes inhalés à dose élevée associés à un autre médicament destiné au traitement continu de fond (cf. AMM).
  • Nucala (mépolizumab) est indiqué chez l’adulte, en traitement additionnel, dans l’asthme sévère réfractaire à éosinophiles (cf. AMM).

Documents de bon usage

L’essentiel

  • Chez les patients ayant un asthme sévère à éosinophiles, le traitement par Nucala ou Cinqaero ne peut être débuté, qu’après échec d’un traitement par une association de corticoïde inhalé à forte dose + agoniste béta-2 inhalé de longue durée d’action.
  • Nucala ou Cinqaero doit toujours être utilisé en traitement additionnel à un corticoïde inhalé à forte dose + agoniste béta-2 inhalé de longue durée d’action.
  • Ces médicaments ne doivent être prescrits que par des médecins expérimentés dans le diagnostic et la prise en charge de l’asthme sévère.

Stratégie thérapeutique

L’asthme sévère est un asthme qui a nécessité un traitement de fond correspondant aux stades 4 et 5 de l’escalade thérapeutique de la classification GINA (association de corticostéroïdes inhalés à forte dose et de béta-2 agonistes de longue durée d’action ou antileucotriènes/théophylline) pendant une année ou des corticoïdes systémiques pendant au moins 6 mois.

Cette période de 6 à 12 mois est dédiée à la confirmation du diagnostic d’asthme, à l’évaluation globale de l’adhésion du patient à la prise en charge (incluant la prise en charge tabagique, l’éviction des irritants et des allergènes éventuels, l’observance du traitement, la bonne technique d’inhalation) et la prise en compte des comorbidités dans l’évaluation des symptômes (obésité par exemple).

L’objectif de la prise en charge de l’asthme est de parvenir au contrôle de l’asthme.

Les 2 objectifs de ce contrôle sont :

  • à court terme, diminuer les symptômes ;
  • à plus long terme, prévenir le risque de complications :
    • survenue d’exacerbations,
    • développement d’une obstruction bronchique chronique,
    • survenue d’effets indésirables liés au traitement.

Évaluation du contrôle de l’asthme  

Degré de contrôle des symptômes asthmatiques

Au cours des 4 semaines précédentes, le patient a-t-il ?

Bien
contrôlé

Partiellement contrôlé

Mal contrôlé

Présenté des symptômes diurnes plus de 2 fois/semaine ?

  □   Oui

□   Non

 Aucun

des items

1 à 2

de ces items

3 à 4

de ces items

Été réveillé la nuit par son asthme ?

  □   Oui

□   Non

Eu besoin d’un traitement de secours plus de 2 fois/semaine ?

  □   Oui

□   Non

Présenté une limitation de son activité due à l’asthme ?   □   Oui

□   Non

 

Xolair figure 1

Prise en charge selon des paliers

Paliers

 

Prise en charge de l’asthme sévère non contrôlé chez l’adulte

 Asthme adulte

 

 

Prescription de NUCALA (mépolizumab) et CINQAERO (reslizumab)

uniquement SI :

  • taux d’éosinophiles sanguins ≥ 300/µL dans les douze derniers mois [Mépolizumab (NUCALA)] ;
  • taux d’éosinophiles sanguins ≥ 400/µL sous corticoïdes à l’instauration du traitement [Reslizumab (CIN- QAERO)] ;

ET

au moins deux épisodes d’exacerbations asthmatiques ayant nécessité un traitement par corticostéroïde oral (≥ 3 jours chacun) dans les 12 derniers mois malgré un traitement de fond associant des corticostéroïdes inhalés à dose élevée et un bronchodilatateur d’action longue (LABA) (stade 4/5 GINA) ;

OU traitement par corticothérapie orale pendant au moins 6 mois au cours des 12 derniers mois.

