Pour guider l’antibiothérapie aucun marqueur n’est viable à 100%, le contexte clinique reste primordial, donc pas de bio de façon systématique

Procalcitonine

  • Excellente spécificité, mais faible sensibilité pour les infections bactériennes sévères
  • Peu et rarement élevée sans infection bactérienne sévère

CRP

  • Non spécifique d’une cause d’inflammation, mais élévation souvent moindre dans les infections virales que les infections bactériennes

Proteines

Délai

1/2 vie

Diminution

Augmantion

PCT

3 h

24 h

Infections bactériennes sévères

CRP

6 h

12 h

Lupus érythémateux systémique 

( catabolisme)

Inflammation, SN, IR, Oestrogènes, Grossesse

Fibrinogène

1 j

6 j

IHC, CIVD, corticothérapie

Inflammation, SN, Oestrogènes, Grossesse

Haptoglobine

12 h

4 j

Hémolyse, oestrogènes, IHC, déficit génétique

Inflammation, SN

Orosomucoïde

12 h

3 j

SN, IHC, oestrogènes, grossesse, polymédication

Inflammation, IR

α1-antitrypsine

1 j

4 j

Déficit génétique, entéropathie exsudative, IHC

Inflammation, SN, Oestrogènes

C3

2 j

4 j

Endorcardite, LES en poussée, cryoglobulinémie, certaines glomérulonéphrites

Inflammation

Céruloplasmine

3 j

3 j

IHC, Wilson

Inflammation, SN, Oestrogènes, Grossesse


CRP

  • protéine C réactive, marqueur de la phase aiguë de l’inflammation,
    • infections bactériennes,
    • maladies inflammatoires,
    • traumatismes tissulaires,
    • chirurgie
  • holoprotéine de structure annulaire pentamérique
  • famille très conservée des pentraxines
  • est synthétisée au niveau hépatocytaire, sous la dépendance de l’interleukine 6.
  • joue un rôle important dans l’immunité innée
  • fonctions biologiques s’exercent après une fixation dépendante du Ca2+ sur divers ligands, en particulier la phosphorylcholine : elle est capable d’activer le système du complément, de stimuler la phagocytose et l’opsonisation
  • utile dans l’aide au diagnostic des infections bactériennes et dans la surveillance de l’efficacité d’une antibiothérapie du fait de sa demi-vie courte (12 heures)
  • corticothérapie et la chimiothérapie n’influencent pas les variations de protéine C réactive en cas d’infection
  • pas été décrit de déficit en CRP chez l’homme

PCT

  • siège de la sécrétion de procalcitonine est méconnu, mais semble indépendant des cellules C thyroïdiennes.
  • élévation de la procalcitonine s’observe dès la 3e h d’une bactériémie, atteint son taux maximal en huit à 24 h
  • En cas d’infection, le taux est en général supérieur à 1 ng/mL.
  • Entre 0,5 et 1 ng/ml que faire ? –> contexte clinique !! Si pas d’orientation –> doser  dans 6-24h
  • Les taux les plus élevés sont observés en cas de sepsis et sont corrélés à la gravité de l’infection.
  • En cas de virose, de nécrose pancréatique, de maladie auto-immune… l’élévation du taux de procalcitonine est moins franche, cela pouvant contribuer au diagnostic différentiel.
  • Syndrome paranéoplasique tumeurs malignes à différenciation neuroendocrine comme les cancers médullaires de la thyroïde et les cancers bronchiques à petites cellules.
  • En cas de sepsis sévère, l’élévation de la procalcitonine semble aussi franche chez les patients immunodéprimés ou leucopéniques que chez les patients immunocompétents
  • corticothérapie et la chimiothérapie n’influencent pas les variations de procalcitonine en cas d’infection
  • Moins d’antibiotiques prescrits, mais pas d’effet sur la mortalité
  • Durée d’antibiothérapie diminué
  • Intérêt
    • aux urgences: dans les tableaux frustres
    • cinétique pour diminuer la durée d’ATB

Faux positif

Faux négatif

Coup de chaleur

SIRS post-opératoire

Chirurgie cardiaque

Arrêt cardiaque

Cancer métastasé (foie)

Hémolyse (problème de

dosage)

(Paludisme)

(Infection systémique à

champignon)

Infection localisée

(compartimentalisée)

Infection précoce

Infection décapitée


Signes cliniques de l’inflammation

  • Douleur :
    • bradykinine(stimulent les voies nociceptives).
    • douleur peut entretenir un processus inflammatoire.
    • substance P(stimuler des cellules inflammatoires–> médiateurs vasoactifs ou chimiotactiques)
  • Rougeur-Œdème-Chaleur :
    • médiateurs vasoactifs (sérotonine, bradykinine, cytokines d’origine plaquettaire comme le VEGF) –> vasodilatation, augmentation de la perméabilité vasculaire.
    • exsudation plasmatique avec œdème du tissu interstitiel.
  • Fièvre : PGE2 et surtout les cytokines pro-inflammatoires comme l’IL-1, l’IL-6, le TNF alpha agissent sur l’hypothalamus et les systèmes de contrôle de la thermorégulation.
  • Anorexie : élévation des taux de leptine au cours des réactions inflammatoires.
  • Asthénie-Troubles du sommeil : cytokines pro-inflammatoires sur l’hypothalamus.
  • Amaigrissement : cytokines pro-inflammatoires sur les muscles (TNF alpha aussi appelé cachectine).
  • Athérosclérose

