Définition

  • cocci à Gram négatif, en diplocoques, aérobies stricts, oxydase positive
  • commensaux des cavités naturelles
  • pathogène: Neisseria meningitidis et Neisseria gonorrhoeae

Habitat

Neisseria meningitidis

  • strict de l’espèce humaine
  • porte d’entrée rhino-pharynx

Neisseria gonorrhoeae

  • strict de l’espèce humaine

Pouvoir pathogène

Neisseria meningitidis

  • jeunes, collectivité
  • rhino-pharyngite contagieuse
  • période hivernale et printanière
  • bactériémie (méningococcémie) avec fièvre et rash hémorragique (pétéchies, purpura)
  • méningite: complication la plus fréquente: céphalée brutale, vomissement, raideur de nuque
  • Syndrome de Waterhouse-Friderichsen: septicémie fulminante avec purpura, coagulation intravasculaire disséminée et collapsus circulatoire

Neisseria gonorrhoeae

infections sexuellement transmissibles: la blennorragie ou gonococcie

Homme

  • 2 à 5 jours
  • uréthrite avec écoulement purulent et brûlures vives à la miction (chaude-pisse)
  • chronique: retrecissement uréthral
  • extension glandes uréthrales, à la prostate, aux vésicules séminales et à l’épididyme
  • dissémination du gonocoque: lésions cutanées (papules hémorragiques, pustules), d’arthrites, de ténosynovites
  • quand infection asymptomatique: gonococcies disséminés

Femme

  • uréthrite, une cervicite, une bartholinite ± écoulement
  • extension: salpingite (avec risque d’oblitération secondaire et de stérilité), une pelvi-péritonite

Nouveau-né

  • traversée de la filière génitale
  • infection quand femme infecté et non traité
  • ophtalmie purulente, risque de cécité

Etudes bactériologiques

Neisseria meningitidis

Microscope

  • Cocci réniformes, à Gram négatif, habituellement groupés en diplocoques
  • LCR eau de riz

Culture

  • méningocoque est un germe moins fragile que le gonocoque
  • ne pousse pas ou mal sur les milieux de culture usuels et à 22 °C (différence avec les Neisseria commensales)
  • humidité favorise la croissance
  • cultures sont positives en 18 heures

Caractères biochimiques

  • aérobie strict, oxydase positive
  • capable d’utiliser le glucose et le maltose (≠ gonocoque)
  • possède une alpha-glutamyl-transférase, (≠ N.gonorrhoeae)

Chimie et antigènes

  • paroi structure voisine de celle des bacilles à Gram négatif
  • lipo-polysaccharide (LPS) ou endotoxine: pouvoir léthal par injection intraveineuse ou intrapéritonéale à dose élevée et un pouvoir dermo-nécrotique par injection intradermique
  • polysaccharides capsulaires: classement en groupes sérologiques : A, B, C, D, XYZ, 29E et W135
  • groupe A Afrique, groupe B en Europe, groupe C en Amérique
  • épidémie que A et C (B porteur sain, sporadique)
  • méningococcémies graves: antigènes polysaccharidiques libérés en grande quantité (sang, LCR…)
  • anticorps immunisants: seulement A et C

Neisseria gonorrhoeae

Microscope

  • cocci réniformes à Gram négatif, habituellement groupés en diplocoque
  • dans le pus uréthral en amas

Culture

  • germes fragiles
  • cultive à 36°C sur gélose chocolat (vitaminique et additionnée d’un mélange d’antibiotiques)
  • atmosphère humide et en CO2
  • 18 à 48h

Caractères biochimiques

  • aérobie strict, oxydase positif, glucose positif mais maltose négatif
  • gonococcie asymptomatique: auxotrophes à l’égard de l’arginine, l’hypoxanthine et l’uracile

Chimie et antigènes

  • endotoxine paroi, glucido-lipido-polypeptidique similaire BGN
  • pas de vaccin
  • pili permettent de se fixer sur les cellules du tractus génito-urinaire et sur les spermatozoïdes
  • présents que chez les souches virulentes
  • antigènes protéiques de surface, génétiquement indépendants des pili, protègeraient les gonocoques virulents de la phagocyctose et de l’action bactéricide des IgA sécrétoires.
  • gonocoques auxotrophes (infections asymptomatiques et disséminées) résistants in vitro à certaines immunoglobulines M (IgM) de sérum humain (étroite relation avec un déficit à métaboliser le fer in situ quand présent)
  • les gonocoques qui donnent des infections localisées, symptômatiques, sont tués par ces IgM.

Diagnostic

Neisseria meningitidis

  • diagnostic direct
  • prélèvements LCR, sang, lésions purpuriques et gorges, germe fragile à ensemencé vite
  • au microscope réaction cellulaire importante avec peu de germes à l’intérieur et extérieur des PNN
  • culture gorge plus difficile (nécessité d’inhiber flore commensale)
  • antibiogramme systématique (exceptionnellement résistant aux beta lactamine)

Neisseria gonorrhoeae

Direct

  • le matin avant émission d’urine ou toilette génito-urinaire, prélèvement (urètre, col…)
  • microscope coloration GRAM, positivité en aigue si diplocoque BGN intérieur PNN altérés
  • antibiogramme important à la recherche de souche résistante aux beta lactamines

Indirect

  • Ac anti-pili
  • Test non sensible et non spécifique si localisé
  • Franchement positive si gonococcie compliqué

Traitement

Neisseria meningitidis

Curatif

Préventif

  • administration de rifampicine pendant 2 jours
  • 20 mg/kg/jour en 2 prises, à 12 heures d’intervalle
  • chimioprophylaxie est recommandée chez les contacts familiaux, les enfants des crêches et des écoles maternelles, et chez les sujets vivant dans des communautés closes

Vaccination

  • méningocoques des groupes A et C sont vaccinants
  • anticorps protecteurs qui apparaissent dès le 7e jour qui suit l’injection et ne persistent que pendant 2 à 3 ans

Neisseria gonorrhoeae

Curatif

Préventif

  • nouveau-né: collyre à l’érythromycine à 0,5 % ou à la tétracycline à 1 %
  • préservatifs

Sources: Université Pierre et Marie Curie Bactériologie Niveau DCEM1 2002 – 2003  http://www.chups.jussieu.fr/