 

Données cliniques

Cinqaero

  • L’efficacité du reslizumab a été évaluée au cours de trois études cliniques de phase III :
    • une étude versus placebo (3081) ayant évalué l’efficacité de 2 doses de reslizumab 0,3 mg/kg et 3,0 mg/kg sur l’évolution du VEMS après 16 semaines ;
    • deux études versus placebo (3082 et 3083) ayant évalué l’efficacité du reslizumab 3 mg/kg administré toutes les quatre semaines sur la réduction des exacerbations d’asthme pendant 52 semaines.
  • L’étude 3081 a évalué l’efficacité du reslizumab sur l’évolution du VEMS à 16 semaines. Elle a inclus 315 patients ayant un asthme modéré à sévère et un taux d’éosinophiles ≥ 400 cellules/µL à l’entrée dans l’étude. Les patients recevant reslizumab ont eu une augmentation plus importante du VEMS au cours des 16 semaines de l’étude que les patients ayant reçu le placebo (différence reslizumab versus placebo : 160 ml, p = 0,0018).
  • Les études 3082 et 3083, de méthodologie identique, ont évalué l’efficacité du reslizumab sur la fréquence des exacerbations pendant 52 semaines. Elles ont inclus 953 patients ayant un asthme modéré à sévère insuffisamment contrôlé par des corticoïdes inhalés de dose moyenne à élevée (au moins 440 µg de fluticasone ou équivalent) et avec un taux d’éosinophiles ≥ 400 cellules/µL à l’entrée dans l’étude.
  • Il y a eu moins d’exacerbations d’asthme (définies comme une aggravation de l’asthme imposant l’utilisation de corticoïdes systémiques et/ou un traitement d’urgence lié à l’asthme) après 52 semaines dans le groupe reslizumab comparativement au placebo. L’analyse groupée des deux études a montré un taux annuel d’exacerbation d’asthme de 1,81 dans le groupe placebo versus 0,84 dans le groupe reslizumab (p < 0,0001).
  • Le principal risque identifié est celui de survenue de réaction anaphylactique. Une augmentation transitoire et asymptomatique de la créatinine phosphokinase (CPK) a été plus fréquemment rapportée dans le groupe reslizumab comparativement au placebo.
  • Au cours du développement clinique, 19 patients du groupe reslizumab contre 3 dans le groupe placebo ont présenté une tumeur maligne. Un lien de causalité avec le reslizumab a été évalué comme possible pour un patient atteint de lymphome.

Nucala

  • L’efficacité du mépolizumab a été évaluée versus placebo au cours de trois études cliniques de phase IIb/III (étude DREAM) et III (études MENSA et SIRIUS) randomisées, en double aveugle sur une période allant de 24 à 52 semaines. Les patients inclus avaient un asthme dont les symptômes n’étaient pas contrôlés par leur traitement de fond incluant au minimum des corticoïdes inhalés (CI) à fortes doses en association (LABA, antileucotriène, ou théophylline) avec ou sans corticothérapie orale (CO). L’ensemble des patients des études MENSA et SIRIUS et
    85 % des patients de l’étude DREAM avaient un nombre élevé d’éosinophiles défini comme un taux d’éosinophiles
  • ≥ 150/µL à l’instauration du traitement ou ≥ 300/µL dans les 12 derniers mois.
  • L’étude DREAM est une étude de recherche de dose ayant inclus 616 patients atteints d’asthme sévère non contrôlé. Le mépolizumab était administré par voie IV aux doses de 75 mg, 250 mg ou 750 mg toutes les quatre semaines. Il y a eu moins d’exacerbations cliniques significatives d’asthme (définies comme une aggravation de l’asthme imposant l’utilisation de corticoïdes systémiques et/ou une hospitalisation et/ou une consultation aux urgences) après 52 semaines dans les groupes mépolizumab comparativement au placebo (2,40 exacerbations/an dans le groupe placebo versus 1,15 à 1,46 dans les groupes mépolizumab ; p < 0,001 ; soit environ une exacerbation évitée en moyenne par an par patient sous mépolizumab par rapport au placebo. Aucune relation dose-réponse n’a été observée.
  • L’étude MENSA a inclus 576 patients atteints d’asthme sévère non contrôlé à éosinophiles. Les patients ont reçu un traitement par mépolizumab à la dose de 100 mg SC, 75 mg IV ou un placebo toutes les quatre semaines. Il y a eu moins d’exacerbations cliniques d’asthme après 32 semaines dans les bras mépolizumab comparativement au placebo (1,74 exacerbations/an dans le groupe placebo versus 0,83 à 0,93 dans les groupes mépolizumab ; p < 0,001 ; soit environ une exacerbation évitée en moyenne par an par patient sous mépolizumab par rapport au placebo).
  • L’étude SIRIUS a évalué l’efficacité du mépolizumab sur l’épargne cortisonique. Elle a inclus 135 patients atteints d’asthme sévère non contrôlé à éosinophiles. Les patients ont reçu un traitement par le mépolizumab 100 mg SC ou un placebo toutes les quatre semaines. Les patients ont poursuivi le traitement préexistant de l’asthme au cours de l’étude, à l’exception du traitement CO qui était réduit progressivement (semaine 4 à 20). Le mépolizumab a été associé à une diminution modeste des doses CO (p = 0,008) ; la dose de CO a été diminuée chez 64 % des patients du groupe mépolizumab versus 44 % dans le groupe placebo et 54 % des patients du groupe mépolizumab ont atteint une dose de CO ≤ 5 mg/jour versus 32 % dans le groupe placebo à 24 semaines.
  • Dans le cadre des études cliniques, le mépolizumab n’a pas été associé à un risque augmenté d’infections, de réactions systémiques (allergiques ou non) et de cancers. L’incidence des anticorps anti-mépolizumab a été de 6 % pour le mépolizumab 100 mg SC et 2 % pour toutes les formes IV combinées. Il y a eu 8 % de réactions au site d’injection d’intensité légère à modérée chez les patients traités par mépolizumab 100 mg SC.