Signes biologiques de l’inflammation

  • Anémie Inflammatoire (rarement inférieure à 8 g/dL.)
    • hyposidérémie
    • La ferritinémie augmente, la capacité totale de fixation de la sidérophylline tend à diminuer.
    • une situation mixte inflammatoire et carentielle, la ferritinémie peut être anormalement normale voire diminuée.
    • augmentation de la capacité totale de fixation de la sidérophylline au cours d’un syndrome inflammatoire –> carence martiale qui va être confirmée par le dosage de la ferritinémie.
  • Hyperleucocytose
    • liée à l’action de cytokines (facteurs de croissance, de différenciation, de chimiotactisme) ou de chémokines.
    • Certaines chémokines exercent un effet ciblé sur certaines lignées de cellules sanguines ; l’IL-8 sur le polynucléaires neutrophile, l’éotaxine sur l’éosinophile, le MCP-1 (Monocyte Chemo-attractant 1) sur les monocytes.
  • Hyperplaquettose: action des cytokines
  • Vitesse de sédimentation (VS) :
    • Les protéines de l’inflammation sont responsables d’une modification de la viscosité plasmatique, qui conduit à l’empilement des hématies en “rouleaux “
    • En cas d’élévation de la VS, avant de conclure que cette élévation est due à un problème inflammatoire, il est indispensable de réaliser une électrophorèse des protéines sériques pour éliminer une dysglobulinémie mono ou polyclonale. l’anémie et la grossesse entraînent une élévation de la VS.
    • Lien –> Altération de la VS en dehors de l’inflammation
  • Electrophorèse des protéines sériques
    • Albumine
    • α 1 globulines : α1antitrypsine, protéine C réactive, orosomucoïde…
    • α 2 globulines : haptoglobine, α 2macroglobuline, céruléoplasmine, antithrombine…
    • β1 globulines : transferrine, βlipoprotéine, hémopexine…
    • β2 globulines : complément C3 et IgA…
    • γglobulines : immunoglobulines
    • L’électrophorèse des protéines peut confirmer le syndrome inflammatoire en cas d’augmentation des fractions a1 et a2 globulines associée à une hypoalbuminémie.

Cas particulier

  • L’haptoglobine est abaissée en cas d’hémolyse ;
  • La CRP est abaissée en cas de poussée lupique ;
  • Le fibrinogène est abaissé en cas de CIVD ;
  • Les fractions du complément peuvent être ” consommées ” en cas de maladies à complexes immuns comme dans le lupus.

 

Sources:

Dandonna P., Nix D., Wilson M.F., Aljata A., Love J., Assicot M. Procalcitonin increase after endotoxin infections in normal subjects. J Clin Endocrinol Metabol 1994 ; 79 : 1605-1608

Gendrel D., Raymond J., Assicot M., Moulin F., Iniguez J.L., Lebon P. , et al. Measurment of procalcitonin levels in children with bacterial or viral meningitis. Clin Infect Dis 1997 ; 24 : 1240-1242

Rau B., Steinbach G., Gansauge F., Mayer J.M., Grunert A., Beger H.G. The potential role of procalcitonin and interleukin 8 in the prediction of infected necrosis in acutate pancreatitis. Gut 1997 ; 41 : 832-840

Schwenger V., Sis J., Breitbart A., Andrassy K. CRP levels in autoimmune disease can be specified by measurment of procalcitonin. Infection 1998 ; 26 : 274-276

Ghillani P.P., Motte P., Troalen F., Jullienne A., Gardet P., Le Chevalier T. , et al. Identification and measurment of calcitonin precursors in serum of patients with malignant diseases. Cancer Res 1989 ; 49 : 6845-6851

Al-Nawas B., Shah P.M. Procalcitonin in patients with and without immunosuppression and sepsis. Infection 1996 ; 24 : 434-436

Bouadama L, Luyt C. Lancet. 2010 ; 375 : 463-74.

Kushner I. The phenomenon of acutate phase response. Ann NY Acad Sci 1988 ; 389 : 39-48

Intérêt de la procalcitonine pour guider l’antibiothérapie Charles-Edouard Luyt Service de Réanimation Médicale Institut de Cardiologie Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière

Réaction inflammatoire : aspects biologiques et cliniques, conduite à tenir Lionel PRIN (1), Eric HACHULLA (2), Bernadette HENNACHE (3), Bernard BONNOTTE (4), Sylvain DUBUCQUOI ()1, Michel ABBAL (5), Gilbert FAURE (6)