Le bilan d’une hématurie d’origine urologique nécessite une exploration de la voie excrétrice. L’exploration de la voie excrétrice associe en première ligne une étude fibroscopique (cystoscopie) et une étude radiologique en particulier du haut appareil urinaire. Le bilan scanographique de l’appareil urinaire comporte des acquisitions à une ou plusieurs phases (multiphasique) et peut inclure une acquisition au temps excrétoire. L’uroscanner se définit comme une acquisition au temps excrétoire, en coupes fines après injection de furosémide (ou hyperdiurèse).

Echographie de l’appareil urinaire

  • Indiqué
  • Grade C
  • Dose 0
  • Bilan de première intention pour le bilan des hématuries chez les adultes sans facteur de risque avec exploration de l’appareil urinaire. En cas d’anomalie du culot urinaire orientant vers une origine néphrologique, l’échographie est indiquée pour le bilan de la néphropathie et le guidage des biopsies. N’a de valeur que positive (une échographie négative n’exclut pas une tumeur du rein et de la voie excrétrice, ou de petits calculs).

Scanner multiphasique ou/et uroscanner

  • Indiqué
  • Grade B
  • Dose III
  • Le scanner de l’appareil urinaire est indiqué en première intention chez les adultes > 40 ans et/ou avec facteurs de risque (uroscanner avec étude au temps excréteur en coupes fines avec hyperdiurèse). L’uroscanner n’a de valeur que positif. Il n’a pas pour objectif de voir les petites lésions muqueuses inaccessibles à l’imagerie.
  • Définition : Uroscanner L’exploration tomodensitométrique des reins et des voies urinaires fait appel à des protocoles différents suivant le diagnostic suspecté : – sans injection (recherche de lithiase, de calcifications, densité de base d’une tumeur…) – après injection (phase artérielle, néphrographique, excrétoire). Le radiologue doit savoir utiliser ces différentes phases (au besoin en couplant) pour parvenir au diagnostic, en irradiant le moins possible. Le terme d'”uroscanner” est réservé à l’exploration des voies excrétrices, donc à une phase tardive, couplée à une hyperdiurèse le plus souvent obtenue par une injection préalable de furosémide.

Scanner sans préparation abdomino-pelvien

  • Indiqué seulement dans des cas particuliers
  • Grade C
  • Dose II/III
  • En cas de doute clinique ou échographique sur suspicion de calcul de l’appareil urinaire.

Uro-IRM

  • Indiqué seulement dans des cas particuliers
  • Grade C
  • Dose 0
  • Indiquée en deuxième intention comme alternative à l’uroscanner chez les adultes jeunes ou en cas de contre-indication à l’uroscanner (CI à l’injection de produit de contraste iodé).

Abdomen sans préparation

  • Non indiqué
  • Grade C
  • Dose II
  • Pas d’indication dans le bilan d’une hématurie.

Urographie intraveineuse (UIV)

  • Non indiqué
  • Grade C
  • Dose II
  • S’il y a une indication d’exploration fine du parenchyme rénal et de la voie excrétrice, l’UIV est remplacée par le scanner avec un temps excrétoire.

GRADE A : PREUVE SCIENTIFIQUE ÉTABLIE

Fondée sur des études de fort niveau de preuve (niveau de preuve 1) : essais comparatifs randomisés de forte puissance et sans biais majeur ou méta-analyse d’essais comparatifs randomisés, analyse de décision basée sur des études bien menées.

GRADE B : PRÉSOMPTION SCIENTIFIQUE

Fondée sur une présomption scientifique fournie par des études de niveau intermédiaire de preuve (niveau de preuve 2), comme des essais comparatifs randomisés de faible puissance, des études comparatives non randomisées bien menées, des études de cohorte.

GRADE C : FAIBLE NIVEAU DE PREUVE

Fondée sur des études de moindre niveau de preuve, comme des études cas-témoins (niveau de preuve 3), des études rétrospectives, des séries de cas, des études comparatives comportant des biais importants (niveau de preuve 4).

AE : ACCORD D’EXPERTS

En l’absence d’études, les recommandations sont fondées sur un accord entre experts du groupe de travail, après consultation du groupe de lecture. L’absence de gradation ne signifie pas que les recommandations ne sont pas pertinentes et utiles. Elle doit, en revanche, inciter à engager des études complémentaires.

Classe

Intervalle de dose efficace (mSv)

Exemple

0

0

Ultrasons, imagerie par résonance magnétique

I

<1

Radiographie pulmonaire, radiographie standard des membres

II

1 – 5

Urographie intraveineuse, radiographie standard du bassin, du rachis lombaire scintigraphie du squelette, tomodensitométrie du crâne et du cou.
TEP/TDM du cerveau avec un radiopharmaceutique 18F.

III

5 – 10

Tomodensitométrie du thorax ou de l’abdomen.
Scintigraphie myocardique.

IV

> 10

Certaines explorations en médecine nucléaire ou en TDM, certaines procédures en radiologie interventionnelle.
TEP/TDM du corps entier au FDG.


Source: Guide du bon usage des examens d’imagerie médicale http://gbu.radiologie.fr/