Pour plus d’information, veuillez consulter les avis de la commission de la transparence :

Précautions d’emploi et effets indésirables

Précautions d’emploi et mises en garde

  • Cinqaero et Nucala ne doivent pas être utilisés pour traiter les exacerbations aiguës de l’asthme. Les patients doivent prendre un avis médical si leur asthme reste non contrôlé ou s’aggrave après l’instauration du traitement. Il est déconseillé d’arrêter brutalement les corticoïdes après l’instauration du traitement par Nucala. Si une réduction des doses de corticoïdes est envisagée, celle-ci doit être progressive et réalisée sous le contrôle d’un médecin.
  • Des réactions systémiques immédiates et retardées, incluant des réactions d’hypersensibilité ont été observées à la suite de l’administration de ces produits. Ces réactions peuvent apparaître pendant ou peu après l’administration.

Effets indésirables

  • Cinqaero : lors des études cliniques, l’événement indésirable le plus fréquemment rapporté a été l’asthme. Les autres événements rapportés fréquemment (> 5 %) ont été des nasopharyngites, des infections respiratoires hautes, des céphalées et des sinusites. Une réaction anaphylactique a été rapportée chez moins de 1 % des patients traités.
  • Nucala : lors des études cliniques menées chez des sujets atteints d’asthme sévère réfractaire à éosinophiles, les effets indésirables les plus fréquemment rapportés ont été les céphalées, les réactions au site d’injection et les dorsalgies.

Posologie, durée de traitement et prix

  • Cinqaero : la dose recommandée est de 3 mg/kg de poids corporel, en perfusion intraveineuse, toutes les 4 semaines.
  • Nucala : la dose recommandée est de 100 mg, administrée par voie sous-cutanée par un professionnel de santé,
  • une fois toutes les 4 semaines.
  • Cinqaero et Nucala sont destinés à un traitement au long cours.
  • Médicaments sur prescription initiale hospitalière. Renouvellement réservé aux spécialistes en pneumologie.
  • Prix (non fixés à ce jour).
    • Cinqaero (1 seringue)
    • Nucala (1 flacon)

La prescription doit toujours observer la plus stricte économie compatible avec la qualité des soins. Cinqaero et Nucala sont remboursables à YY % par l’Assurance maladie.


Sources: HAS https://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_2804050/fr/quelle-place-pour-cinqaero-et-nucala-dans-le-traitement-de-l-asthme-severe